Homélies, photos et évènements
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HOMELIE 19ème Dimanche Ordinaire. Année A. 10 Août 2008
11h St Lubin- Mt 14, 22-33
Jésus vient de multiplier les pains. Joie et fierté des disciples de suivre un tel Maître. Mais Celui-ci les contraint à monter dans la barque, seuls, sans Lui, et à Le précéder sur l’autre rive. Lui prend de la distance envers cette foule qu’Il a nourrie qui ne veut plus le quitter. Il gravit la montagne, à l’écart, pour prier, comme Elie dans le silence de la solitude, cœur à cœur avec Dieu.
Les disciples sont loin du rivage ; c’est la nuit ; le vent est contraire et la barque est “tourmentée” (dit le texte) par les vagues : que c’est dur, sans Lui, de passer sur l’autre rive !
Au petit matin (quatrième veille de la nuit), Jésus, bravant les vents contraires, vient vers eux « marchant sur les eaux ». C’est un défi pour la raison humaine. Une peur incontrôlable les envahit devant l’irréel : « C’est un fantôme ! ». Il faut bien nommer ce phénomène, pour conjurer la peur, même si la réalité est tout autre, et les disciples de se mettre à crier.
Jésus leur parle : « Confiance ! Moi, Je suis ! N’ayez pas peur ! ». Pierre entend ces Paroles, malgré le vent : elles résonnent en lui comme les Paroles de son Maître, mais est-ce bien Lui ?
Il lance alors un défi à Jésus : il sait très bien que personne, pas même un pêcheur, ne peut marcher sur les eaux. « Si c’est bien Toi, ordonne-moi de venir vers Toi sur l’eau ! » Quelle foi ! Qui d’autre que lui aurait osé ? Faut-il qu’il tienne à son Maître pour Lui faire une telle confiance !
« Viens !» répond Jésus
Pierre descend de la barque et marche sur les eaux vers Jésus. Mais voyant le vent fort, il a peur et commence à s’enfoncer. C’est alors un cri de foi : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendant la main le saisit et lui dit : « Homme de petite foi (oligopisté: oligopiste…pensez aux oligoéléments pour se soigner en douceur !) : pourquoi as-tu douté ? »
Montés dans la barque, le vent tombe et ceux qui étaient dans la barque se prosternent et font cette première profession de foi : « Vraiment, Tu es le Fils de Dieu ! »
Profession de foi envers Celui qui a calmé les vents contraires ? Qui a marché sur les eaux ? En effet, qui peut défier ces éléments sinon Dieu seul.
Profession de foi envers Celui qui, par ses Paroles, réconforte et sauve des eaux de la mort.
« Confiance ! » : Attention de Jésus pour ses disciples qu’Il a envoyés seuls dans la barque sur les flots tourmentés.
« Moi, Je suis ! » : Nom de Dieu Lui-même donné à Moïse au buisson ardent. (Ex 3,14)
« N’ayez pas peur ! » : Comme à chaque manifestation, l’intervention de Dieu fait naître une crainte révélant une distance que Dieu ou son messager est obligé d’apaiser.
Qu’en est-il de nous ? De la sensation d’être seuls pour passer sur l’autre rive, alors que Dieu semble bien absent dans notre barque ou celle de l’Eglise ! Lorsque les vents sont contraires et qu’il nous faut peiner dur à travers les divers aspects de nos vies, touchés par les évènements mondiaux, politiques, économiques, mais aussi familiaux de nos proches ou personnels : maladies physiques ou psychiques, affectives ou spirituelles. Souvenons-nous alors des paroles du Christ aux disciples : « Confiance ! Je suis là ! N’aie pas peur ! » Et lorsque s’intensifient les épreuves et que nous oscillons alors, comme Pierre, entre la foi et le doute, lançons comme lui ce cri de foi : « Seigneur ! Sauve-moi ! »
« Viens ! » nous dira-t-Il encore : tu n’en es qu’à la fin de
AMEN !
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HOMELIE 18ème Dimanche Ordinaire. Année A. 3 Août 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 14, 13-21
La multiplication des pains.
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi … gratuitement ?
Dans notre monde, tout s’achète, tout se vend,
Tout s’acquiert en payant.
Dans le Royaume, Il donne gratuitement, largement.
Les textes de ce dimanche l’illustrent de façon éclairante.
Isaïe 55, 1-3 l’annonçait :
« Vous tous qui avait soif, venez, voici de l’eau !
Venez sans argent, sans rien payer…
Mangez de bonnes choses…
Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Ecoutez et vous vivrez !
Je ferai avec vous une alliance éternelle… »
Ce qu’Isaïe avait annoncé, Jésus l’accomplit. Traversant la mer, Il se rend au désert, suivi à pied par une foule. Cela ne vous fait-il pas penser à un personnage de la Bible qui a traversé la Mer, suivi de son peuple pour le conduire au désert ?
Il y recevra une nourriture venant du ciel, une eau jaillissant du rocher ; il sera invité à faire alliance avec le Dieu qui l’a choisi par amour.
Jésus, nouveau Moïse, a été suivi par une foule qui a soif de l’écouter et de vivre;
Il en guérit les infirmes, faisant œuvre de re-création comme seul Dieu peut le faire.
Il nourrit cette foule de cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants, comme seul Dieu peut le faire.
Il le fait au cœur d’une prière qui est devenu celle de la consécration lors de nos Eucharisties.
Il le fait par l’intermédiaire de ministres, ses disciples, qui donne à manger à la foule.
Il le fait abondamment et Il demande que l’on ramasse les morceaux qui restaient, 12 corbeilles, sans doute pour annoncer l’Eglise à venir fondée sur les 12 Apôtres qui recevront la mission de donner le Corps du Seigneur.
Dieu donne sans compter mais Il attend de nous une chose : venir à Lui ; l’écouter ; croire en Lui, humblement, comme un enfant fait confiance à ses parents. Alors, Il peut faire Alliance avec nous et nous faire vivre, quelques soient les évènements heureux ou douloureux de notre vie. St Paul l’a magnifiquement exprimé dans la deuxième lecture de ce jour : « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? Rien ! » Son amour est offert gratuitement : il suffit de l’accueillir.
C’est ce que nous vivons dans chaque Eucharistie lorsque nous venons à Lui, que nous l’écoutons et le recevons en nous dans un cœur, une intelligence et une volonté confiantes en Lui.
Que l’Esprit-Saint nous aide à en avoir les dispositions.
AMEN !
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HOMELIE 12ème Dimanche Ordinaire. Année A. 22 Juin 2008
18h30 St Lubin- Mt 10, 26-33
« Ne craignez pas !...Vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.» Mt 10, 31
Par trois fois, Jésus dit aux disciples : « Ne craignez pas ! » Il les prévient que le suivre est exigeant et qu’ils rencontreront des obstacles auprès des hommes.
Il est vrai qu’en osant dire ma foi dans mon milieu de travail, mon école ou même parfois au cœur de ma famille, je m’expose à ceux qui y sont étrangers, indifférents ou même hostiles. Se croyant dans la “vraie vie”, celle des branchés, des forts, des gagnants sans états d’âme ni scrupules, ils me tourneront en dérision et s’éloigneront de moi comme gênant, à ne pas trop fréquenter, catalogué comme catho ou ringard. Plusieurs d’entre nous ont pu l’éprouver en mars dernier.
A l’occasion de l’affaire Chantal Sébire, souffrant d'une maladie incurable, qui avait fait une demande d'euthanasie, les médias ont alors exercé une forte pression en faveur d’une légalisation de l’euthanasie active ou du suicide assisté. Les soins palliatifs, présentés comme une alternative à l’euthanasie active avaient été considérés comme dérisoires dans le traitement de cette question et ceux qui, au nom de leur foi ou de leur conviction, ont voulu faire valoir les efforts exemplaires et efficaces déployés pour accompagner la mort d’un proche, avaient été tournés en ridicule. Où entend-t-on sur les ondes tout ce qui est fait par la mission parlementaire pour mettre en valeur l’application de
Ne craignez pas le jugement des hommes, nous dit Jésus mais placez-vous sous le regard du Père. Jésus nous demande d’écouter son enseignement “reçu dans le creux de l’oreille” pour que nous le comprenions en toute liberté, personnellement, et le méditions dans notre cœur afin de pouvoir le présenter en connaissance de cause au grand jour. Cela suppose évidemment de notre part écoute, formation, réflexion et mise en proposition pour toucher notre entourage.
Comment les enfants et les jeunes connaîtraient-ils l’enseignement de Jésus, si nous restions muets parce que, sans un minimum de connaissances et de réflexion, nous serions incapables de rendre compte de notre foi ? Quelle espérance leur proposer, si nous nous taisions sur les grandes questions qui se posent à notre humanité aujourd’hui et qui ne sont pas abordées dans l’esprit de l’Evangile, mais dans l’esprit du monde ? L’Eglise, à la suite du Christ, continue à éclairer les questions éthiques et sociales. Pourquoi ne pas profiter de ces temps de vacances, où du temps nous est donné, pour s’informer, approfondir nos connaissances et éclairer nos comportements et ceux de notre société ? Des livres, des émissions mais aussi des sessions d’été existent, dans des cadres et des conditions agréables, seul ou en groupe, en famille.
Ne craignez pas ! Votre père veille sur vous encore mieux que sur tous les moineaux du monde. Il est avec nous et à notre mort, Jésus Lui-même s’est engagé à être notre avocat auprès de Lui pour nous introduire pleinement dans la vie nouvelle et vraie qui ne périt pas.
AMEN !
HOMELIE 5° Dimanche après
(Lectionnaire du rite romain dans la forme liturgique extraordinaire. Mt 5, 20-24)
« Si votre justice ne surpasse point celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux »
Pourquoi la “justice” pharisienne ne peut-elle donner accès au Royaume des Cieux ? Mais, tout d’abord, qu’est-ce que la “justice” ?
Au sens étroit, la justice est rendre à chacun ce qui lui est dû. Au sens large et biblique, c’est être “ajusté” à la volonté de Dieu, à ses lois, ses pensées et le traduire par des actes, bref, c’est “être selon le cœur de Dieu”.
Jésus remet en question la justice des scribes et des pharisiens. Ils croient en effet que l’application scrupuleuse de la Loi et de ses préceptes conduit à être justes devant Dieu. Ils “s’auto justifient” : il n’en est pas ainsi pour Dieu. Souvenez-vous de la Parabole du pharisien et du publicain qui montent tous les deux au Temple pour prier. « Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j'acquiers. Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant: Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! Je vous le dis: ce dernier descendit chez lui justifié, l'autre non ». Luc 18, 11-14.
C’est Dieu qui rend juste et nous, nous tentons de nous “ajuster” tant bien que mal à Lui, créatures imparfaites et limitées que nous sommes, mais aimées et sauvées par Dieu Lui-même en Jésus et dans la force de son Esprit Saint.
Jésus ne s’oppose pas à la Loi de Moïse : Il l’accomplit. Seulement Il l’accomplit en
Mais ce que Jésus demande ici et dans tout l’Evangile est humainement hors de portée ou tellement héroïque ! Où est-il celui qui ne s’est jamais mis en colère ou qui n’a jamais insulté son semblable ? En nous faisant comprendre que toute forme de conflits, petits ou grands, est homicide en germe, Jésus traite le mal à
Face à la loi du Christ, reconnaissons que nous sommes tous pécheurs. Des pécheurs qui ne peuvent être justifiés que pas sa grâce. Alors demandons-la humblement, tous ensemble, remplis de respect fraternel et d’action de grâce envers le Seigneur.
AMEN !
HOMELIE 10ème Dimanche Ordinaire. Année A. 8 Juin 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 9, 9-13
« C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices.
Car je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs.» Mt 9, 13
« Mon Père, je viens me confesser, mais si vous saviez combien çà me coûte ! » -« Eh oui ! Vous n’êtes pas le seul : moi aussi, j’éprouve ce même sentiment ! » Mais d’où vient-il et pourquoi nous avons tant de mal à nous en libérer ?
Il est vrai que, si je jette un regard sur ma vie, ce n’est pas toujours brillant, malgré mes efforts et ma bonne volonté : je retombe toujours sur les mêmes erreurs, injustices, mensonges, égoïsmes, désirs impurs, bref mes péchés. Et les reconnaître, année après année, c’est bien décourageant ! C’est même très humiliant ! Est-ce bien ce que le Seigneur nous demande ? Que nous révèle Jésus dans ce bel évangile ?
Les pharisiens pensent qu’aller manger chez un pécheur notoire (exclu de la communauté comme l’étaient la plupart des publicains, collaborateurs de l’occupant romain), c’était “se contaminer”. Jésus montre que la contamination peut s’exercer dans l’autre sens : sa parole éclairante et son attitude de bonté pourraient bien être plus fortes que le mal et guérir les pauvres malades visités qui n’espèrent que cela. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades » Matthieu 9, 12.
N’y a-t-il pas une véritable conversion à faire lorsque nous envisageons la “confession” ? Tout d’abord, en prenant de façon positive ce mot confession. En faisant cette démarche, je “confesse ma foi” dans la puissance du pardon que Jésus a remis à son Eglise. Au soir de Pâques, Jésus ressuscité retrouve ses Apôtres. « Il souffla sur eux et leur dit : recevez l’Esprit Saint : les péchés seront remis à qui vous les remettrez. Ils seront retenus à qui vous les retiendrez » Jean 20,22-23. Autrement dit, Il remet les pleins pouvoirs aux Apôtres et leurs successeurs. Je viens donc trouver un ministre du pardon de Dieu, lui-même pécheur sauvé par grâce, témoin de Jésus et de son amour bienveillant pour nous. N’est-Il pas venu appeler les pécheurs pour qu’ils le suivent, malgré leurs faiblesses et leurs péchés ? Voilà ce que nous confessons en recevant le sacrement de “pénitence et réconciliation” tel qu’on le désigne aujourd’hui.
« C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices… » Mais alors, mépriserait-il les sacrifices ? C’est mal comprendre le sens du mot “sacrifice”. Ce mot vient du latin : “sacrum facere”, faire du sacré. Le culte du Temple de Jérusalem offrait des centaines de bêtes que l’on égorgeait (même mot que sacrifice) pour apporter à Dieu quelque chose qui avait du prix et que l’on Lui retournait en sacrifice de louange, de communion ou d’expiation. Mais déjà à ceux qui voulaient aller à la rencontre de Dieu et envisageaient de nombreux sacrifices, le prophète Michée répondait : « On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi: rien d'autre que d'accomplir la justice, d'aimer la miséricorde et de marcher humblement avec ton Dieu." (Michée 6, 6-8). En somme, une tâche bien accomplie, un travail bien fait, un service rendu, le refus de paroles blessantes, une vérité reconnue en toute justice, même si elle coûte…voilà ce qui est “faire du sacré”.
Jésus est venu le faire avec nous. Il se fait inviter à notre table pour nous guérir et mener à bien ce que nous faisons. Nous pouvons alors nous unir en offrande avec Lui à notre Messe Dominicale : à la fin de l’Offertoire, le prêtre ne nous invite-t-il pas ainsi : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise » Et l’assemblée de répondre : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde”
Qu’il en soit ainsi pour nous tous, unis au Seigneur, tout particulièrement lorsque nous allons communier à son Corps.
AMEN !
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HOMELIE 9ème Dimanche Ordinaire. Année A. 2 Juin 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 7, 21-27
« Il ne suffit pas de me dire : “Seigneur, Seigneur !” pour entrer dans le Royaume des cieux …» Mt 7,21
Ce passage de l’Evangile de St Matthieu clôt ce qu’on désigne habituellement comme le “sermon de Jésus sur la montagne” (les chapitres 5, 6 et 7 de St Matthieu). Ce sermon commence par les “Béatitudes” : « Heureux les petits de souffle… ». Matthieu y présente l’essentiel de l’enseignement de Jésus. Jésus reprend en effet la Loi ancienne que Dieu donna à Moïse, non pas pour l’abolir mais pour l’accomplir, lui donnant tout son sens et sa profondeur.
Il ne suffit pas de connaître ces enseignements et d’invoquer le Nom du Seigneur, mais il faut les “mettre en pratique” : partager, pardonner, respecter l’autre, aimer ses ennemis, se tourner vers le Père dans le secret, Lui « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes ». (Matthieu 5,45). Tous ces enseignements sont résumés dans cette parole de Jésus :
« Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux: voilà la Loi et les Prophètes ». (Mt 7,12)
La vie chrétienne est concrète et réaliste. Aucune forme de pratique religieuse : culte, prière, louange, adoration, pèlerinage, élévation mystique ne peut prétendre être dispensée de “faire la volonté du Père qui est dans les cieux”.
Au terme de notre vie, le Seigneur nous reconnaîtra à ce critère : “Oui ou non, as-tu fait la volonté de mon Père ? Oui ou non as-tu fait attention à tes frères ?”. Il est remarquable que le même Evangile de St Matthieu se termine, avant les grands récits de la Passion et de la Résurrection de Jésus, par : « Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; j'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli; ou nu, et t'avons-nous vêtu? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi? Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites ». (Matthieu 25, 35-40
Qu’est-ce que “bâtir sa maison sur le roc” sinon que bâtir sur le roc qui, dans la Bible, est Dieu ? « Yahvé est mon roc et ma forteresse, mon libérateur, c'est mon Dieu. Je m'abrite en lui, mon rocher » (Psaume 18, 3) Qu’est-ce donc, sinon configurer notre vie à celle du Christ ? Et pour cela, il faut écouter les paroles, de Jésus, tout particulièrement celles du sermon sur la montagne, et demander au Seigneur de les faire pénétrer dans notre cœur, notre intelligence, notre mémoire, nos pensées et notre volonté pour qu’elles s’expriment par nos mains !
Nous venons à la Table de la Parole de Vie et à la Table du Pain de Vie pour nous nourrir à chaque “Jour du Seigneur”, chaque Dimanche, et bâtir ainsi notre maison qui devient Sa maison puisqu’Il demeure en nous lorsque nous gardons sa Parole et la mettons en pratique.
AMEN !
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HOMELIE Dimanche de la FETE du CORPS et du SANG du CHRIST
9h30 Ste Bernadette
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle… » Ces paroles, si elles sont prises au premier degré, sont choquantes et incompréhensibles. L’expression “boire le sang” viole l’un des tabous alimentaires les plus forts de la Loi juive : interdiction absolue de s’approprier le sang d’un animal et à plus forte raison d’un homme. Le sang, c’est la vie (Lévitique 7,11) et la vie appartient à Dieu. On comprend que cela en ait rebuté plus d’un.
Alors comment comprendre ces paroles et que croyons-nous lorsque nous allons recevoir le Corps du Christ ?
Quelques précisions de vocabulaire pourront les éclairer et en faire saisir la profondeur et le don incroyable que nous fait le Seigneur.
L’Evangile de Jean n’emploie pas le mot corps “soma” [swma] comme le font les trois autres Evangiles ainsi que Paul, mais le mot chair “sarx”, [sarx]. Dans la Bible le mot chair désigne non pas la matière faite de cellules, mais la personne qui est déterminée par son corps. « Toute chair verra le salut de Dieu » « De nouvelle lune en nouvelle lune, et de sabbat en sabbat, toute chair viendra se prosterner devant ma face, dit Yahvé. » (Is 66, 23) et « Et si ces jours-là n’étaient abrégés, personne (mot à mot : toute chair) n’aurait la vie sauve ». (Mt 24,22) La chair qualifie la condition terrestre et fragile, par opposition à l’esprit qui indique l’origine céleste ou divine : « Le Verbe s’est fait chair… » exprime l’abaissement du Fils du Père qui prend, sans tricher, notre condition d’homme avec ses limites. Enfin, la chair, sous l’influence de l’hellénisme, désigne parfois la pesanteur de l’homme et sa propension au mal, au péché : « Car la chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez » (Ga 5, 17)
Quant au mot corps, il n’est pas sans signification non plus. Il n’est pas seulement la matérialité d’un être. C’est lui qui nous donne notre identité. Il y avait, jusqu’à il y a quelque temps, l’empreinte digitale ; il y a maintenant l’œil et évidemment l’ADN ! Je suis mon corps ! Quant au sang, il exprime évidemment la vie puisque sans lui, nous sommes morts. Quand Jésus dit aux Apôtres : « Ceci est mon Corps » Il dit : « Ce pain, c’est moi, et non un autre ! Quand Il dit : « Ceci est mon sang » Il dit : « Ce vin, c’est moi vivant ! ». Par ce langage symbolique, Jésus invite les siens à Le recevoir, Lui, Dieu, et à recevoir la vie qu’Il communique de sorte que nous pourrons, avec Lui , “livrer” notre vie, ce qui n’est pas le plus facile à faire.
Les paroles de Jésus portent encore un autre symbolisme très fort. Il est le Pain vivant : Il n’est plus ce pain que Dieu a donné chaque jour à son peuple, la manne, tout au long de son Exode pour le soutenir dans sa marche et le nourrir jusque
Rendons grâce de tout notre être, corps, cœur, esprit, âme à Celui qui nous aime jusqu’à se donner entièrement à nous et en nous et qui nous invite à faire Corps avec Lui et à « former un seul corps puisque nous avons part à un seul pain » (1 Corinthiens 10,17) !
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!
HOMELIE Dimanche de la TRINITE 18 Mai 2008
9h. St Lubin
« Nous fêtons la Trinité tous les jours, écrit notre évêque : tous les jours nous rendons gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit » La Trinité fait partie des trois grands Mystères chrétiens avec l’Incarnation et
Dans la tradition chrétienne, c’est une réalité qui n’est pas démontrable par la raison mais qui est donnée à connaître par Dieu pour le bonheur de l’homme. St Augustin définissait le mystère comme “ce que l’on a jamais fini de comprendre”, un peu comme une œuvre artistique géniale que l’on ne cesse de regarder, d’écouter ou de comprendre, ou alors comme la personne d’un enfant ou d’un conjoint qui ne cesse de nous surprendre.
Le mot “Trinité” n’est pas dans
L’image la plus approchante de la Trinité serait celle du couple humain dont Jésus, reprenant la Genèse (Gn 2,24), dit de l’homme et de la femme qui s’aiment « qu’ils ne sont plus deux mais une seule chair », sémitisme qui signifie un seul être.
En se révélant Trinité, Dieu nous fait entrer véritablement dans son mystère, son secret, l’Amour divin, créateur et sauveur. Ainsi, chaque fois qu’un vrai geste d’amour, de charité, est fait, chaque fois la Trinité s’exprime et se donne à notre monde afin qu’il voit qu’il est possible d’être Un dans la diversité, comme à Pentecôte.
Baptisés « au Nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » nous sommes marqués profondément dans notre être par cette vie Trinitaire à laquelle Jésus nous invite : « Père, qu’ils soient en nous eux aussi afin que le monde croie que tu m’as envoyé… » (Jn 17,21).
Chaque fois que nous nous signons, exprimons notre foi en
AMEN !
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HOMELIE Dimanche de Pentecôte. Année A. 11 Mai 2008
11h. St Lubin Jn 20, 19-23
« Je crois en l’Esprit-Saint ».
Proclamons-nous chaque dimanche dans notre Credo. L’Esprit Saint : Pneuma Agios, [pneuma agio"], le souffle sacré, celui que Jésus au soir de Pâques offre généreusement à ses pauvres Apôtres paralysés par
Mais loin de Le recevoir de façon individualiste, puisque nous sommes frères et sœurs les uns les autres par le Christ, sa présence en nous nous met en communion avec tous ceux qui cherchent à faire connaître ce Seigneur et à procurer la Paix qu’Il nous a apportée. (C’est d’ailleurs l’une des significations du “geste de Paix” que nous pouvons recevoir et donner de
Ensemble, aujourd’hui, réjouissons-nous et unissons-nous par la prière, d’une part aux enfants qui seront baptisés tout à l’heure ainsi qu’à leurs familles qui leur permettent de recevoir ce don divin, mais aussi avec les 180 adultes dont 20 du Doyenné
Le dynamisme de la Pentecôte est moins dans le merveilleux du “parler en langue” que dans la force convaincante de l’amour vécu en communion les uns avec les autres, cette “langue” comprise et goûtée avec joie par tout le monde, cette langue que
AMEN ! !
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HOMELIE de l’ASCENSION .Année A. 1er Mai 2008
18h30 Ste Bernadette, 11h St Lubin, 18h30 Ste Bernadette
Avec l’Ascension, le dessein bienveillant du Père, de faire venir l’humanité et la Création auprès de Lui, trouve un début de réalisation. Il fait asseoir son Fils à sa droite dans les cieux, place symbolique de celui à qui est destiné le pouvoir royal. Car ce Fils a mené à bien sa mission : révéler au monde l’amour sans limites que le Père lui porte, renonçant Lui-même à toute forme de pouvoir, laissant à tous la liberté de coopérer à son œuvre, en l’imitant et en faisant épanouir sa Création. En sa personne, notre humanité peut donc accéder à Dieu. Jésus nous attend ; Il est allé nous préparer une place, annonçait-il à ses disciples, juste avant d’entrer dans sa Passion. Nous savons donc où nous allons, même si nous ne savons le moment où nous atteindrons le but. D’autres nous ont précédé. Mais ce but, plus ou moins proche, ne doit pas nous distraire de la mission confiée aux premiers disciples et qui est aujourd’hui la nôtre : “faire disciples toutes les nations”.
Mission impossible ? Projet utopique ? Rêve d’un monde idéal ?
Oui, si l’on retient les innombrables foyers de désordres, d’injustices et de violences, proches ou loin de nous, dont nous abreuvent les médias et devant lesquels nous nous sentons impuissants.
Non, si nous savons regarder près de nous toute l’attention, la générosité, le dévouement manifestés dans les familles pour les enfants ; dans les hôpitaux par les soignants ; dans les maisons de retraite par le personnel et les visiteurs et si nous prenons en compte tout l’immense activité de ceux qui accomplissent leur tâche avec conscience, compétence et esprit de service ; et encore, ceux qui rendent belle la vie par leur art, leur esprit créatif et leur dons.
Que dire enfin des innombrables associations humanitaires, souvent animées par la foi, qui agissent, parfois maladroitement, comme récemment au Darfour, mais qui le plus souvent le font avec un courage qui n’a d’égal que les risques que prennent leurs membres et qui, hélas, sont bien réels !
Des jeunes de nos communautés les rejoignent aussi.
Que de raisons de se réjouir et de louer le Seigneur dès à présent pour toutes ces richesses humaines et spirituelles, quand elles sont mises en œuvre et inspirées par l’Esprit d’amour qui conduit au Père. Il faut savoir regarder non pas seulement vers le ciel, forts de l’espérance qui nous est promise, mais aussi sur terre et prendre part à cette mission reçue du Seigneur « qui est avec nous jusqu’à la fin des temps » c'est-à-dire, jusqu’à ce que l’humanité et la Création accueillent « les cieux nouveaux et la terre nouvelle » inaugurés par l’Ascension du Christ.
Que l’offrande de toutes nos tâches soient unies à l’offrande du Christ que nous présentons maintenant avec toute l’Eglise.
Paul s’adressant aux chrétiens d’Ephèse priait le Père pour « Qu’il ouvre leur cœur à sa lumière pour leur faire comprendre l’espérance que donne cet appel ». C’est à nous, qu’aujourd’hui, qu’il est adressé : répondons avec joie et confiance.
AMEN !
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HOMELIE 6° Dimanche de Pâques.Année A. 26-27 Avril 2008
18h30 Poigny la Forêt, 9h30 Ste Bernadette
L’Esprit Saint, PARACLET - Jn 14,1-12
« Moi, je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Défenseur qui sera toujours avec vous… ».
Pourquoi donc Jésus promet-il à ses Apôtres et à nous-même un « Défenseur » ? Et nous défendre contre qui ?
La première idée à rejeter, c’est de penser qu’il faudrait nous défendre contre un dieu qui nous accuserait de tous nos péchés. Même Jésus ne nous jugera pas : sa Parole seule révèlera nos erreurs et notre méchanceté. Son Père ne l’a-t-Il pas envoyé pour nous sauver ?
Dans la Bible et en particulier les Evangiles, quel est l’adversaire, l’ennemi de l’homme, celui qui veut le voir tomber ?
Il a de nombreuses appellations : le “Satan”(}=&): “l’adversaire”, “l’ennemi”, “l’accusateur”… Jésus le désigne encore par le “prince de ce monde”, car c’est bien l’esprit de ce monde qui met les disciples du Seigneur en procès continuel.
Il est vrai que suivre les commandements du Seigneur, “ses prescriptions ”, n’est pas chose facile. Ils vont à rebrousse-poil, d’abord, de nos inclinations, de nos désirs, souvent légitimes, de tranquillité, de bonheur : pourquoi s’occuper des autres ? Cà peut être bien dérangeant et décevant ! Pourquoi se priver quand c’est à notre portée ? Et tant d’autres bonnes raisons… Qui nous défendra contre nous-mêmes et nos pentes naturelles à protéger notre vie au détriment d’appels à la justice, au partage, à la bonté et à l’amour du frère ? Car “ Qui veut sauver sa vie la perdra ”. Qui nous aidera à “trouver notre vie” (Mt 16, 25) en n’ayant pas peur et étant assez fort pour accepter de la perdre et donc de la sauver ?
De façon plus générale, qui nous aidera à avancer à contre-courant des mentalités, souvent médiatisées, qui sous couvert de compassion, veulent donner la mort ; sous couvert de liberté, sont égoïstes et individualistes ; sous couvert d’efficacité, laisse dans la misère tant de personnes au profit de quelques nantis ?
Alors, voyons quel est ce “Défenseur” que Jésus a promis de nous envoyer.
Le texte liturgique a traduit le mot grec “Paraclet” Paraklhton (de “para” “à côté de” ; “klhton” de “kalew” “appeler” ) : “Celui qui est appelé à côté de quelqu’un”, un avocat qui assiste un accusé lors de son procès en lui “soufflant” des réponses pour sa défense. C’est aussi un conseiller, un interprète et même un intercesseur et un consolateur. C’est donc un terme très riche en significations que l’Evangile a choisi pour exprimer cette personne que Jésus va envoyer. Cet Esprit de Vérité apporte aux croyants la pleine lumière sur le Père et le Fils et nous révèle leur regard et leur action bienveillante pour notre pauvre humanité.
Ainsi nous pouvons compter sur Lui pour nous éclairer et nous aider en toute situation. C’est Lui, par exemple, qui nous permettra une vraie compassion auprès de celui qui souffre, cherchant à le soulager autant qu’il est possible, mais en restant une présence pleine d’écoute, de respect, parfois de silence. C’est Lui qui nous aidera à exercer notre liberté en même temps que notre responsabilité en étant solidaire de ceux qui vivent des situations de précarité. C’est encore Lui qui nous fera renoncer à une efficacité immédiate qui ne conduit qu’à un cumul de richesse et prépare les révoltes de ceux qui n’en peuvent plus.
Pierre nous invitait “à rendre compte de l’espérance qui était en nous”, évitant tout propos triomphaliste ou totalitariste et sûr de lui-même mais “en le faisant avec douceur et respect” comme le rappelait le Concile Vatican II et l’a fait le successeur de Pierre,
Il y a bien des chantiers où les chrétiens peuvent apporter au monde une intelligence éclairée et une force d’action : encore faut-il accueillir et même prier le Paraclet, l’Esprit de vérité. En préparation à Pentecôte, faisons-le dès à présent.
AMEN !
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HOMELIE 5° Dimanche de Pâques.Année A. 19-20 Avril 2008
18h30 St Lubin, 9h30 Ste Bdte, 11h St Lubin, 18h30 Ste Bdte –
Jésus, Parole de Dieu Jn 14,1-12
Pour l’Eglise naissante, servir la Parole de Dieu est une priorité. Mais pour rester fidèles au service des frères, qui avec la prière, fait partie des exigences de la vie apostolique, les Douze vont proposer une organisation nouvelle : le service des tables. Il sera pris en charge par “des hommes estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse”. Ce service a pour nom “diaconie”. Ainsi apparaît dans l’Eglise des fonctions qui plus tard deviendront des « ordres sacrés », dont les diacres. Ils sont 56 dans le diocèse. Leur ministère a été rétabli dans l’Eglise par le Concile Vatican II. Il est principalement associé à la responsabilité propre d’un évêque dans le domaine des œuvres de charité, mais aussi dans celui du gouvernement et de l’annonce de la Parole.
La prière et le service de la Parole sont donc, pour les Apôtres et pour les évêques leurs successeurs, la tâche principale.
Qu’est-ce donc que ce “service de la Parole” ? S’agit-il seulement de la prédication ? Qu’est-ce que la Parole ?
Le mot qui désigne la parole en grec est : “logos”, logo" ; en hébreu, “dabar” rbd. Dans ces cultures, les paroles ne sont pas que des mots véhiculant des images ou des idées : elles sont “récits”, “commandements” (en hébreu les “Dix Paroles”) mais aussi choses, réalités, affaires, évènements. Point de parole qui ne soit réalité ; point de réalité qui soit communicable sans paroles. Parler, c’est agir, ce qui est vrai avant tout de Dieu qui crée par sa Parole : « Il dit et cela est ».
Plus encore : la Parole par excellence était « au commencement ». On a l’habitude d’entendre le début du prologue de St Jean, que le prêtre dit encore à la fin de la messe en forme extraordinaire du rite romain : « Au commencement était le Verbe… », traduction du latin « In principio erat Verbum », mais dans le texte grec, il s’agit bien du “Logos”, la Parole. « Au commencement était la Parole… ». Dans ce même Evangile, la Parole se fait chair en la personne de Jésus, Fils de Dieu. A la différence des prophètes qui introd