Homélies, photos et évènements
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HOMELIE 4ème Dimanche Ordinaire C – 31 Janvier 2010
« Mais Lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin ».
Phrase bien énigmatique face à l’agressivité déchaînée des habitants de son village. Cela ne vous fait pas penser à une autre situation où Jésus va être conduit en-dehors de la ville, jusqu’à un escarpement, pour être précipité en bas ? Jérusalem, le rocher du Golgotha où il sera précipité dans
Les habitants de Nazareth, familiers de Jésus, refusent de voir en Lui plus que le « fils
“Prophète” : vient de profètès (sprofhthV = “qui dit devant”, qui annonce, déclare, apporte la lumière).
Aujourd’hui, il nous est demandé de parler de Dieu, de témoigner de Lui : comment le faisons-nous ? Quel Dieu présentons-nous ? Quelle image avons-nous de Lui ?
Un Dieu qui nous surveille, sanctionne les manquements à ses lois et punit nos péchés, exigeant de nous une conduite sans faille, une pureté sans reproche ?
Un Dieu qui nous libère et annonce une Bonne Nouvelle aux pauvres de tout genre que nous sommes tous, plus ou moins ?
Paul, dans l’extrait de la lettre qu’il adresse aux Corinthiens, et que nous avons entendu aujourd’hui, nous invite à une belle conduite reçue, non pas comme un programme à exécuter mais comme un don de Dieu que nous avons à solliciter. « Dieu est Amour », écrit St Jean 1 Jn 4,8.
Remplaçons le mot amour, “agapè” en grec, par Dieu : « Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque Dieu, cela ne me sert de rien.
Dieu prend patience; Dieu est serviable; Il ne jalouse pas; Dieu ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; Il ne fait rien de malhonnête, ne cherche pas son intérêt, Il ne s’emporte pas, n’entretient pas de rancune; Il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais Il trouve sa joie dans ce qui est vrai. Il excuse tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout. Dieu ne passe jamais ».
Et s’il nous était difficile de l’appliquer à Dieu, qui est tellement autre que ce que nos mots ou nos images peuvent en dire, appliquez-le à Jésus : là, pas de problème !
N’est-ce pas une “voie supérieure à toutes les autres” qui nous conduit au vrai Dieu, Celui qu’au nom de notre vocation baptismale, nous avons à “prophétiser” en parole et en actes ?
AMEN !
HOMELIE 3ème
Dimanche Ordinaire C – 23/24 Janvier 2010
18h30 – 11h St Lubin – Lc 1, 1-4; 4, 14-21
L’Evangile d’aujourd’hui est fait d’un montage scripturaire qu’autorise
la liturgie de l’Eglise : il commence par le chapitre 1 qui est une introduction
à l’Evangile de St Luc. Puis l’Evangile continue par un passage du 4ème
chapitre qui introduit le ministère de Jésus et présente le programme de sa
mission. Quel est-il ? « Porter
Voilà son programme : toute son
énergie et son attention, vont être consacrées à le réaliser jusqu’au dernier
souffle sur
Ce programme n’a rien d’un programme
pour attirer les suffrages. Il est
Parole de Dieu, reprise du prophète Isaïe, célébrée à la synagogue dans le
contexte de prière hebdomadaire d’un peuple en attente de son Dieu, ce Dieu qui
lui a promis depuis très longtemps sa visite en la personne de son Messie. Et
voilà que cette prophétie s’accomplit en la personne de Jésus. Elle n’est plus
des mots, des idées : elle une
personne, Jésus. C’est de la personne de Jésus qu’aujourd’hui se réclament
les chrétiens de toutes les Eglises et Communautés, dont la nôtre, de par le
monde. Qu’est-ce qui peut bien nous rassembler malgré nos désunions ?
Ecoutée et partagée entre nous, la Parole de Jésus est notre trésor commun
que nous n’avons pas fini de découvrir
et de mettre en pratique. Ensemble, elle nous fait avancer vers notre
unité au sein de nos familles, de nos communautés et de nos Eglises encore
séparées.
Elle nous donne des points de repères solides dans un monde déboussolé, en
particulier lorsqu’il oublie et ne tient
pas compte des petits, des opprimés de tous genres et des sans voix.
Elle change notre regard sur les
frères et sœurs moins gâtés par la vie et comme l’exprimait si bien St Paul
dans la deuxième lecture, nous les font découvrir comme les membres de notre
Corps. Elle nous conduit, à travers eux, vers Celui qui s’est fait l’un d’entre
eux, le Seigneur Lui-même.
Que ces dimanches, où semaines après semaines, nous entendons la Parole
de Dieu et pouvons accueillir le Verbe de Dieu, Jésus, qui s’est fait Pain de Vie
pour nous nourrir de son Corps, nous puissions nous réjouir et nous en
fortifier et marcher vers l’unité.
« Ce jour consacré à
notre Dieu est un jour de joie : alors, que la joie du Seigneur soit votre
rempart ! »
. AMEN !
HOMELIE
2ème Dimanche Ordinaire C –
13.14 Janvier 2010
Les Noces de Cana (Jn
2, 1-11): cherchez la mariée !
Une des premières démarches de Jésus lorsqu’il inaugure sa vie
publique, c’est de se rendre à des noces. Ne serait-ce pas pour manifester que
les noces humaines où se dessinent les plus grands espoirs d’amour, mais aussi
les plus grandes déceptions sont à être habitées par l’Esprit d’amour qu’Il
répandra dans les cœurs, au point de faire des Noces le signe privilégié du
lien qui l’unira à son Eglise ?
Si le sens général en est clair, le récit de St Jean recèle
cependant bien des difficultés qui rebutent les lecteurs ou les auditeurs. Et
en premier lieu, n’est-il pas étonnant que dans un récit de noces, il ne
soit jamais question de
Qui est présent à ces Noces ? La « mère de
Jésus » qui, dans l’évangile de Jean, n’est jamais appelée Marie ; et
elle n’est mentionnée qu’ici et au pied de
« On manqua de vin »
Erreur de prévision quant au nombre des invités ? Pingrerie de la part de
la famille des mariés ? Gloutonnerie de la part des invités, qui
« consomment » jusqu’à l’ivresse-plaisir-évasion de la pauvre
condition humaine ? Rien n’est précisé, mais la mère de Jésus a deviné le
risque de ratage de ces noces et elle se tourne vers son fils qui n’a pas
encore réalisé de miracles. Au constat du manque de vin que lui adresse sa
mère, Jésus répond d’une manière qui peut nous choquer : mot à mot : « Femme, quoi à moi et à
toi ? ». Femme : Il appellera ainsi sa mère du haut
S’enclenche alors une activité intense : Jésus commande,
fait puiser environ
Ce repas annonce un autre repas des Noces de la Nouvelle
Alliance, évoqué ci-dessus, quand l’heure sera venue où le Fils de la mère de
Dieu épousera la “mariée” (la voilà !), l’humanité en la personne de
ceux qui croiront en Lui, ses disciples.
Ils deviendront en même temps les enfants de la mère de Dieu, Marie, mais
aussi, Marie, mère de l’Eglise.
AMEN !
HOMELIE
BAPTÊME de JESUS
11H
St Lubin 10 Janvier 2010 - Luc 3.15-22
Dimanche dernier, nous célébrions la Fête de l’EPIPHANIE: (Epifa neia) “manifestation”
de Jésus aux mages
païens qui le reconnaissent comme Dieu. Le Temps de Noël s’achève par la
célébration d’une nouvelle Epiphanie, 30 ans après, celle du BAPTÊME de Jésus. Pourquoi Jésus demande-t-il le Baptême, Lui qui n’a pas besoin
de conversion ? C’est parce qu’Il a voulu non seulement prendre notre
condition humaine, mais aussi se montrer solidaire avec l’humanité pécheresse
qui, à l’appel de Jean-Baptiste, vient se purifier dans un baptême d’eau.
C’est alors qu’Il prie que le ciel s’ouvre et il se produit une nouvelle
manifestation : celle de Dieu qui se révèle Trinité : Jésus
est au centre, Fils engendré par le Père : Celui-ci fait entendre sa voix, et l’Esprit-Saint, sous une apparence corporelle,
comme une colombe, descend sur Jésus et lui confère l’onction qui fait de Jésus
le Messie, “Machiah”, en hébreu, ; Christ, en grec.
Ce Jésus- Messie vient nous
introduire dans la vie trinitaire
« Lui
vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu » v.16
Traduisons : Lui vous immergera …plongera dans les eaux de la mort pour que vous émergiez et receviez
l’Esprit-Saint, mot à mot, le “souffle
sacré” le “pneuma aguion”, “pneuma agiw”.
Mais
aussi le feu ! De quel feu s’agit-il ? A quel autre moment
l’Esprit-Saint se manifestera-t-Il avec le feu ? A Pentecôte, bien sûr,
sous forme de langues de feu. Il s’agit bien d’un feu sacré qui réchauffe notre
monde et lui fait goûter la joie et la chaleur d’aimer, de partager, de vivre
pleinement.
« Elève
la voix »
(proclamait Isaïe au peuple découragé par les divisions et les luttes au retour
d’Exil, 1ère lecture) « ne crains pas. Dis aux villes de Juda : “Voici
votre Dieu ! Voici le Seigneur Dieu” »
Paul
a goûté à cette venue de notre Dieu en la personne de Jésus et il rappelle son
bienveillant dessein à notre égard. « Car
[Jésus] s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes et de
nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien… »
« Par le bain du Baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit-Saint. »
Prenons-nous
bien conscience de notre Baptême ?
Renouvelés par l’Esprit-Saint, il
ouvre en nous le chemin d’une intimité qui n’aura de cesse de grandir à toutes
les étapes de notre histoire dans la mesure où nous vivrons cette promesse de
Dieu Lui-même : « C’est toi mon enfant bien-aimé, en toi j’ai
mis tout mon amour. »
Rendons grâce pour tout ce que notre baptême a permis en
nous jusqu’à maintenant et tout simplement, pour le fait d’être là ce matin,
unis entre baptisés, cherchant à mieux connaître et à mieux faire Corps avec le
Fils bien-aimé par excellence : Il ne garde pas jalousement sa filiation
mais nous la fait partager.
Le Temps de Noël s’achève. Entrons dans le Temps Ordinaire, baptisés,
remplis du “souffle sacré” et du feu de notre Dieu qui brûle et réchauffe sans
consumer parce qu’Il n’est qu’Amour.
AMEN !
HOMELIE
du Dimanche de
9h30
Pourquoi
la liturgie de ce Dimanche, présentant en exemple
Est-ce bien l’intention de
l’évangéliste St Luc ? Si l’on regarde bien, son Evangile commence au
Temple de Jérusalem, avec Zacharie, prêtre officiant ce jour-là, qui deviendra,
à la suite de l’intervention de l’ange Gabriel, père de Jean-Baptiste. Ce même
Evangile se termine au Temple, où les Apôtres, le Christ les ayant quittés
définitivement à l’Ascension, « étaient continuellement dans le
Temple bénissant Dieu » Lc 24,53.
Le Temple est le
Venons-en aux pauvres parents. Le
retour à Nazareth, distante de 110 Kms, prenait trois jours. Il se faisait par
groupe de marcheurs : hommes, femmes, enfants. Ils se retrouvaient aux
étapes pour les repas et
Il y a davantage encore dans ce beau passage
d’Evangile. Quelle est la question
Marie ne comprend pas tout, mais devine le
mystère auquel elle avait accepté de participer plus de 12 ans auparavant. Elle
n’a pas fini de le comprendre. Il faudra encore qu’elle passe par la mort de
son Fils pour découvrir sa Résurrection et comprendre définitivement le dessein
miséricordieux de Dieu.
Pour l’heure, elle garde tout cela en son cœur.
Marie, Joseph et Jésus sont repartis pour
Nazareth où jusqu’à environ 30 ans, Jésus restera auprès d’eux, dans le cadre
quotidien de la vie en famille, grandissant en sagesse, en taille et en grâce
sous le regard de Dieu et des hommes : quel beau résumé du parcours de
l’enfance à l’âge adulte !
AMEN !
HOMELIE
4ème Dimanche de l’AVENT- C. La Visitation
9h30
“ Heureuse
celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de
En ce dernier
dimanche avant Noël, l’Eglise nous présente le récit de la rencontre de deux
femmes à la fois semblables et différentes. Elles sont profondément croyantes et
attendent toute deux un enfant ; elles sont bien différentes : l’une
est âgée, l’autre jeune ; l’une était stérile, l’autre vierge.
Ce récit, déjà plein
de fraîcheur et de joie, n’est pas seulement celui d’une rencontre familiale
entre deux générations. Il présente la réalisation déjà commencée de la venue
du Seigneur dans notre humanité. Cette bonne nouvelle annoncée par l’ange
Gabriel a reçu toute la confiance de ces deux femmes et nous voyons que le
Seigneur les a comblées de joie.
En effet, l’ange
avait annoncé à Zacharie que son enfant “serait rempli de l’Esprit-Saint dès le
ventre de sa mère” Lc 1, 15.
C’est pourquoi il tressaille (le mot
original grec : eskirtessen - eskirthsen vient de skirtao - skirtaw, qui a
donné le “sertaki”, la danse grecque d’aujourd’hui ! ). Sa mère Elisabeth,
« remplie de l’Esprit Saint elle aussi, traduit la manifestation de
Jean-Baptiste par la belle parole de bénédiction que nous retrouvons dans le “Je vous salue Marie” Elle s’écrie
d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes
et le fruit de tes entrailles est béni » 1, 42
Nous sommes à une
charnière : celle de
Marie est jeune et
vive. Elle porte en elle le Seigneur. Elle annonce la Communauté chrétienne qui
porte aussi en elle son Seigneur et qui veut communiquer cette bonne nouvelle
en toute hâte au monde entier. N’est-ce pas la mission donnée à l’Eglise,
peuple de la Nouvelle Alliance ?
Le Seigneur est venu
partager dans notre monde, comme l’exprime si bien le début de Gaudium et Spes
n°1 (Constitution Pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps) « Les joies et les espoirs, les
tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de
ceux qui souffrent… » Ne
doivent-ils pas être aussi “les joies et les espoirs, les tristesses et les
angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne
trouve écho dans leur cœur” ?
La fête proche de
Noël nous invite à la joie et à la conversion qu’apporte enfin celui qui nous
sauvera ne nos égoïsmes personnels ou communautaires. Déjà nous pouvons, en
nous et autour de nous, accueillir la force de son Esprit-Saint que nous avons
reçu grâce au don de sa vie, Lui qui s’est fait pain dans une mangeoire la nuit
de Noël.
AMEN !
HOMELIE
3ème Dimanche de l’Avent Messe forme extraordinaire
9h15
St Lubin 13.12.09 – Jn 1, 19-28
A l’approche de Noël, l’Eglise nous met en présence d’un personnage tout
à fait exceptionnel, qui, à lui seul, est une prophétie : Jean le
Baptiste.
Tout d’abord, sa
naissance est miraculeuse, dans ce foyer sans enfant, Zacharie et Elisabeth,
avancés en âge, dont l’homme est prêtre du Temple du Seigneur. Puis son nom,
Jean “YoHan” :
le Seigneur fait grâce. C’est
un homme du désert (lieu où s’est tissé l’Alliance de Dieu avec son peuple, se
nourrissant de miel et de sauterelles), homme d’absolu, n’ayant peur de
personne, fustigeant les autorités politiques et religieuses qui se moquent de
Dieu, homme sans concession (cela lui vaudra sa tête), mais homme libre. Mais
plus encore, il est l’envoyé de Dieu Jn 1,6. Il est le pro-phète, “celui
qui parle devant”, appelant à
la conversion (retournement vers Dieu), à la pénitence pour déblayer la
voie : Aplanissez les collines de votre orgueil, de votre volonté de
puissance, de vos égoïsmes, de vos cupidités et de vos violences…Comblez
les ravins de vos vanités,
des vides de vos vies sans avenir et sans partage, remplies de leurs lâchetés
quotidiennes …
Une
fois qu’il a dit ce qu’il était et ce qu’il n’était pas, il fait une curieuse
annonce. Jn 1,26: « … Au milieu de vous se tient quelqu'un que
vous ne connaissez pas… ». Ce qui veut dire : Le Messie
annoncé que vous attendez, il est déjà parmi vous et vous ne le
connaissez pas. D’ailleurs, Jean lui-même avouera que lui non plus ne le connaissait
pas, bien qu’il fut cousin de Jésus. Il s’agit d’une autre connaissance que
seul Dieu révèle par son Esprit : Jn 1,33-34 « Et moi, je ne le connaissais
pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, celui-là m'avait dit: “Celui
sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans
l'Esprit Saint”. Et moi, j'ai vu et je témoigne que celui-ci est l'Elu de
Dieu. » Voilà donc quel est cet envoyé de Dieu, totalement
disponible à ses appels, car totalement humble : Jn 1, 27 « …celui
qui vient derrière moi, dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de
sandale. »
Ceci
ne le met pas à l’abri de doutes. Lorsqu’il est en prison, sa voix ne
retentit plus auprès des foules, mais seulement au fond d’un cachot ou à
l’oreille d’Hérode, dérangé, mais attiré par cet homme si différent de lui. Il envoie
ses disciples poser à Jésus la question
Ne
nous arrive-t-il pas aussi de chercher des signes de la présence du Christ dans
notre monde si abîmé, où Dieu semble bien absent ? Si nous voulons
discerner les signes de sa présence, demandons
d’abord l’Esprit du Père et regardons
là où sont les pauvres, quelque soit leur “ pauvreté” : victimes
de violence, éprouvés dans leur corps ou leur cœur, endeuillés, prisonniers,
malheureux de toutes sortes… Qu’ils reçoivent de notre part écoute, accueil,
prise en compte de leur détresse, matérielle, psychologique ou spirituelle.
Participons nous-mêmes à la manifestation de
ces signes : par toute initiative de bonté, rendons présent Celui dont nous tenons cette bonté : apportons
la joie du Seigneur que Paul nous invitait à accueillir dans l’épître d’aujourd’hui,
et il n’y aura pas lieu d’attendre un autre Messie ! Bonne préparation à
Noël !
AMEN !
HOMELIE
2ème Dimanche de l’AVENT- C.
11h
St Lubin – 6 Décembre 2009 - Lc 3, 1-6
“ Toute
chair verra le salut de Dieu… ” Lc 3,6
Le début
solennel de cet évangile manifeste l’irruption de la Parole de Dieu dans
l’Histoire. C’était au temps de l’empereur Tibère, du gouverneur Ponce Pilate,
des princes Hérode, Philippe et Lysanias, des grands prêtres Hanne et Caïphe,
bref les responsables politiques et religieux du temps. Alors, “il y
eut une parole de Dieu sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert”. La
foi chrétienne, repose non pas sur des idées, mais sur quelqu’un, Dieu, qui
annonce la venue de Jésus et qui va
s’insérer dans une histoire.
Et justement, dans
cet évangile, on ne parle pas de Jésus, mais quelque chose se prépare qui va
bouleverser le monde. Et Jean se met en mouvement : il parcourt la région
fertile du Jourdain, en bordure du désert, proclamant un “plongeon”, une immersion (ce que signifie le mot Baptême, “baptisoma”) de conversion, de retournement pour le
pardon des péchés. Ainsi s’accomplit la prophétie d’Isaïe. Dieu est fidèle et sa parole réalise toujours ce qu’elle dit.
Tous les textes de
ce 2ème dimanche de l’Avent sont tournés vers l’avenir. Ils annoncent
un évènement qui vient, qui sera
joyeux parce que le peuple, proclamait Baruch, sera conduit par Dieu “à la lumière de
sa gloire et escorté de sa miséricorde et de sa justice”.
Oui, c’est bien beau
tout çà, mais çà tarde à venir car le monde est loin d’être transformé et il
est encore, en bien des endroits de la planète, en pleine souffrance ! Le
rassemblement de Copenhague, ces jours-ci nous le montre bien, où sont abordés
les grands défis du monde d’aujourd’hui. C’est vrai.
Mais par sa venue dans notre monde, par son
ministère, par sa mort sur la Croix et par sa Résurrection, le Christ, Jésus,
Fils de Dieu, a inauguré le Royaume de Dieu ; Il en a donné les signes, mais ce ne sont encore précisément que
des signes : nous n’avons que les arrhes, comme un début du Royaume (en
effet, un acompte, c’est une somme d’argent que l’on avance quand on achète
quelque chose). Jésus a bien vaincu le mal et la mort, mais le mal et la mort
sont encore à l’œuvre dans ce monde. Il n’empêche que des signes encourageants sont également à l’œuvre et il ne tient
souvent qu’à nous et à l’aide que nous apporte le Seigneur de les voir se
manifester et même d’être appelés à en être acteurs. Ces temps de préparation à
Noël sont particulièrement favorables : solidarité, partage, mobilisation
contre toutes formes de maux que sont les maladies, le chômage, les précarités…
Ainsi, resto du cœur, accueil des malheureux qui viennent s’adresser au Secours
Catholique ; visite aux prisonniers et colis de Noël à leurs enfants ; visites aux personnes isolées, repas de
Noël ; Téléthon, bref, vous pourriez en trouver d’autres.
Que Dieu seul puisse
établir définitivement le Royaume ne doit pas nous démobiliser. Avez-vous
remarqué la prière
Qu’est-ce qui est le plus important dans notre vie ?
Des personnes ou des choses ? Avec ou sans Dieu ? Pour
moi ou pour d’autres aussi ? Pour tout de suite ou pour plus
longtemps ?
L’évangile
d’aujourd’hui se termine par une parole pleine d’espérance et ouverte à toute
l’humanité : « Toute chair verra le salut de Dieu ». Toute chair désigne
tous les hommes et les femmes. Puissions-nous, par notre charité, hâter la
venue du Règne de Dieu et que nous, chrétiens ensemble, puissions témoigner de
cet amour universel et total de Dieu pour tous.
AMEN !
HOMELIE
1er Dimanche de l’AVENT- C.
9h30
“ Redressez-vous,
relevez la tête… ” Lc 21,28
Apocalyptique, le discours de Jésus annonçant sa
venue dans l’évangile de ce jour. « Le ciel nous tombera sur la
tête » selon la menace tant redoutée de nos ancêtres…Comment comprendre
ces paroles de la bouche de Celui qui s’est montré « Doux et humble
Tout d’abord, à quel moment Jésus les prononce-t-il ? Jésus
est dans le Temple de Jérusalem. Les disciples en admirent
Jésus, en évoquant le bouleversement des repères habituels de notre
monde (le soleil, la lune et les étoiles) ne fait qu’annoncer l’avènement de ce
Royaume, qui ira de pair avec le renversement des pseudo valeurs de ce
monde : violence, mensonge, dérèglements de toutes sortes…de quoi susciter
une panique profonde chez ceux qui s’y attachent aujourd’hui.
Jésus recommande alors de
rester éveillés, c'est-à-dire, de veiller à suivre les “chemins de justice”
dont parlent les psaumes, de chercher à
“s’ajuster” à la volonté de Dieu et, par exemple, « à faire aux autres ce que
nous aimerions qu’ils nous fassent : là est la Loi et le Prophètes »
Matthieu 7, 12. Nous n’aurons plus à
ressentir d’angoisse : nous nous redresserons, nous relèverons la tête,
nous rendrons courage et espoir aux gens blessés ou même écrasés par les
évènements de leur vie, car notre libération sera proche et nous paraîtrons
debout devant le Fils de l’Homme.
Un des signes de l’espérance que nous pourrons montrer au monde, ce
sont nos gestes de solidarité, inspirés par la compassion et l’Esprit du
Seigneur qui nous rend proche de nos frères. C’est en ce sens que nous sommes
appelés par le
Prions en tout temps comme Jésus nous le demande pour demeurer dans
cette attitude de recherche et d’accueil de la volonté de Dieu, en particulier
en ce temps de l’Avent qui prépare la Fête lumineuse et paisible de Noël.
AMEN !
HOMELIE
CHRIST, Roi de l’univers B - Jn 18,
33-37.
18h30
St Lubin, Samedi 21 Novembre 2009
Un roi étonnant , alors même qu’il comparait devant le
représentant de l’immense empire romain, Pilate, qui a sur lui pouvoir de vie
et de mort. Jésus qui, jusque là n’a guère parlé de sa royauté, va la faire
affirmer par ce fonctionnaire romain. « C’est toi qui dis que je suis
roi » Mais Pilate ne le voit-il pas à la manière des hommes, c'est-à-dire comme celui qui exerce un
pouvoir sur les autres hommes, souvent tyrannique et arbitraire ?
Jésus poursuit comme pour l’ouvrir à un autre
monde : « Moi, je vais te dire
comment je suis roi : « Je suis venu dans ce monde,
ton monde, pour rendre témoignage à la vérité… »
Mais là encore, de
quelle vérité s’agit-il ? Dans la langue biblique, le mot
« vérité », en hébreu, “èmeth” est de la même racine que “amen” ou
“èmouna”,
Pas facile
aujourd’hui pour nous de vivre souvent à contre-courant des valeurs présentées
par ce monde comme des vérités, alors qu’elle ne sont que des “modes” de pensées ou de comportements,
de régimes politiques ou de tendances culturelles qui passent avec le temps,
chassées d’ailleurs par d’autres “modes”, souvent opposées.
Mais il ne faut pas se situer sur le même
terrain : car si la vérité est une personne, qui est Dieu, elle ne se possède pas. Par contre, si
nous écoutons sa voix, comme le propose Jésus à Pilate, alors nous appartenons
à
Invitation à des moments de
recueillement avec le Seigneur à la lecture de sa Parole et de la voix
intérieure de nous-mêmes pour des prises de conscience personnelles, mais aussi
écoute de ce que nous disent des témoins actuels de la foi, les personnes en
responsabilité, ministres de la Parole ou compétents en certains domaines qui touchent
à la fidélité (ou à l’oubli) de la volonté de Dieu : respect de la vie,
attention aux pauvres de tout genre, recherche de la justice et de la vie
fraternelle.
Appartenir à la vérité, n’est-ce pas
chercher à faire la vérité dans sa vie et finalement Le trouver ? Que nos
messes dominicales deviennent des moments privilégiés pour l’écoute de la
Parole, la rencontre avec Celui qui nous parle au cœur et avec nos frères qui
font la même démarche. Ainsi le Christ règnera à sa manière, pour le bien de notre
humanité.
AMEN !
HOMELIE
24ème et dernier Dimanche après la Pentecôte.
9h15 Forme extraordinaire – 22 Novembre 2009 –Mt
24, 15-35
Cet Evangile de St Matthieu, qui clôt l’année
liturgique, est écrit dans un style très particulier que l’on appelle « apocalyptique », du grec “apokaluptw” qui signifie : lever le voile, révéler. Les images
sont terrifiantes, mais elles n’en restent pas là. Elles annoncent aussi
l’avènement, la venue, d’un monde nouveau remis en justice et paisible harmonie
avec son Créateur. « Que le
lecteur comprenne ! » Essayons d’éclairer
quelques aspects et expressions de ce récit.
« L’Abomination de la
désolation… » est une expression tirée du
livre
Ces temps troublés annoncent un autre péril :
celui des “christs” et des “prophètes” ou autres gourous qui se présentent
comme le recours ultime (C’est encore d’actualité puisqu’on en a arrêté un
cette semaine, abusant depuis des années une famille entière. Souvenez-vous
également des annonces d’un certain Paco Rabane concernant la fin du monde lors
de la dernière éclipse). Ces évènements sont une épreuve pour
Jésus, lorsque cela arrivera, recommande de se
mettre à l’abri, de prier Dieu
afin d’écarter tous ces désordres. Ceux qui sont persécutés se rappelleront
que, d’une part Dieu ne laisse pas le mal triompher définitivement (v.22), que l’épreuve
débouche sur la résurrection ; d’autre part, le vrai péril reste celui de se laisser égarer par le désespoir et de se
tourner vers les faux prophètes qui nous trompent. De plus, Jésus nous met en
garde : « N’allez chercher le Messie nulle part ! » Sa venue sera aussi soudaine et imprévisible que l’éclair,
mais aussi certaine et reconnaissable “qu’un rassemblement de vautours
signalant la présence d’un cadavre” (v.28).
Après la détresse de ces jours-là viendra le
cortège des images apocalyptiques telles qu’on nous les ressert aujourd’hui,
avec les effets spéciaux particulièrement spectaculaires dont les techniques
modernes ont le secret. Le film “Apocalypse
Jésus annonce bien la fin inéluctable de ce
monde. Elle nous concerne car s’il a prédit la fin aux gens de sa génération
(fin qui arriva avec la chute de Jérusalem en 70), sa prédiction reste valable
pour nous car la Parole de Jésus est toujours actuelle. Dieu jugera chaque
génération sur ses occasions de progresser, irréversiblement gagnées ou
perdues. Il y a bien sûr pour chacun une “fin du monde” correspondant à la
fin de notre propre vie sur terre. Devons-nous en avoir peur ? Oui, si nous n’avons pas assez aimé ; non, si avec
notre participation nous avons fait confiance au Dieu qui nous aime et en a
appelé à notre responsabilité. Il ne nous laisse pas seul ; sa Parole nous
révèle aujourd’hui encore son bienveillant dessein et Il se donne à nous dans
cette Eucharistie pour marcher avec nous. AMEN !
HOMELIE aux enfants, 33ème Dimanche ordinaire B.
Messe des familles du 15 Novembre 2009. Mc 13, 24-32
Avez-vous déjà entendu parler de la fin du monde ? Comment en parle-t-on ? Comme quelque chose de terrible qui s’abattra sur la terre : une guerre atomique, des tornades, des tsunamis, des tremblements de terre, une épidémie monstrueuse, des animaux gigantesques qui dévoreront les humains… ? Que d’images qui font peur !
Que dit Jésus à ses disciples ? Il utilise Lui aussi les images de son temps : Il parle d’une terrible détresse, des astres, le soleil et la lune, qui perdent leur éclat, les étoiles qui tombent du ciel…tous ce que les gens de son époque s’imaginaient, car eux-aussi ils avaient peur.
Et pourtant, Il présente cette fin du monde de façon très différente. Il parle de sa “venue”. Ce sera un grand moment de lumière et de joie. Celui qui a donné sa vie pour tous les hommes viendra sur les “nuées”, c'est-à-dire là où se trouve Notre Père des Cieux. Les Cieux c’est le “monde de Dieu”, où tous les gens s’aiment, parce que tous sont devenus comme Lui. Alors par sa puissance, Jésus, le “Fils de l’Homme”, détruira toutes les injustices et rétablira la justice ; Il dénoncera tous les mensonges et mettra en lumière la vérité ; Il ne laissera plus de place à la haine, mais toute la place sera faite à l’amitié, au pardon et à l’union entre tous.
Jésus annonce donc un événement heureux. Il éclaire déjà notre vie mieux qu’un soleil. La question que je dois me poser aujourd’hui, c’est de savoir si j’accueille sa lumière. Est-ce que je triche où est-que je suis juste ? Est-ce que je raconte des mensonges ou est-ce que je dis la vérité ? Mon cœur est-il fâché contre quelqu’un, vengeur, plein de méchanceté et de haine ou pardonnant, compréhensif et bon ?
Et nous, les baptisés, marqués par la Croix de son amour et qui apprenons et retenons la lumière de sa Parole, nous pouvons être comme des étoiles, comme des petits repères, quand le monde devient sombre et mauvais.
Le figuier, lorsque les branches deviennent tendres et que les feuilles sortent, annonce bientôt l’été et l’on se réjouit car le beau temps revient et, pour beaucoup, ce sont les vacances. Quand nous verrons la justice, la vérité et la bonté grandir dans notre cœur et notre intelligence, alors nous saurons que Jésus, “le Fils de l’Homme” est proche, à notre porte. Ce sera un grand bonheur : nous n’aurons même pas peur !
AMEN !
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HOMELIE
Célébration du 11 Novembre 2009.
11 h
St Lubin
En cette commémoration du 91ème anniversaire de
l’Armistice du 11 Novembre 1918 et en présence de ces drapeaux, symbole du
combat de nos aînés pour garder liberté et unité de notre pays, quel éclairage peut
nous apporter ces deux textes de la Bible ?
Dans le livre de la Genèse que nous entendions en première lecture,
il nous est dit que Dieu créa l’homme (Adam) « à son image, comme sa
ressemblance ». C’est dire à quelle dignité, l’humanité est élevée et
appelée malgré les nombreuses atrocités auxquelles elle est capable de se
livrer. Le terme qui est utilisé pour dire “image” dans le texte hébreu
d’origine est très significatif. Ce mot, “Tselem”, image, statue, a souvent le sens d’idole
dans
Comment cela se passait-il ? Les
statues des divinités étaient d’une telle taille et d’un tel poids qu’on ne
pouvait les déplacer. Alors, pour permettre la procession, on en faisait des
“images”, des “tselem” réduites représentant chaque divinité. Les prêtres et
les fidèles défilaient chacun derrière la sienne, portée sur un brancard ou sur
le baldaquin d’un dromadaire comme on peut le voir sur une fresque à Palmyre en
Syrie.
L’auteur sacré reprend à
son compte cette référence à ces manifestations religieuses. Dire que l’homme
est “l’image de Dieu” c’est lui révéler qu’il est appelé à signifier, dans le
cortège de la création, la présence de Dieu. La traduction grecque de la Bible,
la Septante (LXX) traduit “tselem” par “icône”
qui nous est plus familier. Nous allons retrouver de façon très inattendue, la
même vocation confiée à l’homme par Jésus lui-même.
Lorsque “les
pharisiens et les hérodiens viennent trouver Jésus pour le prendre au piège en
le faisant parler” (Mt 22, 15) sur
le tribut à payer ou non à César, Jésus se livre à une petite démonstration
toute simple :
“Montrez-moi la monnaie
qui sert à payer le tribut” leur demande-t-il. Ils
lui présentèrent un denier.
Il leur
dit : “De qui est cette effigie et cette inscription ? ” (Le mot
grec utilisé est “icône”. L’icône du denier représente César :
“Rendez à César ce qui
est à César ce qui est à César
Et à Dieu, ce qui est à
Dieu”
Et qui est
l’icône de Dieu ? - L’homme, bien sûr :
alors, il faut que l’homme soit “rendu à Dieu” autrement dit qu’il redevienne
ce qui est sa vocation première : montrer
Dieu à la création entière. En
Jésus, parfaite icône du Père, c’est chose faite.
A un moment où l’on
cherche à définir les identités des uns et des autres, la Bible, se dégageant
de tout particularisme, nous invite à
voir en tout être humain « l’icône de Dieu” qui est en tout homme de
bonne volonté. N’est-ce pas ce que tout le monde retient du geste de ce
militaire romain et païen, Martin, envers un mendiant nu, transis de froid,
pour lequel il partagea sa chlamyde.
Ceci n’est pas pour
désavouer ceux qui, au prix de leur don généreux, dans les souffrances jusque
dans leurs blessures ou même jusqu’à la mort, ont servi leurs frères et sœurs
et que ces drapeaux rappellent à la manière d’icônes. Non, bien sûr !
C’est pour inciter tout
homme à voir en l’autre un frère, une sœur, créés à son image et ressemblance.
C’est bien le sens que le Christ a donné à son sacrifice. Et maintenant, par
AMEN !
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HOMELIE
32ème Dimanche ordinaire B. La pauvre veuve du Temple
8 Novembre 2009. Mc
12, 38-44
L’Evangile de ce dimanche nous présente deux séquences aux
personnages bien opposés. D’une part, les scribes, plein de vanité et
d’hypocrisie et une pauvre veuve effacée et généreuse. Jésus mets en garde
contre l’attitude des premiers qui pourrait être parfois la nôtre si nous n’y
prenions garde, et s’intéresse davantage à cette pauvre veuve.
Qu’a-t-elle de si intéressant ?
Au temps de Jésus, une veuve était dans une très
grande précarité. Femme dans un monde plutôt masculin, elle était privée de la
protection de son mari et de ce fait ne disposait pas de ressources propres ni
d’assistance. Elle faisait partie des trois catégories de pauvres que la Bible
mentionne tout au long de ses livres : l’orphelin, l’étranger et
Jésus observe donc la foule qui vient apporter ses
offrandes au Trésor du Temple. Les riches mettent des grosses sommes :
c’est alors, dit-on, que l’on sonnait la trompette pour que les fidèles
reconnaissent, admirent et imitent éventuellement ces généreux donateurs. La
« pauvre veuve » ne dépose que deux piécettes (un quadrant, le 1/64
d’une journée de travail, autrement dit, pas grand-chose de fait). Mais pour
Jésus, il en va autrement !
« Amen, je vous le
dis :… » Parole solennelle, qui va en étonner
plus d’un, à commencer peut-être par les disciples. « …cette pauvre veuve a mis
dans le tronc plus que tout le monde ! » Pourquoi ? « …
car tous, ils ont pris sur leur “périsseuntos : perisseuntoV” mot à
mot : “ce qu’ils ont en plus autour d’eux”, leur superflu », ce
qu’il ne leur est pas nécessaire. « …mais elle, de son indigence (de son
manque), elle jeta toute sa “bion” (vie, ressources pour vivre)
subsistance »
Jésus s’émerveille de cette pauvre veuve. Il nous
invite à voir au-delà du visible, particulièrement, le spectaculaire qui nous attire voire, nous
fascine. Certains médias sont redoutables pour cela. Il nous conduit à ce qui
est invisible mais à l’ouvre dans un cœur capable de donner.
La 1ère lecture de ce dimanche (1R 17,
10-16) nous présente également une veuve de Sarepta, au Liban actuel. Celle-ci
offre au prophète Elie tout ce qui lui reste de nourriture représentant
quelques heures à vivre avec son fils. Elle fait confiance au prophète et, à
travers lui, à Dieu. Ces veuves ont su découvrir, sans doute avec l’épreuve de
leur deuil, qu’elles n’avaient plus d’autre appui que Dieu seul. Par leurs
gestes, elles révèlent où est leur vrai trésor. Jésus ne s’y trompe pas, Lui
qui quelques temps après fera la même démarche en donnant sur la Croix tout ce
qu’Il a pour vivre sa vie d’homme.
La veuve de Sarepta, la pauvre veuve du Temple et
Jésus sont de la même famille : généreux, humbles et discrets, mais si
profondément croyants. C’est ce que Jésus essaye d’apprendre aux disciples qui,
comme les scribes, s’intéressent jusqu’au bout aux premières places. Au lieu de
cela, Il les invite et Il nous invite à être discrètement généreux, et en même
temps, audacieux dans le don d’eux-mêmes.
Que la célébration de cette Eucharistie où le Christ
une nouvelle fois se livre à nous, nous aide à voir ce qui est discret, petit
aux yeux du monde mais si grand au regard de Dieu. Qu’Il nous donne, par son
Esprit saint, le courage et la grâce de Le suivre.
AMEN !
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HOMELIE TOUSSAINT 2009.
18h30 St Lubin Samedi 31 Octobre- 9h30h Ste Bernadette, Dimanche 1er Novembre 2009.
Les Béatitudes
Quel paradoxe entre l’attrait suscité par l’invitation joyeuse de Jésus à être heureux et le défi que lance chaque béatitude au bon sens commun de l’homme ! Vous avez entendu : « Heureux les pauvres, les doux, ceux qui pleurent, les affamés de justice, les miséricordieux… » Mais c’est tout le contraire ! Tous ces gens-là n’intéressent personne et même on les fuirait comme des rabat-joie ou des gêneurs.
Et pourtant, ceux-là même qui les critiquent et s’en moquent sont-ils vraiment heureux ?
Il convient bien sûr de ne pas faire de fausse interprétation sur ces béatitudes et tout d’abord, de les traduire correctement. Pauvre n’est pas opposé à riche, mais à orgueilleux (Pauvre de cœur, mot à mot : « petit de souffle » c'est-à-dire non rempli de soi-même (et donc il y a de la place pour les autres !). Toutes les autres béatitudes en découlent mais elles peuvent nous effrayer par leurs exigences.
C’est là que les saints nous sont d’un grand secours à condition de ne pas les prendre d’abord comme des héros, mais comme des femmes et des hommes de foi qui ont fait confiance en écoutant et suivant leur maître et Seigneur Jésus.
Croyez-vous que les François d’Assise, les Vincent de Paul, les mères Teresa, les Charles de Foucault, les Jeanne Jugan ou les curés d’Ars bref tous les bienheureux et les saints aient été au départ des champions de l’Evangile ? Evidemment non, mais un jour ou petit à petit, ils ont été touchés par une parole du Christ et ils ont découvert qui était le Père dont parlait si souvent Jésus. Un Père passionnément amoureux des hommes et qui désire que chacun devienne son enfant comme nous le rappelait St Jean dans la deuxième lecture de cette fête. Bien sûr, Le Père compte sur notre concours et ne fait rien sans nous : c’est une question d’amour respectueux. La multitude de ces hommes et de ces femmes que nous dévoilait l’Apocalypse a donc écouté le Fils et mis en œuvre une des béatitudes en l’accomplissant jusqu’au bout.
L’humilité pour
C’est en nous engageant sur ce chemin de bonheur que l’Esprit de Dieu transforme notre cœur en venant l’habiter et en combattant contre les forces du mal, comme encore cette multitude de gens vêtus
En Communion avec Lui et avec tous les saints et bienheureux, choisissons l’une des béatitudes et familiarisons-nous avec l’un ou l’autre de ces aînés dans le Royaume qui l’ont particulièrement bien illustrée en le prenant comme “parrain” ou “marraine”, non seulement comme notre modèle, mais également comme intercesseur, actif auprès du Père dans cette immense Communion des Saints que nous proclamons chaque Dimanche dans notre Credo.
Rendons grâce au Seigneur pour le Trésor spirituel qu’Il nous offre et Bonne Fête à Tous !
AMEN !
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HOMELIE 30ème Dimanche ordinaire B.
9h30 Ste Bernadette–25 Octobre 2009. Mc 10, 46-52 Bartimée
Josué [Jésus et Josué se disent dans la Bible grecque des LXX de la même façon] sort de Jéricho : il ne s’est rien passé ! Et pourtant, Jéricho représente le moment fort de l’entrée en Terre Promise, la première ville conquise par les hébreux arrivant d’Egypte après 40 ans de désert. Regardons de plus près.
Tandis que les disciples et une foule nombreuse accompagnent Jésus de Nazareth traversant la ville, assis au bord du chemin, se tient un homme qui a perdu la vue, Bartimée. Dans l’Evangile de Jean, Jésus rencontre un autre aveugle de naissance et la question de ses disciples est tout de suite de demander : « Rabbi, qui a péché pour qu’il soit né aveugle : lui ou ses parents ? » (Jean 9, 3). Dans la mentalité de ce temps, toute infirmité était considérée comme une punition due à une infidélité à Dieu. Jésus répond de façon radicale : « Ni lui, ni ses parents ! » ouvrant un regard tout autre sur Dieu.
Toujours est-il que Bartimée est exclu de la vie ordinaire, laissé sur
Un cri jaillit alors de sa poitrine : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » N’est-ce pas là une vraie profession de foi messianique? La foule ne voit en Jésus que le rabbi guérisseur de Nazareth à qui elle fait honneur. Elle est gênée par les cris de détresse et d’espoir de cet aveugle. Mais lui, de plus en plus fort, clame sa profession de foi et son espoir : « Fils de David, aie pitié de moi ! ». Malgré le brouhaha, Jésus s’arrête : lui aussi sait écouter. Alors la foule change d’attitude : « Bon ! Courage ! Lève-toi, Il t’appelle ! » Et lui rejetant son manteau, se libérant du peu qu’il avait, bondit vers Jésus.
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Quelle drôle de question ! Mais ne traduit-elle pas toute la délicatesse de Jésus qui demande que nous disions clairement ce que nous désirons, même quand la demande est on ne peut plus naturelle et humaine ? « Que je recouvre la vue ! » A comprendre au premier comme au second degré : voir, jouir de sa vue, et voir le vrai sens des choses telles que Dieu les voit. « Va, ta foi (cette autre manière de voir à la façon de Dieu) t’a sauvé ». Elle t’a fait entrer dans toute la lumière, Bartimée, à tel point qu’à présent, tu veux suivre ton Sauveur. « Il recouvra la vue et le suivait sur le chemin ».
Jésus quitte Jéricho pour monter à Jérusalem, cœur de
Le chemin de libération du Sauveur commence à Jéricho pour s’achever à Jérusalem, avec, comme pour héraut et premier sauvé, Bartimée. Ce chemin fait appel à la foi qui fait entrer dans la Vie.
ü “Voir” au-delà des apparences, comme Bartimée qui devint son disciple (acolyte dans le texte) et non comme cette foule qui accompagnait Jésus.
ü Eprouver nos manques pour lui demander de les combler, Lui le Messie, la Consolation d’Israël, le Fils de David.
ü Suivre le nouveau Josué, suivre le libérateur, sur la route alors qu’Il monte à Jérusalem pour passer de ce monde à son Père, de cette terre à la terre promise définitive.
Bartimée : le fils de Timée, dit l’Evangile, mais cela ne nous renseigne pas beaucoup. Et pourtant, Timée, en araméen, désigne l’impur ; celui qui a péché : Bartimée, le “fils de l’impur” ; mais en grec, cela signifie : “Le fils très précieux” !
Ne nous invite-t-il pas à une magnifique conversion ?
HOMELIE 20ème Dimanche après la Pentecôte.
9h15 Forme extraordinaire –18 Octobre 2009.
Guérison du fils d’un fonctionnaire royal Jn 4,46-53
A première écoute, il serait possible de confondre le récit de la guérison du fils de cet intendant royal avec celle de la guérison du serviteur du centurion (dans Mt 8, 5-13 et Luc 7,1-10), les deux récits présentant des points communs, ne serait-ce que par le lieu où cela se passe, en Galilée et à Capharnaüm.
Cependant, des différences importantes apparaissent à une observation plus attentive. L’intendant royal n’est pas un occupant ; il est sans doute juif, fonctionnaire, résidant à Capharnaüm, attaché à la cour du roi Hérode, le tétrarque. Son fils est malade et se meurt. Il n’hésite pas à parcourir pas loin de trente Kms avec une forte montée (Capharnaüm est à -210m au-dessous du niveau de la mer et Cana, où Jésus se tient est à environ 300m au-dessus du niveau de la mer, dans les montagne de Galilée). Qu’est-ce qui a bien pu lui donner cette énergie et cette détermination pour aller trouver Jésus ? Sans doute l’a-t-il rencontré et écouté à Capharnaüm, lorsque, après le miracle de Cana, Jésus est venu séjourner quelques temps, nous dit St Jean (Jn 2,12) avec sa mère et ses frères.
Jésus n’avait alors fait que le seul miracle de Cana, puis- que St Jean précisera, le verset d’après le texte lu aujourd’hui, que la guérison de ce fils qu’il va opérer sera le second signe accompli par Jésus (Jn 4,51). C’est sans doute en écoutant Jésus qu’il monte vers Celui dont il pressent qu’Il vient de Dieu, qui seul peut guérir quelqu’un de mourant.
Jésus s’adresse rudement à lui : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez pas ! » (Autrement dit, notre foi en Jésus-Christ dépend-t-elle de signes ou de prodiges ?).
L’intendant ne se démonte pas. Il supplie Jésus d’intervenir avant que son fils ne meure et de manifester ainsi qu’Il est de Dieu. Une seul parole de Jésus répond à cette supplication : « Va, ton fils vit ». Cela suffit à l’homme : il croit en Sa Parole et se met en route. L’efficacité de la Parole de Jésus est vérifiée : à l’heure où Jésus disait « ton fils vit », l’enfant vivait. Dès lors l’homme croit de façon absolue, sans autre qualificatif et sans restrictions (avec sa famille, qui plus est !).
Jésus est vraiment le maître de la vie.
Il demande que l’on ne recherche pas tant les signes et prodiges que l’écoute et la mise en œuvre de Sa Parole.
Cela nous invite à considérer comment nous recevons la Parole de Jésus. Tout d’abord, la connaissons-nous bien ? Sommes-nous familiers de Sa Parole dans les Evangiles ? Où est sa place dans notre vie quotidienne ? Car voici ce que produit la Parole du Seigneur :
Elle éclaire, guide, encourage ; nous remet en question sur nos manières d’être et d’agir pour les conformer au vouloir du Père des cieux. Elle nous ouvre des champs d’action auprès de nos frères qui souffrent ou manquent d’aide, de réconfort. Elle apporte une espérance crédible à ceux qui désespèrent d’eux-mêmes ou de la vie, parce qu’à travers nous, sans forcément parler, est manifestée la douce présence de Dieu et l’amour qu’Il leur porte.
Ø Nourrissons-nous des paroles de Jésus ; méditons-les ; mémorisons-les et professons-les autant en attitudes qu’en paroles, encore moins en discours.
Ø Serons-nous « missionnaires » à notre manière et à notre place envers ceux qui ignorent Dieu ou qui l’oublient ?
Ø En cette journée nationale de prière pour les missions, soutiendrons-nous, par une aide matérielle mais aussi par notre attention, ceux qui, de façon particulière, ont répondu généreusement à l’appel de Jésus fondé sur ses paroles et qui les portent à ceux qui ne les connaissent pas encore ?
Confions-nous à
AMEN !
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HOMELIE 28ème Dimanche ordinaire B.
18h30 et 11h St Lubin – 10/11 Octobre 2009. Mc 10, 17-30
Voici donc la célèbre rencontre de Jésus avec un homme, jeune chez St Matthieu, notable chez St Luc, les trois évangélistes s’accordant pour remarquer qu’il était riche. A la question qui semble essentielle à ses yeux : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus, en bon rabbin, répond par une autre question : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? » Déroutant, n’est-ce pas ; d’autant plus déroutant que nous savons qu’Il est Dieu et qu’Il semblerait faire comprendre qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et que celui-la seul est bon. Ceux qui refusent de reconnaître la divinité de Jésus utilisent ce passage comme preuve donnée par Jésus Lui-même. Eh bien précisément, Jésus nous révèle quelle est la nature du vrai Dieu : non pas Celui de nos rêves et de nos imaginations venant combler tous nos désirs ou nos frustrations, mais Celui qui s’est voulu tellement aimant, proche et respectueux de la liberté de sa créature, l’homme, qu’Il renonce à sa toute-puissance pour ne lui proposer que son amour humble, qui accepte même le refus à son appel et n’en demeure pas moins aimant. Et dans ce même passage de l’Evangile, Jésus ne nous révèle-t-il pas son amour infiniment puissant : « Tout est possible à Dieu »
Jésus, à aucun moment ne se comporte comme un gourou. En Lui, aucun désir de possession, et c’est pourquoi, il répond quand même à son interlocuteur en le renvoyant au Décalogue (les dix Paroles) qu’il connaît bien, en les limitant d’ailleurs à ce que l’on pourrait qualifier de « loi naturelle ». [Marc ajoute même un commandement qui n’est pas dans le Décalogue mais qui résume ceux énumérés: « Ne fais de tort à personne ». Bien utile !]
L’homme riche déclare les observer tous depuis sa jeunesse, sa Bar Mitsva, l’âge où il est devenu « fils d’Israël ».
Alors « Jésus, après avoir posé son regard sur lui, l’aima » Etonnant ! Comme s’il ne l’aimait pas avant ! Voilà bien la manière de faire du Dieu Vivant qui attend notre bonne volonté et notre détermination ; partant d’elle, Il révèle ce qui manque pour accomplir en nous la plénitude de sa présence. Il manifeste un amour plus personnel. « Une seule chose te manque… » Que lui manque-t-il ? « Va ! » (Ne reste pas dans l’état où tu es…) ; « Vends ce que tu as… » (Dépossède-toi de ce que tu as : en fait, tu crois posséder toutes tes richesses, mais n’oublies pas qu’elles sont à Dieu et que tu n’en es que le gérant. Alors, imite ton Dieu : il s’est dépossédé de sa toute puissance : tu viens d’en avoir un modèle sous tes yeux en la personne de Jésus…). « Donne-le aux pauvres… » Puisque tu en as été le bon gérant, puisque tu es riche, fais-en profiter les pauvres : tu donneras un plus grand sens à ta gérance et tu seras déjà en communion avec le ciel, c'est-à-dire Dieu Lui-même… : « Puis viens, suis-moi ! » Suprême invitation à entrer dans la démarche et l’intimité non pas d’un gourou mais d’un Sauveur, Dieu, qui s’est fait notre frère et nous apprend à l’être avec tous.
Que retenir de tout cela ?
Mais ce que vous proposez est impossible !
« Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu » J’ajoute : « Parce qu’Il nous aime qu’Il ne veut rien faire sans nous et… que nous voulons l’aimer »
AMEN !
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HOMELIE 27ème
Dimanche ordinaire B.
4 Octobre
2009. Mc 10, 2-10
« Est-il permis à un
mari de renvoyer sa femme ? »
Question délicate que l’on pose encore bien souvent à
l’Eglise catholique sous la forme suivante : « Pourquoi l’Eglise ne
reconnaît-elle pas le divorce ? ». Il faut, comme le demande Jésus
dans le même passage d’Evangile, accueillir les paroles du Royaume de Dieu avec
un cœur d’enfant, confiant dans l’immense miséricorde divine.
En bon rabbin, Jésus répond à la question par une autre question :
« Que
vous a prescrit Moïse ? » Ils le savent bien :
« Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de
répudiation » ainsi les deux seraient déliés de leur engagement
matrimonial et pourraient se remarier. Mais Jésus commente aussitôt : « C’est
en raison de l’endurcissement de votre cœur… ».
Jésus donne la raison de cette loi, mais il entraîne vers une
autre manière de voir les choses. « Au commencement…à l’origine…en
tête…dans la pensée, l’intention de Dieu…qu’y avait-il ? » Il
y avait l’homme et la femme, créés à son image et ressemblance, capables, par
l’amour qui les unit, de révéler l’amour invisible mais pourtant bien réel de
Dieu. Ils recevaient la vocation de manifester l’amour de Dieu qui donne et qui
accueille sans cesse. Etre un.
Certes,
Jésus sait bien que ce n’est pas toujours facile de répondre à cet appel et que
chacun en amour peut à certains moments vivre un sentiment de frustration, d’échec.
Mais n’y a-t-il pas bien des domaines, autres que la vie conjugale, où les échecs
à vivre l’Evangile peuvent se produire ? Quand il s’agit de pardonner, de
partager, de refuser tout mensonge, toute combine, toute forme de violence en
paroles ou en actes, etc… Cela ne remets pas en cause les intentions de
Dieu : son appel à la sainteté en vivant l’Evangile et en particulier, en
faisant grandir un amour conjugal qui doit s’épanouir dans la durée et
l’engagement pour la vie est toujours là : Il nous fait confiance. A nous
de vivre avec Lui.
Ce
faisant, pour aider à mieux comprendre ce qu’est l’amour conjugal, Jésus ajoute
une parole qui au premier abord peut paraître tranchante et définitive : « Donc,
ce que Dieu a uni, l’homme ne le sépare pas ! » En fait, bien
traduite, cette parole peut considérablement éclairer l’engagement qu’Il demande.
Il est écrit dans le texte original grec, mot à mot : « Ce que Dieu a mis sous le
même joug ». Le mot utilisé par l’Evangéliste Marc (comme Matthieu
d’ailleurs) est unique dans tous les
Evangiles. C’est donc qu’il n’a pas été choisi au hasard. Le Joug : Çà évoque plutôt pour nous quelque chose de pénible : un vainqueur qui soumet,
écrase, tyrannise un vaincu. Mais le sens premier de ce mot est tout
autre : joug : “pièce de bois servant à atteler une paire
d’animaux de trait” écrit l’encyclopédie de Larousse.
Joug vient
du grec : Zugon, zugon, et a pour racine Indo-Européenne “yug”
qui signifie “atteler” (il est de la
même famille que yoga, qui en
sanscrit signifie : “connexion”, principe philosophique et méthode pour
réaliser l’unité entre le physique et le mental, l’esprit). En latin, joug se
dit « jugum » : il a
donné « conjugum » (“avec
le même joug”) et en français « conjugal ».
Cette
petite remarque étymologique nous oriente vers une dynamique d’unité non pas
de fusion
mais de communion. Ainsi Jésus
invite le couple à s’aimer d’un amour de communion. Il ne veut pas que l’un
disparaisse au profit de l’autre, ou que s’établisse entre eux une relation
de “dominant/dominé”, ou encore que l’un
et l’autre soient réduits à l’inconsistance. Ces situations sont à l’origine de
bien des disfonctionnements, des souffrances, qui aboutissent à des
séparations. Au contraire, Jésus invite les conjoints à se donner et s’accueillir,
chacun eux-mêmes, bien vivants, se complétant, faisant naître l'autre à
une vie sans cesse nouvelle et faisant naître la vie par la venue des enfants,
fruits de leur amour généreux, lorsque cela est possible.
La première lecture du livre de la Genèse
montre Dieu cherchant à l’homme « une aide qui lui correspondra » :
mot à mot, écrit en hébreu cette fois-ci, deux traductions sont possibles: Il
chercha un «vis-à-vis » [on
ne se découvre et grandit que grâce aux
autres] ou un « côte à côte »
[on a besoin d’aide, de soutien et de compagnonnage], les deux aspects favorisant
l’épanouissement et le bonheur de l’autre conjoint. Cela ne va pas, bien sûr,
sans tensions ou ajustements, mais un peu comme une paire de bœufs sous le même
joug, “conjuguant” leurs forces et
leurs sens pour tirer des charges inimaginables. « Dieu donne aux époux cette capacité de l’impossible, d’aimer
comme Dieu et d’aimer de l’amour même de Dieu » (
AMEN !