Homélies, photos et évènements
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HOMELIE 1er Dimanche AVENT.
Année B
9h30 St Lubin - 18h30 Ste Bernadette
le 30 Novembre 2008.
Jésus
parle à ses disciples de sa venue, alors qu’Il est là, avec eux. C’est qu’Il
est à deux jours de Pâques : Il va être arrêté, condamné et mis à mort. Il
prévient ses disciples pour qu’ils ne tombent pas dans le désarroi et le désespoir.
Que leur dit-Il ? “Prenez garde:
veillez !” Mot à mot : “Ayez l’œil ! Ne dormez pas”
et même “ne
soyez pas hypnotisés” agr-upvneite
–agr-upneite (hypnose)
Par quoi ?
D’abord par la peur : pour les
Apôtres, celle de son absence et celle de subir le même sort que leur maître.
Pour nous devant les délais de sa venue, peur de nous
être trompés en mettant notre confiance
en Lui. Et puis, nous avons tant de raisons d’être absorbés par tous les soucis
de la vie, les préoccupations qui ne manquent pas de nous envahir; ou bien
par tout ce qui attire, fascine et fait oublier les choses importantes et
surtout les personnes : on passe à côté ! On ne les voit plus !
Jésus par quatre fois nous dit : « Sortez de votre
“hypnose” ! Avez-vous remarqué, l’homme parti en voyage ne laisse pas ses
serviteurs dans l’oisiveté : « Il leur a
donné tout pouvoir, fixé à chacun sa tâche et recommandé au portier de sa
maison de veiller ». Aujourd’hui, Il nous confie
l’Evangile à faire connaître et vivre ; son Eglise, chacun à notre place,
en fonction de nos possibilités. Pas question de s’endormir !
Le vrai danger ne vient pas, pour nous, des persécutions comme
actuellement les chrétiens d’Inde, d’Irak, d’Egypte ou de certains pays
d’Afrique, mais le danger vient de l’assoupissement, de la tiédeur, des
anesthésies intérieures et extérieures, des bonnes raisons du repli sur soi
pour ne plus voir, ne plus entendre, ne plus sentir, ne plus être attentifs, attentionnés…
Car Il est déjà là, comme son Royaume. Il nous le faisait déjà savoir Dimanche
dernier en nous rappelant que “tout ce
que nous faisions au plus petit des ses frères, c’est à Lui que nous le
faisions”.
Veiller, ce n’est pas être passif comme lorsqu’on s’ennuie
et qu’on “tue le temps”. Mais chaque rencontre vraie, chaque appel, chaque
geste, chaque signe d’amitié, chaque parole bienveillante est manifestation de
sa présence et nous rendent bien vivants. De façon plus large, n’y a-t-il pas
nombre de postes de veille dans notre société où nous avons particulièrement à
veiller ? Dans toutes les questions qui concernent la vie en ses débuts,
son cours (famille, éducation, travail, logement, partage des richesses au plan
national et international, travail pour la paix…) et en fin de vie, comme le
Veiller pour qu’Il ne trouve pas notre foi en Lui
« endormie ». De plus, veiller remplit la tête et le cœur de Sa
Présence, voilée, certes, mais réelle, comme le Pain Eucharistié est le signe
visible qu’Il se donne à nous.
Seigneur, en ce temps de l’Avent, tiens-nous en
éveil ; augmente en nous la foi et fais-nous comprendre ce qui compte pour
Toi, ce qui t’intéresse chez nous ; que nous aimions ce que Tu aimes et
regardions avec Ton regard.
AMEN !
HOMELIE CHRIST, ROI de l’Univers – Mt 25, 31-46.
St Lubin 18h30–Le 22 Novembre 2008 à Rambouillet.
“Parabole du jugement dernier”
C’est
ainsi que l’on a coutume de l’appeler, car en effet, il est question de la fin
des temps quand viendra le Christ, Roi de l’Univers. Comme toutes les paraboles
(“para” et “ballô”, jeter à côté un récit, mettre en parallèle…), elles
comporte une “diabole”, ‘jeter en travers’. Elle a donc quelque chose
qui rebute, peut faire trébucher, douter, en tous cas dérange : ici, une diabole
est le sort de ceux qui n’ont pas vu et qui sont condamnés : n’ont-ils
pas, comme nous-mêmes, mille excuses ?… Puisqu’elle est “Evangile”, en
quoi cette parabole est-elle une “Bonne Nouvelle” ?
Tout d’abord, elle ne concerne pas
seulement les croyants, juifs du temps du Christ ou chrétiens
d’aujourd’hui : elle s’adresse « à
toutes les nations ». Elle met en scène le « Fils
de l’Homme » qui vient dans sa Gloire et tous les anges avec Lui :
c’est un grand moment de l’Histoire du monde, la fin de ce temps et le début
d’une ère nouvelle. Ce Fils de l’Homme est Berger. Le texte
d’Ezéchiel, écrit quelques siècles auparavant, ainsi que le Psaume 22 (23),
nous décrivent ce « beau Berger ». Il veille sur tous avec beaucoup
de douceur et prend particulièrement soin des brebis mal en point. Il les mène
toutes vers de beaux pâturages, leur faisant traverser les ravins de la mort.
Que fait alors ce berger ? Il sépare :
nous n’aimons pas tellement cette mesure ; voilà encore une
« diabole ». Elle est là pour nous faire prendre conscience de ce que
nous faisons et nous éviter une énorme illusion : dissocier l’amour de Dieu
de l’amour du prochain, qui est bien concret. Il ne
faudrait pas que nous découvrions, un peu trop tard, que notre attachement au
Christ était factice. Que nous ne le servions qu’en pensée, en parole, mais non
en acte. N’ayant pas vu nos frères dans le besoin, nous sommes passés à côté de
Celui que nous cherchions en l’ignorant.
Au contraire,
Que le Seigneur, qui nous a montré sur les routes et les
villages de son pays comment faire, nous aide par sa parole et par le don de
Lui-même à combattre toute sorte de mal et nous forme à sa manière
d’aimer : elle nous rend si unie à Lui, quelques soient nos faiblesses.
Que nous puissions l’entendre dire à notre égard : « Viens
avec tous les bénis de mon Père ! Viens avec tous ceux qui ont cru et mis
en pratique cette compassion divine au cœur de notre propre humanité ».
AMEN !
Un Dieu, maître
sans pitié pour ceux qui ne “produisent” rien ?
La Parabole des Talents (Mt 25, 14-30).
A
lire cette parabole au premier degré, ce maître que Jésus présente comme image
de Dieu est franchement rebutant ! Immensément riche, dur, autoritaire,
sans cœur… bref pas du tout ce que nous essayons d’imaginer du Dieu de Jésus.
Alors, pourquoi cette Parabole ?
Lisons
bien la parabole : qui nous fait le
portrait détestable de ce maître ?
Les deux
premiers serviteurs ?
Comment le laissent-ils entrevoir, eux ? D’abord, ils reçoivent
leurs talents comme des dons. Le maître en effet remet au
premier cinq talents, au second deux. “Remet”=Donne :
(en grec, didomi) le mot désigne le
don que l’on fait, dans un héritage par exemple (comme pour l’enfant prodigue :
Lc 15, 12). Il donne donc sans intention de reprise.
Il lui transmet ainsi les pleins pouvoirs sur ses biens qui ne sont plus les
siens. Il fait plus : Il respecte chacun en leur donnant “chacun selon ses capacités”, c’est à dire, selon la force qui est propre à
chacun d’accueillir des responsabilités. Il est juste, délicat même !
Puis
Il part, longtemps…Là encore, après avoir donné, Il fait
confiance, dans une plus grande liberté laissée aux
serviteurs du fait de son absence.
Aussitôt,
celui qui a reçu cinq talents “va œuvrer
avec” dit le texte : il les travaille, les
transforme, les fait valoir et les deux premiers serviteurs gagnent chacun la
somme équivalente à celle que le maître leur avait confiée : cinq pour
l’un, deux pour l’autre. La production est bien sûr inégale, mais le
comportement est identique. Inégaux dans “l’avoir”, ils sont semblables dans ce
qu’ils sont : des créateurs, des “fructificateurs” !
Que
pensez-vous de ce maître ? Ne serait-Il pas vraiment Le
Créateur,
L’éveilleur
en humanité. Ne l’a-t-il pas faite à son image, comme sa ressemblance,
donc créatrice ?
Lorsqu’Il vient…
(Il n’est pas écrit “lorsqu’Il revient” !) . S’Il re-venait,
ce serait pour régler ses comptes. S’Il vient, ne serait-ce
pas parce qu’Il est intéressé de se rendre compte de ce que ses
serviteurs ont fait des talents donnés (Lui qui est immensément riche,
avait-t-Il besoin de la plus value de ses serviteurs ?). L’Evangile invite
davantage à assister à un compte-rendu de l’usage que les serviteurs ont
fait de leurs dons, plutôt qu’à un règlement de comptes !
D’ailleurs,
lisons bien pour nous permettre de mieux comprendre.
L’Evangile
écrit : “Celui qui a reçu 5 talents
s’approche en apportant cinq autres, disant : ‘Maître, tu m’as
remis cinq talents. Vois ! Cinq autres j’ai gagnés !’ - Très
bien serviteur bon et fidèle…” Avez-vous fait attention ? Le serviteur
ne présente pas dix talents, mais les cinq qu’il a gagnés, son œuvre à
lui, preuve qu’il a bien compris que son maître lui avait donné les
cinq premiers talents.
Quant
au maître, Il peut voir, se rendre compte qu’il a bien placé sa confiance dans
ces deux serviteurs. Il peut
alors consacrer ces serviteurs, non plus dans ce qu’ils ont ‘en plus’ mais dans
ce qu’ils sont devenus, semblables à leur maître, capables de créer, de
faire fructifier. Ce maître retrouve des serviteurs à qui Il peut confier
beaucoup, qui peuvent entrer dans la joie de leur maître. Et tout cela est bon,
comme au temps de la Création où Il avait demandé à l’homme de la faire fructifier.
Tout
autre est l’attitude du serviteur qui n’a reçu qu’un talent, lui aussi ‘selon
ses capacités’. Il est d’usage de s’apitoyer sur lui, mais regardons bien son
comportement. Il n’a pas compris que le Maître lui donnait, comme
aux autres, son talent (somme colossale correspondant à 17 ans de
salaire !). Se défiant de Lui, (même attitude à l’origine du premier péché,
dit “péché originel», souvent inconscient, inavoué mais caché au fond du cœur
de l’homme), il va se fabriquer une idée détestable de ce maître, exigeant,
dur et sans appel, un maître qui va revenir demander des comptes. Cette
idée va polluer sa pensée, son cœur, son imagination, si bien qu’il sera
paralysé et qu’il n’aura même pas l’initiative de déposer son talent à la
banque pour le faire fructifier : il l’a enfoui, enterré : comportement de
mort, comme le regard qu’il porte sur son maître.
La
raison de cette parabole ?
Pas
seulement de nous faire savoir que Dieu attend que nous fassions fructifier nos
talents.
Mais
aussi et surtout nous interroger sur l’image de Dieu que nous avons dans la
tête ? Dans le cœur ?
Le
voyons-nous comme un personnage, sans état d’âme, qui nous demanderait de faire
fructifier ses biens et viendrait régler ses comptes avec nous jusqu’au dernier
centime ? Un dieu d’une exigence telle qu’il ne pourrait qu’engendrer
l’inquiétude et la peur de ne pas être à la hauteur ?
ou
comme quelqu’un qui nous donne de ses biens, à chacun selon nos capacités,
sans intention de reprendre, mais en nous faisant confiance, en nous voulant
“créateur” comme Lui ?
…Et
qui n’attend qu’une chose : nous donner davantage et nous faisant
entrer dans sa joie.
Faut-il ajouter
ce qui suit ?
“A
tout homme qui a, (parce qu’il a fait
fructifier le don qui lui est fait, parce
qu’il fait confiance à Celui qui lui donne) l’on donnera et il sera dans la
surabondance ;
mais
à celui qui n’a pas (parce qu’il ne croit
pas au don et ne fait pas confiance à Celui qui lui donne), même ce qu’il a
(le don qui lui a été fait) lui sera
retiré”.
Mais
pire, il restera enfermé dans sa défiance et sa pensée mortifère : c’est
peut-être cela les “ténèbres et les grincements de dents”.
HOMELIE JOUR des DEFUNTS
Ste Bernadette 18h30–Le 2
Novembre 2008 à Rambouillet. Luc 12,35-40
L’Evangile de ce jour consacré à la prière pour les Défunts
nous présente deux courtes paraboles.
La
première concerne l’attente des serviteurs pour le
retour de leur maître et la révélation totalement inattendue de ce maître qui,
à son arrivée, se met à les servir. Voilà la communion de vie que le Seigneur
nous propose dès à présent et qu’il propose à nos défunts dans le monde qui
vient. Heureux sommes-nous, heureux sont-ils ! Une nouvelle “Béatitudes”
après celles d’hier.
La
seconde parabole nous annonce l’ignorance totale du jour et de
l’heure de la venue de ce maître qu’est le Christ. Ce n’est pas pour nous
inquiéter (nous serions beaucoup plus stressés si nous connaissions cette
échéance !). Jésus nous montre que ce qui importe, c’est que nous soyons à
notre place de serviteur, c'est-à-dire, unis à Lui par la prière quotidienne
(où nous pouvons chercher avec Lui la volonté du Père) ; écoutant sa
Parole et la mettant en pratique ; vivant non pas seulement pour nous-même,
mais pour Lui et nos frères : bref, les Béatitudes que nous avons
entendues hier, “veiller” à les traduire dans notre vie.
Non, nous ne sommes pas “nés
du hasard” comme le prétendent certains incroyants que dénonce
le livre de la Sagesse, écrit environ
cinquante ans avant Jésus Christ. Et il ajoute : « Dieu a créé l’homme pour une existence
impérissable : Il a fait de lui une image de ce qu’Il est en
Lui-même » (Sg 2,23). Oui, nous avons été voulus et aimés
par Dieu Lui-même “avant même la
création du monde” écrit St Paul dans son action de grâce du début
de la Lettre aux Ephésiens (Ep 1,4). Et même si la création et beaucoup d’entre
nous sont “dans
les douleurs de l’enfantement”, nous marchons vers
un monde nouveau qui met du temps à naître où « Il
essuiera toute larme de nos yeux [leurs]: de mort, il n'y en aura plus; de pleur, de cri et
de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé ». (Ap 21, 4) dit
le voyant de l’apocalypse.
Cependant, loin de nous faire attendre de façon passive cet
avènement, nous sommes invités par Celui qui est “venu en ce monde” a
accueillir le Règne de son Père qui est au cieux et qui est déjà là, puisque le
Christ l’a inauguré.
En Jésus qui est au milieu de nous
quand nous sommes réunis en son Nom, comme à présent, goûtons déjà cette vie
que nous pressentons comme la “vraie vie” ; soyons en communion avec nos
défunts pour qu’ils puissent, eux combien plus, goûter à cette vraie vie, et
prions l’Esprit Saint, qui nous a été donné et que nous avons reçu, de les
rejoindre un jour quand Dieu voudra, délivré du « vieil
homme qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes »
pour être « renouvelé par une
transformation spirituelle de notre jugement et revêtir l'Homme nouveau, qui a
été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité ».
(Ep 4,22-24). Voilà donc quelle est notre foi, voilà quelle est notre
espérance, pour nos défunts et pour nous-même. Béni soit le Seigneur qui veut
que nous habitions dans sa maison (Ps 26) et qui nous y attend !
AMEN !
HOMELIE TOUSSAINT
Ste Bernadette 9h30–Le 1er Novembre 2008 à
Rambouillet.
Les Béatitudes
Heureux !
“makarioi” !
Béatitudes que Jésus proclame sur la montagne comme un certain Moïse avait reçu
les “Dix
Paroles”, au Sinaï, sur le Mont Horeb. Comptez
bien : il y a neuf béatitudes et Jésus termine par : “Réjouissez-vous” “Kaïrètè” même racine que “makarioi”. Cette fois-ci, pas
d’interdits : seulement des propositions ou plutôt des déclarations du
bonheur vrai. Elles sonnent comme un véritable défi. A rebrousse poils de ce
qui serait : “Heureux les riches, les forts qui écrasent les autres pour
arriver à leur fin ; les violents qui ne cherchent pas la paix, mais à
dominer ; heureux ceux qui refusent de pardonner, qui rendent coup pour
coup ; heureux les rieurs, tournant les autres en dérision ; heureux les
débrouillards qui savent faire des entorses au droit, au fisc et tout ramener à
leur profit…” Ils sont sans doute heureux un moment, mais de quel
bonheur ? Quels soucis, voire même quels tourments en contrepartie !
Et que d’ennemis ne se font-ils pas, car en fin de compte, ils restent seuls
avec eux-mêmes. Pensez à l’homme riche reparti tout triste, le cœur lourd
n’ayant pu se détacher de ses richesses et faire le bon choix dans sa vie.
Au
contraire, Jésus déclare : “Heureux les pauvres de cœur !
Littéralement : “Heureux les petits de souffle”. Les pauvres,
ce sont les “dos courbés”, ceux qui ont sans ressources… Cœur : “pneuma” : L’esprit, le centre de
notre volonté, de nos décisions, de notre courage. Heureux ceux qui ont le
souffle court, et donc qui ne se gonflent pas d’orgueil, ne sont pas
volontaristes, refusent de passer en force et qui ne sont pas remplis
d’eux-mêmes : ils ont de la place pour Dieu et leurs frères !
Cette béatitude commande toutes les autres : elle est au présent, alors
que la plupart des autres sont au futur : “Le
Royaume des cieux est à eux”. Le Royaume des cieux, c’est l’espace
divin : ils sont donc dans cet espace-là et Dieu leur est présent de façon
invisible encore, mais bien réelle.
Jésus nous
entraîne au Bonheur de la relation vraie.
Tout
d’abord, relation avec soi-même.
Est-ce que je m’accepte comme je suis, connaissant mes manques et comptant sur
les autres et sur Dieu pour les combler ? Qui suis-je pour tromper mes
vides en cherchant à avoir toujours plus, alors que d’autres n’ont même pas le
minimum pour vivre décemment ? Qui suis-je pour juger, ramenant tout à ma
façon de voir, de faire ? Etc…
Ensuite,
relation
avec les autres : “Tout
ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour
eux : là est la Loi et les Prophètes” Mt 7,12. Cette parole de Jésus
se trouve à la fin du sermon sur la montagne inauguré par les Béatitudes. Elle
dit l’essentiel de la volonté que Dieu a révélé à son peuple dans la Loi et les
Prophètes. Elle est toute simple et conduit à une joie et un bonheur qui vient du
partage : je ne suis plus seul et je communie aux autres : j’existe
avec eux, je vis de façon plus grande et intéressante.
Enfin,
notre
relation avec Dieu. Vivre les Béatitudes, c’est être comme Jésus qui
les a parfaitement illustrées ; c’est donc chercher à devenir son enfant
autant que nous le pouvons et déjà goûter son amour et sa présence, accordé à
Lui, uni à Lui.
Les saints ont vécu l’une ou l’autre de
ces Béatitudes, chacun selon ce qu’ils étaient. Ils nous disent : “C’est
possible ! ” Heureux ! “Makarioi”
ne signifie-t-il pas aussi en grec, Bravo, ! Félicitations ! Vous
avez tout compris ! Et en hébreu : “Ashréi”
En marche !
Comme eux, et tout particulièrement comme sainte Bernadette, qui a vécu la première de ces béatitudes de façon étonnante de bon sens et d'humilité, choisissons une Béatitude et
jour après jour, vivons-la en grandissant humblement en fille et fils de Dieu, ensemble,
pour le monde aussi, afin qu’il découvre
la présence de Celui qui est avec nous, qui nous aime comme un frère et veut
nous faire rejoindre cette multitude de frères qui nous ont précédés dans le
bonheur auprès du Père.
AMEN !
29ème
Dimanche Ordinaire – 19 Octobre 2008
18h30 Ste Bernadette
“Rendez
à César ce qui est à César…
Et
à Dieu, ce qui est à Dieu” Mt 22,21
L’intention des pharisiens et des partisans d’Hérode est
malveillante : ils veulent prendre Jésus en défaut. Après une introduction
élogieuse mais tellement hypocrite, reconnaissant la droiture et la justice de
leur interlocuteur, ils lui demandent son avis sur le paiement ou non de
l’impôt à l’empereur. Leur question est très habile, car Jésus est acculé à
dire oui ou non.
S’Il dit oui, Il sera considéré comme un
collaborateur de l’occupant romain et perdra tout son prestige et son autorité
auprès du peuple opprimé par ces mêmes romains.
S’Il dit non, Il sera considéré comme un
opposant et dénoncé pour être emprisonné : ses adversaires en seront
débarrassé !
Comment Jésus
va-t-il s’en sortir ?
En bon pédagogue et parce qu’il aime comme Dieu les aime ses
ennemis, Jésus dénonce d’abord leur hypocrisie. Puis Il se livre à une petite
démonstration toute simple : “Montrez-moi la monnaie de l’impôt”
leur demande-t-il. Ils lui présentèrent une pièce d’argent. Il leur dit : “ Cette
effigie et cette inscription, de qui sont-elles?
”
On a traduit par “effigie” le mot du texte original “icône”. L’icône de la pièce d’argent
pour le denier est celle de César, alors : “Rendez à César ce qui est à
César… Et à Dieu, ce qui est à Dieu”
Mais qui donc est
l’icône de Dieu ?
Bien sûr, on pense tout de suite au Christ. Paul écrit : “Il
est l’image (l’icône) du Dieu
invisible, le premier-né de toute créature” Col 1, 15.
Mais où trouve-t-on encore cette référence à l’image de Dieu ?
Elle est nommée tout au début de la Bible : “Dieu
créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa…” Gn 1, 28. Or
dans la Bible grecque des LXX (Septante), le mot image est le même que celui de
l’évangile : « icône ».
De plus, en hébreu, le mot a une signification toute
particulière : l’image,
Pour beaucoup, l’homme a trahi ce merveilleux désir de Dieu et
défiguré son image. Ce qui faisait dire à Voltaire de façon ironique : “Dieu a créé l’homme à son image et celui-ci
lui a bien rendu !”
Dans son désir de sauver ses adversaires, Jésus les invite à
retrouver de façon très inattendue, ce à quoi Dieu son Père les a appelés. Il
faut donc que l’homme soit “rendu à
Dieu” autrement dit qu’il redevienne ce qui est sa vocation première :
révéler Dieu à la création entière, manifester sa présence dans un monde qui l’ignore,
montrer partout que l’amour qu’Il nous donne est plus fort que la mort et son
cortège de malheurs et de souffrances.
En Jésus, parfaite icône du Père, c’est chose faite.
Il nous reste à chacun de devenir, jour après jour, “icône de Dieu”.
En cette journée mondiale consacrée à la mission dans le monde, n’est-ce
pas cela qui nous est demandé ? N’est-ce pas cela que font les
missionnaires, prêtres, religieuses et religieux, mais aussi de nombreux laïcs,
comme il nous l’a été présenté Jeudi dernier par
Je terminerai par le propos
“…et nous tous qui le visage dévoilé reflétons la gloire du
Seigneur, nous sommes transfigurés en cette même icône, avec une gloire
toujours plus grande, par le Seigneur qui est Esprit” 2 Cor 3, 18
AMEN !
28ème Dimanche Ordinaire – 12 Octobre 2008
11h St Lubin – 18h30 Ste Bernadette
“Beaucoup en effet sont appelés, mais peu sont élus” Mt 22,14
Cette Parole du Christ conclut la parabole du festin de noce. Elle pourrait faire frémir si cette parabole ne disait exactement le contraire, puisqu’un seul invité finalement est exclu de ce festin.
Comme bien souvent dans les paraboles, il y a des extravagances, des comportements étonnants pouvant mettre mal à l’aise :
- Qui sont ces invités qui refusent de se rendre à des noces, alors que bien de nos contemporains traversent aujourd’hui la France entière pour ne pas en manquer une ? Qui sont ces invités qui maltraitent et même tuent les envoyés du roi ?
- Quel est ce roi, qui, après avoir convié ses invités, envoie ses troupes punir les meurtriers et massacrer leurs villes ?
- Quel est ce roi qui s’obstine à vouloir, coûte que coûte, remplir la salle de noces de convives, avec des “mauvais et des bons”, que les serviteurs ont été cherché mot à mot “jusqu’à la sortie des chemins”, c’est à dire le point où l’on sort d’un pays, la frontière ?
Cette première partie de la parabole exprime l’immense désir, allant presque jusqu’à l’obsession, d’un Dieu qui veut voir tous les hommes rassemblés pour les noces de Son Fils avec l’humanité. La parabole manifeste l’universalisme du salut et la gratuité de l’appel.
La deuxième partie présente un aspect tout à fait autre de ce festin de noce qui n’est pas non plus sans poser question. Le roi vient visiter les convives et il remarque qu’il y en a un qui n’a pas le vêtement de noces. Que peut bien signifier ce vêtement de noces ?
Dans la Bible, les significations du vêtement sont diverses et nombreuses. Non seulement le vêtement est indispensable pour vivre [Si 29,21 ; 1 Tm 6], mais il caractérise l’individu et sa fonction : prophète, roi, grand prêtre, esclave, ainsi que son état : fête/travail ; apparat/deuil… Quant aux expressions, elles ne manquent pas ; “déchirer ses vêtements” face à une provocation ou un blasphème (procès de Jésus) ; “toucher la frange du manteau” pour en retirer quelque bienfait (femme hémorragique auprès de Jésus, Lc 8,44; ne pas souiller ses vêtements, Ap 3,5, c’est à dire ne pas pécher ; laver ses vêtements, donc se purifier ou être purifié ; déposer/reprendre son vêtement, équivaut à servir (lavement des pieds), se tenir prêt…Enfin, le vêtement révèle l’intégrité définitive de l’homme : Dieu fait des tuniques à Adam et Eve, Gn 3,21; le père revêt l’enfant prodigue d’une nouvelle robe, Luc 15, 22 ; Jésus est transfiguré et ses vêtements éblouissants révèlent qui Il est réellement, Mc 9,3. Paul reprendra la symbolique du vêtement pour déclarer qu’avec le Christ, nous dépouillons le vieil homme et ses prétentions pour revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu, Ep 4, 22-24. En Ga 3,27 “Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ”. Tout homme, à son Baptême, est ainsi revêtu du vêtement blanc des noces et, invité à recevoir le Corps de Son Seigneur, il s’entendra dire : “Heureux les invités au repas du Seigneur”.
Quant à l’homme de la parabole qui ne porte pas le vêtement de noce, il n’est pas dit qu’il est mauvais. Il est simplement dit qu’il resta muet. L’invitation au festin de noces ne l’a pas changé ; l’appel à se réjouir, à être associé au bonheur qui lui est offert, à rendre grâces à Celui qui l’a invité, le laisse cois, sans réponse, (mot à mot “muselé”). Ainsi pour que cette parabole, qui ouvre à tous l’invitation au festin, ne soit pas comprise de travers, laissant croire que, quoiqu’on fasse, comme le disait le titre d’une chanson : “On ira tous au paradis…”, Jésus a mis en présence cet homme qui ne portait pas le vêtement des noces éternelles demandant que nous revêtions l’habit de noces, que nous “revêtions Jésus Lui-même”, que nous Lui soyons unis.
Quant à savoir combien il y aura d’élus ? Jésus ne répond pas. Il le fait indirectement comme dans un autre passage d’Evangile quand on Lui pose la même question : « Quelqu'un lui dit: “Seigneur, n'y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés? ” - Il leur répondit: « Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite. » Lc 13, 23-24. Autrement dit, prenez vos responsabilités, je ne ferai rien sans vous. Le grand nombre des élus dépend donc et de l’effort de chacun et de la miséricorde divine.
Mais pour notre plus grande espérance et notre plus grande joie, le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, lève le voile sur cet avenir et nous montre ainsi la cité céleste : « Après quoi, voici qu'apparut à mes yeux une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue; debout devant le trône et devant l'Agneau, vêtus de robes blanches, des palmes à la main… » Ap 7, 9 AMEN !
HOMELIE 26ème Dimanche
Ordinaire. Année A. 28 Sept. 2008
18h30 St Lubin-9h30 Ste Bernadette- Mt 21,
28-32
Les deux fils.
Dimanche après
dimanche, la Parole de Dieu nous ouvre des perspectives nouvelles qui souvent
nous étonnent et plus encore nous prennent à contre-pied de ce que nous pensons
habituellement : ouvriers de la dernière heure rétribués comme ceux qui
ont travaillé tout le jour ; “Exaltation de
Mais justement, ces paroles ne nous
indiquent-elles pas « les dispositions que l’on doit avoir dans le Christ
Jésus » ? Quelles sont-elles ? Une patiente attente de
notre part à l’égard du « méchant »
(Ez 18) et garder l’espoir de son repentir après son refus. Ne garder aucun
ressentiment contre lui et ne pas vouloir lui faire “payer” sa conduite
passée : au contraire, lui exprimer la joie qu’il se convertisse, qu’il
revienne, qu’il se réconcilie et rétablisse des relations avec Dieu et avec ses
frères rendues plus fortes. N’est-ce pas ce, qu’à l’occasion, nous aimerions
que l’on fasse pour nous ? Qui pourrait prétendre n’être pas pécheur ?
Cette petite
parabole nous révèle deux enseignements
D’abord, la parole ne suffit pas : il faut agir, car ce que nous faisons
manifeste notre identité profonde.
Ensuite, pour celui qui s’est mal engagé
et a commencé par dire non à la volonté du Seigneur, il existe la possibilité de revenir sur sa décision.
Alors, en se convertissant, il change d’identité : de publicain exploiteur
ou de prostituée, ils deviennent fils ou fille du Royaume de Dieu.
On
ne peut figer un être humain dans un état moral définitif, car s’il se
convertit, le “méchant’ » devient juste, et s’il se pervertit, le “juste”
devient méchant, comme l’exprime si simplement le prophète Ezéchiel dans la
première lecture. Quelque soit le poids du passé, c’est le comportement présent
qui indique ce qu’un homme est ou ce qu’il est devenu.
Aimerons-nous
seulement Dieu en parole, comme le second fils : « Oui, Seigneur ! »
et qui ne fait pas. Ou bien, nous
laisserons-nous “ajuster” par Lui à sa demande, comme le premier fils, qui
dit : « Non, je ne veux pas ! » et qui, pris de
repentir, fait la volonté du
père ?
Merci, Seigneur !
Malgré nos refus spontanés, souvent instinctifs et trop rapides, Tu sais
attendre, tu nous connais et « Dans ton amour, tu ne nous oublie
pas » Ps 24(25) v.7.
Apprends-nous à
avoir, le plus tôt possible, la même disponibilité à te dire « Me
voici !...Parle, car ton serviteur écoute » comme le jeune
Samuel (1Samuel 3, 1-11) ou comme
AMEN !