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4° Dimanche ordinaire Année C - Jésus à la synagogue de Nazareth Lc 4,21-30

Par Guy :: 26/01/2010 à 20:21 :: Homelies

HOMELIE 4ème  Dimanche Ordinaire  C – 31 Janvier 2010

 

 

« Mais Lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin ».

 

 Phrase bien énigmatique face à l’agressivité déchaînée des habitants de son village. Cela ne vous fait pas penser à une autre situation où Jésus va être conduit en-dehors de la ville, jusqu’à un escarpement, pour être précipité en bas ? Jérusalem, le rocher du Golgotha où il sera précipité dans la mort. Mais Jésus n’est qu’au début de son ministère et tout au long, Il va essayer de faire comprendre à son peuple que Dieu son Père aime tous les hommes, ceux qui lui sont proches grâce à sa Révélation, et ceux qui sont loin et n’ont pas reçu cette Révélation.

Les habitants de Nazareth, familiers de Jésus, refusent de voir en Lui plus que le « fils de Joseph, le charpentier ». Et bien même qu’ils aient entendu parler des signes merveilleux qu’Il a opérés à Capharnaüm et dans d’autres villages, ils restent insensibles à la Parole que Jésus : “Cette Parole de l’Ecriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ” Lc 4, 21. Jésus se comporte en prophète.

“Prophète” : vient de profètès (sprofhthV = “qui dit devant”, qui annonce, déclare, apporte la lumière).

 

Aujourd’hui, il nous est demandé de parler de Dieu, de témoigner de Lui : comment le faisons-nous ? Quel Dieu présentons-nous ? Quelle image avons-nous de Lui ?

Un Dieu qui nous surveille, sanctionne les manquements à ses lois et punit nos péchés, exigeant de nous une conduite sans faille, une pureté sans reproche ?

Un Dieu qui nous libère et annonce une Bonne Nouvelle aux pauvres de tout genre que nous sommes tous, plus ou moins ?

Paul, dans l’extrait de la lettre qu’il adresse aux Corinthiens, et que nous avons entendu aujourd’hui, nous invite à une belle conduite reçue, non pas comme un programme à exécuter mais comme un don de Dieu que nous avons à solliciter. « Dieu est Amour », écrit St Jean 1 Jn 4,8.

Remplaçons le mot amour, “agapè” en grec, par Dieu : « Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, s’il me manque Dieu, cela ne me sert de rien.

                   Dieu prend patience; Dieu est serviable; Il  ne jalouse pas; Dieu ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; Il ne fait rien de malhonnête, ne cherche pas son intérêt, Il ne s’emporte pas, n’entretient pas de rancune; Il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais Il trouve sa joie dans ce qui est vrai. Il excuse tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout. Dieu  ne passe jamais ».

Et s’il nous était difficile de l’appliquer à Dieu, qui est tellement autre que ce que nos mots ou nos images peuvent en dire, appliquez-le à Jésus : là, pas de problème !

 

N’est-ce pas une “voie supérieure à toutes les  autres” qui nous conduit au vrai Dieu, Celui qu’au nom de notre vocation baptismale, nous avons à “prophétiser” en parole et en actes ?

 

                  

                    

 

 

 AMEN !

3° Dimanche ordinaire Année C - Débuts de l'Evangile de St Luc et du ministère de Jésus

Par Guy :: 22/01/2010 à 18:17 :: Homelies

HOMELIE 3ème  Dimanche Ordinaire  C – 23/24 Janvier 2010

18h30 – 11h St Lubin – Lc 1, 1-4; 4, 14-21

 

 

L’Evangile d’aujourd’hui est fait d’un montage scripturaire qu’autorise la liturgie de l’Eglise : il commence par le chapitre 1 qui est une introduction à l’Evangile de St Luc. Puis l’Evangile continue par un passage du 4ème chapitre qui introduit le ministère de Jésus et présente le programme de sa mission. Quel est-il ? « Porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur ».Lc 4,18-19

 

          Voilà son programme : toute son énergie et son attention, vont être consacrées à le réaliser jusqu’au dernier souffle sur la Croix. Et Luc a bien fait son enquête, rassemblé les éléments auprès de témoins oculaires, qu’il a lui-même vérifiés et non pas comme ces évangiles qui ont proliférés plusieurs dizaines d’années voire de siècles par la suite, que l’on remet au goût du jour aujourd’hui, prétextant que l’Eglise les avaient cachés. On les a d’ailleurs désignés par apocryphes.de “apokruptw, apokupto” caché->crypte Nos quatre évangiles ont été retenus en raison du sérieux de leur composition et surtout, parce qu’ils ont été accueillis et gardés par toutes les communautés chrétiennes naissantes.

 

          Ce programme n’a rien d’un programme pour attirer les suffrages. Il est Parole de Dieu, reprise du prophète Isaïe, célébrée à la synagogue dans le contexte de prière hebdomadaire d’un peuple en attente de son Dieu, ce Dieu qui lui a promis depuis très longtemps sa visite en la personne de son Messie. Et voilà que cette prophétie s’accomplit en la personne de Jésus. Elle n’est plus des mots, des idées : elle une personne, Jésus. C’est de la personne de Jésus qu’aujourd’hui se réclament les chrétiens de toutes les Eglises et Communautés, dont la nôtre, de par le monde. Qu’est-ce qui peut bien nous rassembler malgré nos désunions ?

 

          Ecoutée et partagée entre nous, la Parole de Jésus est notre trésor commun que nous n’avons pas fini de découvrir  et de mettre en pratique. Ensemble, elle nous fait avancer vers notre unité au sein de nos familles, de nos communautés et de nos Eglises encore séparées.

          Elle nous donne des points de repères solides dans un monde déboussolé, en particulier lorsqu’il oublie et ne tient pas compte des petits, des opprimés de tous genres et des sans voix.

          Elle change notre regard sur les frères et sœurs moins gâtés par la vie et comme l’exprimait si bien St Paul dans la deuxième lecture, nous les font découvrir comme les membres de notre Corps. Elle nous conduit, à travers eux, vers Celui qui s’est fait l’un d’entre eux, le Seigneur Lui-même.

 

          Que ces dimanches, où semaines après semaines, nous entendons la Parole de Dieu et pouvons accueillir le Verbe de Dieu, Jésus, qui s’est fait Pain de Vie pour nous nourrir de son Corps, nous puissions nous réjouir et nous en fortifier et marcher vers l’unité.

 

« Ce jour consacré à notre Dieu est un jour de joie : alors, que la joie du Seigneur soit votre rempart ! »

. AMEN !

2° Dimanche ordinaire Année C - Noces de Cana Jn 2,1-11

Par Guy :: 15/01/2010 à 23:02 :: Homelies

HOMELIE 2ème Dimanche Ordinaire  C – 13.14 Janvier 2010

 

Les Noces de Cana (Jn 2, 1-11): cherchez la mariée !

 

Une des premières démarches de Jésus lorsqu’il inaugure sa vie publique, c’est de se rendre à des noces. Ne serait-ce pas pour manifester que les noces humaines où se dessinent les plus grands espoirs d’amour, mais aussi les plus grandes déceptions sont à être habitées par l’Esprit d’amour qu’Il répandra dans les cœurs, au point de faire des Noces le signe privilégié du lien qui l’unira à son Eglise ? 

Si le sens général en est clair, le récit de St Jean recèle cependant bien des difficultés qui rebutent les lecteurs ou les auditeurs. Et en premier lieu, n’est-il pas étonnant que dans un récit de noces, il ne soit jamais question de la mariée. Et si nous y regardions de plus près ?

Qui est présent à ces Noces ? La « mère de Jésus » qui, dans l’évangile de Jean, n’est jamais appelée Marie ; et elle n’est mentionnée qu’ici et au pied de la Croix. Jésus est invité, avec ses récents disciples. Il y a aussi les serviteurs, le maître du repas et l’époux.

« On manqua de vin » Erreur de prévision quant au nombre des invités ? Pingrerie de la part de la famille des mariés ? Gloutonnerie de la part des invités, qui « consomment » jusqu’à l’ivresse-plaisir-évasion de la pauvre condition humaine ? Rien n’est précisé, mais la mère de Jésus a deviné le risque de ratage de ces noces et elle se tourne vers son fils qui n’a pas encore réalisé de miracles. Au constat du manque de vin que lui adresse sa mère, Jésus répond d’une manière qui peut nous choquer : mot à mot : « Femme, quoi à moi et à toi ? ». Femme : Il appellera ainsi sa mère du haut de la Croix : « Femme, voici ton fils » désignant le disciple bien-aimé à côté d’elle (Jean 19, 26). Rien d’offensant ou de méprisant, mais au contraire un appel à la femme et à sa capacité d’être mère, de concevoir, d’enfanter et de donner vie. « Quoi à toi et à moi ? » Non pas un étonnement du Christ ou une fin de non recevoir, qui seraient contredits par ce qu’Il va faire par la suite, mais plutôt une question qu’Il adresse à sa mère pour qu’elle découvre le sens de ce qu’Il va faire, alors même que « son heure n’est pas encore venue ». Quand viendra-t-elle, en effet, cette heure ? « Avant la fête de la Pâque, Jésus sachant que son heure était venue, l’heure de passer de ce monde à son Père… » (Jean 13,1). Suivent le lavement des pieds et la Sainte Cène (que Jean ne raconte pas) où Jésus prend une coupe de vin et déclare : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour vous… » (Matthieu 26,27). Ce signe sera concrétisé, une fois pour toutes, sur la Croix, le lendemain, et la mère de Jésus sera là, entrant avec souffrance dans le « Mystère de la Foi ». Le texte liturgique de ce dimanche omet le début du verset, qui pourtant oriente vers le sens du récit. « Et le troisième jour, il y eut des noces… » Trois jours après la promesse faite à Nathanaël : « Tu verras des choses bien plus grandes… » (Jean 1, 50). C’est le commencement des signes qui s’achèveront par le grand signe de la Résurrection, trois jours après “l’heure” de Jésus et l’effusion de l’Esprit Saint. A la question de Jésus, sa mère répond: « Faites tout ce qu’Il vous dira ». Mais sait-elle à ce moment même ce qu’il va faire et s’il va le faire ? Acte de foi-confiance totale.

S’enclenche alors une activité intense : Jésus commande, fait puiser environ 600 litres d’eau. Il y a 6 jarres en pierre pour les ablutions rituelles des juifs ; elles sont non manoeuvrables ; il semble qu’elles aient été là, vides, donc non utilisées, comme si les rites de la Première Alliance avaient été abandonnés. Mais Jésus s’en sert pour marquer la continuité avec cette première Alliance voulue par son Père et qui a façonné pendant des siècles son peuple. « Remplissez » « Puisez…Portez … ». Il ne dira rien de plus, discret. Tout se passe ensuite entre l’époux et le maître du repas  qui s’étonne qu’il ait gardé le bon vin après que les gens aient bien bu. Aucun émerveillement de sa part, pas plus que d’enquête pour savoir d’où venait ce vin. Mais cela n’a pas échappé à d’autres témoins : ce sont les disciples. Ils ont vu le signe : ils rejoignent la mère de Jésus et croient en Lui.

Ce repas annonce un autre repas des Noces de la Nouvelle Alliance, évoqué ci-dessus, quand l’heure sera venue où le Fils de la mère de Dieu épousera la “mariée” (la voilà !), l’humanité en la personne de ceux  qui croiront en Lui, ses disciples. Ils deviendront en même temps les enfants de la mère de Dieu, Marie, mais aussi, Marie, mère de l’Eglise.

 

 

 

 

AMEN !

BAPTÊME de JESUS Année C Lc 3.15-22

Par Guy :: 08/01/2010 à 17:26 :: Homelies

HOMELIE BAPTÊME de JESUS

11H St Lubin 10 Janvier 2010 - Luc 3.15-22

 

Dimanche dernier, nous célébrions la Fête de l’EPIPHANIE: (Epifa neia)  “manifestation” de Jésus aux mages païens qui le reconnaissent comme Dieu. Le Temps de Noël s’achève par la célébration d’une nouvelle Epiphanie, 30 ans après, celle du BAPTÊME de Jésus. Pourquoi Jésus demande-t-il le Baptême, Lui qui n’a pas besoin de conversion ? C’est parce qu’Il a voulu non seulement prendre notre condition humaine, mais aussi se montrer solidaire avec l’humanité pécheresse qui, à l’appel de Jean-Baptiste, vient se purifier dans un baptême d’eau.

 

          C’est alors qu’Il prie que le ciel s’ouvre et il se produit une nouvelle manifestation : celle de Dieu qui se révèle Trinité : Jésus est  au centre, Fils engendré par le Père : Celui-ci fait entendre sa voix, et  l’Esprit-Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descend sur Jésus et lui confère l’onction qui fait de Jésus le Messie, “Machiah”, en hébreu,  ;  Christ, en grec.

         

Ce Jésus- Messie vient nous introduire dans la vie trinitaire

« Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu » v.16

Traduisons : Lui vous immergera …plongera dans les eaux de la mort pour que vous émergiez et receviez l’Esprit-Saint, mot à mot, le “souffle sacré” le “pneuma aguion”, “pneuma agiw”.

          Mais aussi le feu ! De quel feu s’agit-il ? A quel autre moment l’Esprit-Saint se manifestera-t-Il avec le feu ? A Pentecôte, bien sûr, sous forme de langues de feu. Il s’agit bien d’un feu sacré qui réchauffe notre monde et lui fait goûter la joie et la chaleur d’aimer, de partager, de vivre pleinement.

 

          « Elève la voix » (proclamait Isaïe au peuple découragé par les divisions et les luttes au retour d’Exil, 1ère lecture) « ne crains pas. Dis aux villes de Juda : “Voici votre Dieu !  Voici le Seigneur Dieu” »

          Paul a goûté à cette venue de notre Dieu en la personne de Jésus et il rappelle son bienveillant dessein à notre égard. « Car [Jésus] s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien… » « Par le bain du Baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit-Saint. »

         

          Prenons-nous bien conscience de notre Baptême ?

Renouvelés par l’Esprit-Saint, il ouvre en nous le chemin d’une intimité qui n’aura de cesse de grandir à toutes les étapes de notre histoire dans la mesure où nous vivrons cette promesse de Dieu Lui-même : « C’est toi mon enfant bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour. »

 

          Rendons grâce  pour tout ce que notre baptême a permis en nous jusqu’à maintenant et tout simplement, pour le fait d’être là ce matin, unis entre baptisés, cherchant à mieux connaître et à mieux faire Corps avec le Fils bien-aimé par excellence : Il ne garde pas jalousement sa filiation mais nous la fait partager.

 

Le Temps de Noël s’achève. Entrons dans le Temps Ordinaire, baptisés, remplis du “souffle sacré” et du feu de notre Dieu qui brûle et réchauffe sans consumer parce qu’Il n’est qu’Amour.

 

 

AMEN !

Dimanche de la Sainte Famille - 27 Déc 2009

Par Guy :: 26/12/2009 à 14:16 :: Homelies

HOMELIE du Dimanche de la SAINTE FAMILLE- C.

9h30 Ste Bernadette – 27  Décembre 2009 – Lc 2,41-52

 

  

         Pourquoi la liturgie de ce Dimanche, présentant en exemple la Sainte Famille, a-t-elle choisi ce récit de l’Evangile où il est question, si ce n’est d’une fugue du Seigneur du moins d’un comportement qui aurait lieu d’inquiéter bien des parents ?

         Est-ce bien l’intention de l’évangéliste St Luc ? Si l’on regarde bien, son Evangile commence au Temple de Jérusalem, avec Zacharie, prêtre officiant ce jour-là, qui deviendra, à la suite de l’intervention de l’ange Gabriel, père de Jean-Baptiste. Ce même Evangile se termine au Temple, où les Apôtres, le Christ les ayant quittés définitivement à l’Ascension, « étaient continuellement dans le Temple bénissant Dieu » Lc 24,53.

         Le Temple est le cœur de la foi juive. Jésus y est chez Lui. Présenté 40 jours après sa naissance (fêtée au 2 février), il y est présent de nouveau à la “Bar Mitzva”, âge où le jeune juif devient “un fils du précepte”.

         Venons-en aux pauvres parents. Le retour à Nazareth, distante de 110 Kms, prenait trois jours. Il se faisait par groupe de marcheurs : hommes, femmes, enfants. Ils se retrouvaient aux étapes pour les repas et la nuit. Ne l’ayant pas retrouvé, Marie et Joseph retournent à Jérusalem, angoissés : c’est leur enfant et de plus Dieu leur a confié la mission de l’élever. Quels sont ceux qui en d’autres circonstances attendront le troisième jour pour retrouver ce même Jésus ? Les Apôtres, bien sûr, et sans doute Marie. Luc n’annonce-t-il pas la Pâque à venir où Jésus, après s’être donné Pain de Vie à la Sainte Cène, donnera sa vie pour ressusciter le troisième jour ?

  Il y a davantage encore dans ce beau passage d’Evangile. Quelle est la question de Marie à son Fils Jésus ? « Enfant, pourquoi as-tu agi ainsi envers nous ? Vois, ton père et moi nous te cherchions angoissés ? » De quel père s’agit-il ? De Joseph.  Il leur dit : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon père ! » De quel père s’agit-il ? De Dieu. En deux phrases, Luc exprime le merveilleux mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu : homme Joseph, son père adoptif ; Dieu par son Père céleste.

  Marie ne comprend pas tout, mais devine le mystère auquel elle avait accepté de participer plus de 12 ans auparavant. Elle n’a pas fini de le comprendre. Il faudra encore qu’elle passe par la mort de son Fils pour découvrir sa Résurrection et comprendre définitivement le dessein miséricordieux de Dieu.

  Pour l’heure, elle garde tout cela en son cœur.

  Marie, Joseph et Jésus sont repartis pour Nazareth où jusqu’à environ 30 ans, Jésus restera auprès d’eux, dans le cadre quotidien de la vie en famille, grandissant en sagesse, en taille et en grâce sous le regard de Dieu et des hommes : quel beau résumé du parcours de l’enfance à l’âge adulte !

 

AMEN !

Homélie de Noël

Par Guy :: 26/12/2009 à 14:15 :: Homelies
Voir le commentaire sur l'Icône de Noël. Pour y aller, chercher dans la colonne de gauche "Archives"; puis année 2007; cliquez sur "mois de décembre".

4° Dimanche de l'AVENT - La Visitation - Lc 1, 39-45

Par Guy :: 19/12/2009 à 7:44 :: Homelies

HOMELIE 4ème Dimanche de l’AVENT- C. La Visitation

9h30 Ste Bernadette – 20  Décembre 2009 – Lc 1, 39-45

 

Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la Part du Seigneur ” Lc 1,

  

          En ce dernier dimanche avant Noël, l’Eglise nous présente le récit de la rencontre de deux femmes à la fois semblables et différentes. Elles sont profondément croyantes et attendent toute deux un enfant ; elles sont bien différentes : l’une est âgée, l’autre jeune ; l’une était stérile, l’autre vierge.

          Ce récit, déjà plein de fraîcheur et de joie, n’est pas seulement celui d’une rencontre familiale entre deux générations. Il présente la réalisation déjà commencée de la venue du Seigneur dans notre humanité. Cette bonne nouvelle annoncée par l’ange Gabriel a reçu toute la confiance de ces deux femmes et nous voyons que le Seigneur les a comblées de joie.

          En effet, l’ange avait annoncé à Zacharie que son enfant “serait rempli de l’Esprit-Saint dès le ventre de sa mèreLc 1, 15. C’est pourquoi il tressaille (le mot original grec : eskirtessen - eskirthsen vient de skirtao - skirtaw, qui a donné le “sertaki”, la danse grecque d’aujourd’hui ! ). Sa mère Elisabeth, « remplie de l’Esprit Saint elle aussi, traduit la manifestation de Jean-Baptiste par la belle parole de bénédiction que nous retrouvons dans le “Je vous salue Marie” Elle s’écrie d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni » 1, 42

          Nous sommes à une charnière : celle de la Première Alliance avec la Nouvelle Alliance. Elisabeth et Zacharie représentent la Première Alliance. Ils sont âgés. Ils ont vécu longtemps avec le désir d’enfant qui semblait ne pouvoir se réaliser. Il y a en eux comme la longue attente messianique soutenue par les prophètes tout au long de la Première Alliance. Avec la venue de Jean-Baptiste, leur attente est comblée, signe que cette Première Alliance trouve son accomplissement.

          Marie est jeune et vive. Elle porte en elle le Seigneur. Elle annonce la Communauté chrétienne qui porte aussi en elle son Seigneur et qui veut communiquer cette bonne nouvelle en toute hâte au monde entier. N’est-ce pas la mission donnée à l’Eglise, peuple de la Nouvelle Alliance ?

 

          Le Seigneur est venu partager dans notre monde, comme l’exprime si bien le début de Gaudium et Spes n°1 (Constitution Pastorale sur l’Eglise dans le monde de ce temps) « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de ceux qui souffrent… »  Ne doivent-ils pas être aussi “les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur” ?

          La fête proche de Noël nous invite à la joie et à la conversion qu’apporte enfin celui qui nous sauvera ne nos égoïsmes personnels ou communautaires. Déjà nous pouvons, en nous et autour de nous, accueillir la force de son Esprit-Saint que nous avons reçu grâce au don de sa vie, Lui qui s’est fait pain dans une mangeoire la nuit de Noël.

 

AMEN !

3° Dimanche de l'AVENT- Forme extraordinaire - Jn 1, 19-28

Par Guy :: 11/12/2009 à 9:45 :: Homelies

HOMELIE 3ème Dimanche de l’Avent Messe forme extraordinaire

9h15 St Lubin 13.12.09 – Jn 1, 19-28

 

A l’approche de Noël, l’Eglise nous met en présence d’un personnage tout à fait exceptionnel, qui, à lui seul, est une prophétie : Jean le Baptiste.

                   Tout d’abord, sa naissance est miraculeuse, dans ce foyer sans enfant, Zacharie et Elisabeth, avancés en âge, dont l’homme est prêtre du Temple du Seigneur. Puis son nom, Jean “YoHan” : le Seigneur fait grâce. C’est un homme du désert (lieu où s’est tissé l’Alliance de Dieu avec son peuple, se nourrissant de miel et de sauterelles), homme d’absolu, n’ayant peur de personne, fustigeant les autorités politiques et religieuses qui se moquent de Dieu, homme sans concession (cela lui vaudra sa tête), mais homme libre. Mais plus encore, il est l’envoyé de Dieu Jn 1,6. Il est le pro-phète, “celui qui parle devant”, appelant à la conversion  (retournement vers Dieu), à la pénitence pour déblayer la voie : Aplanissez les collines de votre orgueil, de votre volonté de puissance, de vos égoïsmes, de vos cupidités et de vos violences…Comblez les ravins de vos vanités, des vides de vos vies sans avenir et sans partage, remplies de leurs lâchetés quotidiennes …

                   Une fois qu’il a dit ce qu’il était et ce qu’il n’était pas, il fait une curieuse annonce. Jn 1,26: « … Au milieu de vous se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas… ». Ce qui veut dire : Le Messie annoncé que vous attendez, il est déjà parmi vous et vous ne le connaissez pas. D’ailleurs, Jean lui-même avouera que lui non plus ne le connaissait pas, bien qu’il fut cousin de Jésus. Il s’agit d’une autre connaissance que seul Dieu révèle par son Esprit : Jn 1,33-34 « Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau, celui-là m'avait dit: “Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint”. Et moi, j'ai vu et je témoigne que celui-ci est l'Elu de Dieu. » Voilà donc quel est cet envoyé de Dieu, totalement disponible à ses appels, car totalement humble : Jn 1, 27 « …celui qui vient derrière moi, dont je ne suis pas digne de dénouer la courroie de sandale. »

                   Ceci ne le met pas à l’abri de doutes. Lorsqu’il est en prison, sa voix ne retentit plus auprès des foules, mais seulement au fond d’un cachot ou à l’oreille d’Hérode, dérangé, mais attiré par cet homme si différent de lui. Il envoie ses disciples poser à Jésus la question de confiance : Lc 7, 20-23 «  Arrivés auprès de Jésus, ces hommes Lui dirent : Jean le Baptiste nous envoie te dire: Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?"  A cette heure-là, il guérit beaucoup de gens affligés de maladies, d'infirmités, d'esprits mauvais, et rendit la vue à beaucoup d'aveugles. Puis il répondit aux envoyés: “Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres; et heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi!" » Jean-Baptiste a dû être rassuré, lui qui connaissait bien ses Ecritures !

                   Ne nous arrive-t-il pas aussi de chercher des signes de la présence du Christ dans notre monde si abîmé, où Dieu semble bien absent ? Si nous voulons discerner les signes de sa présence, demandons d’abord l’Esprit du Père et regardons là où sont les pauvres, quelque soit leur “ pauvreté” : victimes de violence, éprouvés dans leur corps ou leur cœur, endeuillés, prisonniers, malheureux de toutes sortes… Qu’ils reçoivent de notre part écoute, accueil, prise en compte de leur détresse, matérielle, psychologique ou spirituelle.

                    Participons nous-mêmes à la manifestation de ces signes : par toute initiative de bonté, rendons présent Celui dont nous tenons cette bonté : apportons la joie du Seigneur que Paul nous invitait à accueillir dans l’épître d’aujourd’hui, et il n’y aura pas lieu d’attendre un autre Messie ! Bonne préparation à Noël !

AMEN !        

2° Dimanche de l'AVENT C - Annonce de J-Baptiste - Lc 3, 1-6

Par Guy :: 04/12/2009 à 11:24 :: Homelies

HOMELIE 2ème Dimanche de l’AVENT- C.

11h St Lubin – 6  Décembre 2009 - Lc 3, 1-6

 

Toute chair verra le salut de Dieu… ” Lc 3,6

  

         Le début solennel de cet évangile manifeste l’irruption de la Parole de Dieu dans l’Histoire. C’était au temps de l’empereur Tibère, du gouverneur Ponce Pilate, des princes Hérode, Philippe et Lysanias, des grands prêtres Hanne et Caïphe, bref les responsables politiques et religieux du temps. Alors, “il y eut une parole de Dieu sur Jean, fils de Zacharie, dans le désert”. La foi chrétienne, repose non pas sur des idées, mais sur quelqu’un, Dieu, qui annonce la venue de Jésus et qui va s’insérer dans une histoire.    

          Et justement, dans cet évangile, on ne parle pas de Jésus, mais quelque chose se prépare qui va bouleverser le monde. Et Jean se met en mouvement : il parcourt la région fertile du Jourdain, en bordure du désert, proclamant un “plongeon”, une immersion (ce que signifie le mot Baptême, “baptisoma”) de conversion, de retournement pour le pardon des péchés. Ainsi s’accomplit la prophétie d’Isaïe. Dieu est fidèle et sa parole réalise toujours ce qu’elle dit.

          Tous les textes de ce 2ème dimanche de l’Avent sont tournés vers l’avenir. Ils annoncent un évènement qui vient, qui sera joyeux parce que le peuple, proclamait Baruch, sera conduit par Dieu “à la lumière de sa gloire et escorté de sa miséricorde et de sa justice”.

 

          Oui, c’est bien beau tout çà, mais çà tarde à venir car le monde est loin d’être transformé et il est encore, en bien des endroits de la planète, en pleine souffrance ! Le rassemblement de Copenhague, ces jours-ci nous le montre bien, où sont abordés les grands défis du monde d’aujourd’hui. C’est vrai.

Mais par sa venue dans notre monde, par son ministère, par sa mort sur la Croix et par sa Résurrection, le Christ, Jésus, Fils de Dieu, a inauguré le Royaume de Dieu ; Il en a donné les signes, mais ce ne sont encore précisément que des signes : nous n’avons que les arrhes, comme un début du Royaume (en effet, un acompte, c’est une somme d’argent que l’on avance quand on achète quelque chose). Jésus a bien vaincu le mal et la mort, mais le mal et la mort sont encore à l’œuvre dans ce monde. Il n’empêche que des signes encourageants sont également à l’œuvre et il ne tient souvent qu’à nous et à l’aide que nous apporte le Seigneur de les voir se manifester et même d’être appelés à en être acteurs. Ces temps de préparation à Noël sont particulièrement favorables : solidarité, partage, mobilisation contre toutes formes de maux que sont les maladies, le chômage, les précarités… Ainsi, resto du cœur, accueil des malheureux qui viennent s’adresser au Secours Catholique ; visite aux prisonniers et colis de Noël à leurs enfants ;  visites aux personnes isolées, repas de Noël ; Téléthon, bref, vous pourriez en trouver d’autres.

                  

          Que Dieu seul puisse établir définitivement le Royaume ne doit pas nous démobiliser. Avez-vous remarqué la prière de Paul pour les chrétiens de Philippe : « Je demande que votre amour vous fasse  progresser de plus en plus dans la connaissance vraie et parfaite clairvoyance qui vous feront discerner ce qui est le plus important ».

Qu’est-ce qui est le plus important dans notre vie ? Des personnes ou des choses ? Avec ou sans Dieu ? Pour moi ou pour d’autres aussi ? Pour tout de suite ou pour plus longtemps ? 

         

          L’évangile d’aujourd’hui se termine par une parole pleine d’espérance et ouverte à toute l’humanité : « Toute chair verra le salut de Dieu ». Toute chair désigne tous les hommes et les femmes. Puissions-nous, par notre charité, hâter la venue du Règne de Dieu et que nous, chrétiens ensemble, puissions témoigner de cet amour universel et total de Dieu pour tous.

 

AMEN !

1er Dimanche de l'AVENT . C - Lc 21, 25-28; 34-36

Par Guy :: 27/11/2009 à 22:38 :: Homelies

HOMELIE 1er Dimanche de l’AVENT- C.

9h30 Ste Bernadette – 29 Novembre 2009

 

Redressez-vous, relevez la tête… ” Lc 21,28

  

Apocalyptique, le discours de Jésus annonçant sa venue dans l’évangile de ce jour. « Le ciel nous tombera sur la tête » selon la menace tant redoutée de nos ancêtres…Comment comprendre ces paroles de la bouche de Celui qui s’est montré « Doux et humble de cœur » ?  

Tout d’abord, à quel moment Jésus les prononce-t-il ? Jésus est dans le Temple de Jérusalem. Les disciples en admirent la beauté. Jésus leur annonce qu’il n’en restera pas pierre sur pierre. A leur question : « Quand cela arrivera-t-il ? » Jésus répond par ce discours de style apocalyptique. C’est un langage codé, pétri d’image de l’Ancien Testament, qu’il ne s’agit pas de prendre au premier degré. Jésus dévoile en effet le projet de Dieu. Contrairement aux philosophes de l’Antiquité qui pensent l’histoire du monde comme un éternel recommencement, Il affirme que cette histoire a un sens ; que le monde a été créé par Dieu et qu’il est appelé à se renouveler avec le retour glorieux du Fils de l’Homme. Cette expression est tirée du livre du prophète Daniel. Dn 7. Dans une vision, celui-ci a vu des bêtes monstrueuses surgir de la mer et ravager successivement la terre. Elles représentaient les différents empires qui ont dominé la région. Elles furent remplacées par un fils d’homme qui vient sur les nuées du ciel et à qui un vieillard assis sur le trône a accordé une domination éternelle, une royauté qui ne sera pas détruite.

Jésus, en évoquant le bouleversement des repères habituels de notre monde (le soleil, la lune et les étoiles) ne fait qu’annoncer l’avènement de ce Royaume, qui ira de pair avec le renversement des pseudo valeurs de ce monde : violence, mensonge, dérèglements de toutes sortes…de quoi susciter une panique profonde chez ceux qui s’y attachent aujourd’hui.

   Jésus recommande alors de rester éveillés, c'est-à-dire, de veiller à suivre les “chemins de justice” dont parlent les psaumes, de chercher à “s’ajuster” à la volonté de Dieu et, par exemple, « à faire aux autres ce que nous aimerions qu’ils nous fassent : là est la Loi et le Prophètes » Matthieu 7, 12.  Nous n’aurons plus à ressentir d’angoisse : nous nous redresserons, nous relèverons la tête, nous rendrons courage et espoir aux gens blessés ou même écrasés par les évènements de leur vie, car notre libération sera proche et nous paraîtrons debout devant le Fils de l’Homme.

Un des signes de l’espérance que nous pourrons montrer au monde, ce sont nos gestes de solidarité, inspirés par la compassion et l’Esprit du Seigneur qui nous rend proche de nos frères. C’est en ce sens que nous sommes appelés par le Vicariat à la Solidarité du Diocèse, au nom de notre Baptême et de notre Confirmation, “à manifester la charité de Dieu, à vivre en actes dans le concret de nos vies, l’amour que nous donne le Père, comme annonce de sa tendresse pour tous les hommes.”     

Prions en tout temps comme Jésus nous le demande pour demeurer dans cette attitude de recherche et d’accueil de la volonté de Dieu, en particulier en ce temps de l’Avent qui prépare la Fête lumineuse et paisible de Noël.

                                                                   

 

AMEN !

Fête du Christ, Roi de l'univers B - Jn 18, 33-37.

Par Guy :: 21/11/2009 à 10:45 :: Homelies

HOMELIE CHRIST, Roi de l’univers B -  Jn 18, 33-37.

18h30 St Lubin, Samedi 21 Novembre 2009

 

Un roi étonnant , alors même qu’il comparait devant le représentant de l’immense empire romain, Pilate, qui a sur lui pouvoir de vie et de mort. Jésus qui, jusque là n’a guère parlé de sa royauté, va la faire affirmer par ce fonctionnaire romain. « C’est toi qui dis que je suis roi » Mais Pilate ne le voit-il pas à la manière des hommes, c'est-à-dire comme celui qui exerce un pouvoir sur les autres hommes, souvent tyrannique et arbitraire ?

Jésus poursuit comme pour l’ouvrir à un autre monde : « Moi, je vais te dire comment je suis roi : « Je suis venu dans ce monde, ton monde, pour rendre témoignage à la vérité… »

Mais là encore, de quelle vérité s’agit-il ? Dans la langue biblique, le mot « vérité », en hébreu, “èmeth” est de la même racine que “amen” ou “èmouna”, la fidélité. Elle désigne, comme dans le Psaume 92 d’aujourd’hui, quelque chose de ferme, solide, stable, immuable, sur laquelle on peut s’appuyer, parce qu’elle a fait ses preuves ; quelque chose ou quelqu’un de sûr, de fidèle, qui ne trompe pas, qui ne déçoit pas. Cette vérité n’est pas une notion abstraite, philosophique mais une personne. Elle est « l’Alpha et l’Oméga, Celui qui était et qui vient, Celui qui est, qui était et qui vient » (2ème Lecture, Ap 1, 8) qui aura le dernier mot parce qu’Il est l’Amour. Et cette personne vient humblement à notre rencontre pour que nous écoutions sa voix, c'est-à-dire pour que nous l’imitions.

          Pas facile aujourd’hui pour nous de vivre souvent à contre-courant des valeurs présentées par ce monde comme des vérités, alors qu’elle ne sont que des “modes” de pensées ou de comportements, de régimes politiques ou de tendances culturelles qui passent avec le temps, chassées d’ailleurs par d’autres “modes”, souvent opposées.

Mais il ne faut pas se situer sur le même terrain : car si la vérité est une personne, qui est Dieu, elle ne se possède pas. Par contre, si nous écoutons sa voix, comme le propose Jésus à Pilate, alors nous appartenons à la vérité. Nous laissons régner Jésus sur notre vie. Elle devient remplie de pensées, de paroles, de gestes d’amour et même de pardon. Notre manière de vivre révèle, à notre petite mesure, la zone d’influence du Christ et donne sans doute à d’autres l’envie de partager cette appartenance. C’est dire qu’au cœur de nos souffrances et de nos joies, de nos fatigues et de nos attentes, de toutes nos rencontres, il nous faut chercher chaque jour, à nous laisser guider par la Parole et l’Esprit de Celui qui est Vérité et Vie. Cela ne nous dispense pas pour autant de faire appel à notre raison humaine, créée elle aussi par Dieu, mais de le vérifier à la lumière de l’Evangile.

Invitation à des moments de recueillement avec le Seigneur à la lecture de sa Parole et de la voix intérieure de nous-mêmes pour des prises de conscience personnelles, mais aussi écoute de ce que nous disent des témoins actuels de la foi, les personnes en responsabilité, ministres de la Parole ou compétents en certains domaines qui touchent à la fidélité (ou à l’oubli) de la volonté de Dieu : respect de la vie, attention aux pauvres de tout genre, recherche de la justice et de la vie fraternelle.

Appartenir à la vérité, n’est-ce pas chercher à faire la vérité dans sa vie et finalement Le trouver ? Que nos messes dominicales deviennent des moments privilégiés pour l’écoute de la Parole, la rencontre avec Celui qui nous parle au cœur et avec nos frères qui font la même démarche. Ainsi le Christ règnera à sa manière, pour le bien de notre humanité.              

 

 

 

AMEN !

24° et dernier Dim.après la Pentecôte. Forme extraordin. Mt 24, 15-35

Par Guy :: 21/11/2009 à 10:42 :: Homelies

HOMELIE 24ème et dernier Dimanche après la Pentecôte.

9h15 Forme extraordinaire – 22 Novembre 2009 –Mt  24, 15-35

 

Cet Evangile de St Matthieu, qui clôt l’année liturgique, est écrit dans un style très particulier que l’on appelle « apocalyptique », du grec “apokaluptw” qui signifie : lever le voile, révéler. Les images sont terrifiantes, mais elles n’en restent pas là. Elles annoncent aussi l’avènement, la venue, d’un monde nouveau remis en justice et paisible harmonie avec son Créateur. « Que le lecteur comprenne ! » Essayons d’éclairer quelques aspects et expressions de ce récit.

« L’Abomination de la désolation… » est une expression tirée du livre de Daniel (Dn 9, 27) désignant la statue du dieu Zeus qu’en déc.167 av. Jésus-Christ, le tyran Antiochus Epiphane, roi de Syrie avait fait dressée dans le Temple de Jérusalem, obligeant les juifs à sacrifier à cette idole. Il s’en suivit la révolte des frères Maccabées entrainant leur peuple dans une libération provisoire avant l’arrivée des romains qui au temps du Christ occupaient la Palestine. Une première révolte en 66 après J-C se dressa contre l’occupant, se terminant par l’incendie du Temple de Jérusalem en 70, après une guerre de résistance effroyable. Les images de détresse de notre récit s’en inspirent largement. En même temps, elles laissent entendre qu’il y a une possibilité d’échapper à ces malheurs et que ces temps seront abrégés grâce aux justes.

Ces temps troublés annoncent un autre péril : celui des “christs” et des “prophètes” ou autres gourous qui se présentent comme le recours ultime (C’est encore d’actualité puisqu’on en a arrêté un cette semaine, abusant depuis des années une famille entière. Souvenez-vous également des annonces d’un certain Paco Rabane concernant la fin du monde lors de la dernière éclipse). Ces évènements sont une épreuve pour la foi. Jésus en prévient les croyants et ne pense pas leur défection “possible” (v. 24-25). Au niveau exemplaire, la chute de Jérusalem n’est pas le dernier mot de la prophétie. Il y aura d’autres “Abominations de la désolation”, ne serait-ce qu’au siècle dernier avec les guerres et les grandes idéologies ayant conduit aux plus grands cataclysmes que l’univers ait jamais vécus. Encore aujourd’hui, principalement en Afrique et Asie, des peuples entiers connaissent ces épreuves.

Jésus, lorsque cela arrivera, recommande de se mettre à l’abri, de prier Dieu afin d’écarter tous ces désordres. Ceux qui sont persécutés se rappelleront que, d’une part Dieu ne laisse pas le mal triompher définitivement (v.22), que l’épreuve débouche sur la résurrection ; d’autre part, le vrai péril reste celui de se laisser égarer par le désespoir et de se tourner vers les faux prophètes qui nous trompent. De plus, Jésus nous met en garde : « N’allez chercher le Messie nulle part ! » Sa venue sera aussi soudaine et imprévisible que l’éclair, mais aussi certaine et reconnaissable “qu’un rassemblement de vautours signalant la présence d’un cadavre” (v.28).

Après la détresse de ces jours-là viendra le cortège des images apocalyptiques telles qu’on nous les ressert aujourd’hui, avec les effets spéciaux particulièrement spectaculaires dont les techniques modernes ont le secret. Le film “Apocalypse 2012” sorti en salles cette semaine en est la parfaite illustration. Ces cataclysmes renvoient au chaos des origines et annoncent une création nouvelle. Apparaîtra d’abord le “signe du Fils de l’Homme” et les tribus de l’humanité impénitente se frapperont la poitrine, sachant leur jugement venu. Alors viendra le “Fils de l’Homme sur les nuées” comme l’avait annoncé le prophète Daniel (Dn 7, 13) et les anges l’accompagneront en rassemblant “tous les justes d’une extrémité du ciel à l’autre” Vision d’espérance, s’il en est, que reprend la comparaison du figuier à l’approche de l’été.

Jésus annonce bien la fin inéluctable de ce monde. Elle nous concerne car s’il a prédit la fin aux gens de sa génération (fin qui arriva avec la chute de Jérusalem en 70), sa prédiction reste valable pour nous car la Parole de Jésus est toujours actuelle. Dieu jugera chaque génération sur ses occasions de progresser, irréversiblement gagnées ou perdues. Il y a bien sûr pour chacun une “fin du monde” correspondant à la fin de notre propre vie sur terre. Devons-nous en avoir peur ? Oui, si nous n’avons pas assez aimé ; non, si avec notre participation nous avons fait confiance au Dieu qui nous aime et en a appelé à notre responsabilité. Il ne nous laisse pas seul ; sa Parole nous révèle aujourd’hui encore son bienveillant dessein et Il se donne à nous dans cette Eucharistie pour marcher avec nous.  AMEN !

33° Dimanche ordinaire B Messe Famille. Fin du monde Mc 13, 24-32

Par Guy :: 13/11/2009 à 21:00 :: Homelies

HOMELIE aux enfants, 33ème Dimanche ordinaire B.

Messe des familles du 15 Novembre 2009. Mc  13, 24-32

 

Avez-vous déjà entendu parler de la fin du monde ? Comment en parle-t-on ? Comme quelque chose de terrible qui s’abattra sur la terre : une guerre atomique, des tornades, des tsunamis, des tremblements de terre, une épidémie monstrueuse, des animaux gigantesques qui dévoreront les humains… ? Que d’images qui font peur !

Que dit Jésus à ses disciples ? Il utilise Lui aussi les images de son temps : Il parle d’une terrible détresse, des astres, le soleil et la lune, qui perdent leur éclat, les étoiles qui tombent du ciel…tous ce que les gens de son époque s’imaginaient, car eux-aussi ils avaient peur.

Et pourtant, Il présente cette fin du monde de façon très différente. Il parle de sa “venue”. Ce sera un grand moment de lumière et de joie. Celui qui a donné sa vie pour tous les hommes viendra sur les “nuées”, c'est-à-dire là où se trouve Notre Père des Cieux. Les Cieux c’est le “monde de Dieu”, où tous les gens s’aiment, parce que tous sont devenus comme Lui. Alors par sa puissance, Jésus, le “Fils de l’Homme”, détruira toutes les injustices et rétablira la justice ; Il dénoncera tous les mensonges et mettra en lumière la vérité ; Il ne laissera plus de place à la haine, mais toute la place sera faite à l’amitié, au pardon et à l’union entre tous.

Jésus annonce donc un événement heureux. Il éclaire déjà notre vie mieux qu’un soleil. La question que je dois me poser aujourd’hui, c’est de savoir si j’accueille sa lumière. Est-ce que je triche où est-que je suis juste ? Est-ce que je raconte des mensonges ou est-ce que je dis la vérité ? Mon cœur est-il fâché contre quelqu’un, vengeur, plein de méchanceté et de haine ou pardonnant, compréhensif et bon ?

 

Et nous, les baptisés, marqués par la Croix de son amour et qui apprenons et retenons la lumière de sa Parole, nous pouvons être comme des étoiles, comme des petits repères, quand le monde devient sombre et mauvais.

Le figuier, lorsque les branches deviennent tendres et que les feuilles sortent, annonce bientôt l’été et l’on se réjouit car le beau temps revient et, pour beaucoup, ce sont les vacances. Quand nous verrons la justice, la vérité et la bonté grandir dans notre cœur et notre intelligence, alors nous saurons que Jésus, “le Fils de l’Homme” est proche, à notre porte. Ce sera un grand bonheur : nous n’aurons même pas peur !

           

          AMEN !

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Messe du 11 Novembre 2009 à St Lubin de Rambouillet

Par Guy :: 11/11/2009 à 22:09 :: Homelies

HOMELIE Célébration du 11 Novembre 2009.

11 h St Lubin

 

En cette commémoration du 91ème anniversaire de l’Armistice du 11 Novembre 1918 et en présence de ces drapeaux, symbole du combat de nos aînés pour garder liberté et unité de notre pays, quel éclairage peut nous apporter ces deux textes de la Bible ?

Dans le livre de la Genèse que nous entendions en première lecture, il nous est dit que Dieu créa l’homme (Adam) « à son image, comme sa ressemblance ». C’est dire à quelle dignité, l’humanité est élevée et appelée malgré les nombreuses atrocités auxquelles elle est capable de se livrer. Le terme qui est utilisé pour dire “image” dans le texte hébreu d’origine est très significatif. Ce mot, “Tselem”, image, statue, a souvent le sens d’idole dans la Bible. Lorsque l’on sait que ce texte de la Genèse a été écrit sans doute au retour de la captivité des juifs à Babylone de 587 à 538 avant Jésus-Christ, on peut penser que l’auteur s’est inspiré d’une coutume babylonienne qui avait lieu une fois l’an. Elle consistait en une gigantesque procession en l’honneur du chef des dieux, Marduk, patron de la ville et de toutes les autres divinités qui venaient lui faire allégeance.

Comment cela se passait-il ? Les statues des divinités étaient d’une telle taille et d’un tel poids qu’on ne pouvait les déplacer. Alors, pour permettre la procession, on en faisait des “images”, des “tselem” réduites représentant chaque divinité. Les prêtres et les fidèles défilaient chacun derrière la sienne, portée sur un brancard ou sur le baldaquin d’un dromadaire comme on peut le voir sur une fresque à Palmyre en Syrie.

L’auteur sacré reprend à son compte cette référence à ces manifestations religieuses. Dire que l’homme est “l’image de Dieu” c’est lui révéler qu’il est appelé à signifier, dans le cortège de la création, la présence de Dieu. La traduction grecque de la Bible, la Septante (LXX) traduit “tselem” par “icône” qui nous est plus familier. Nous allons retrouver de façon très inattendue, la même vocation confiée à l’homme par Jésus lui-même.

Lorsque “les pharisiens et les hérodiens viennent trouver Jésus pour le prendre au piège en le faisant parler”  (Mt 22, 15) sur le tribut à payer ou non à César, Jésus se livre à une petite démonstration toute simple :

“Montrez-moi la monnaie qui sert à payer le tribut” leur demande-t-il. Ils lui présentèrent un denier.

Il leur dit : “De qui est cette effigie et cette inscription ? ” (Le mot grec utilisé est “icône”. L’icône  du denier représente César :

“Rendez à César ce qui est à César ce qui est à César

Et à Dieu, ce qui est à Dieu”

Et qui est l’icône de Dieu ?  - L’homme, bien sûr : alors, il faut que l’homme soit “rendu à Dieu” autrement dit qu’il redevienne ce qui est sa vocation première : montrer Dieu à la création entière. En Jésus, parfaite icône du Père, c’est chose faite.

 

A un moment où l’on cherche à définir les identités des uns et des autres, la Bible, se dégageant de tout particularisme, nous invite à voir en tout être humain « l’icône de Dieu” qui est en tout homme de bonne volonté. N’est-ce pas ce que tout le monde retient du geste de ce militaire romain et païen, Martin, envers un mendiant nu, transis de froid, pour lequel il partagea sa chlamyde.

 

Ceci n’est pas pour désavouer ceux qui, au prix de leur don généreux, dans les souffrances jusque dans leurs blessures ou même jusqu’à la mort, ont servi leurs frères et sœurs et que ces drapeaux rappellent à la manière d’icônes. Non, bien sûr !

 

C’est pour inciter tout homme à voir en l’autre un frère, une sœur, créés à son image et ressemblance. C’est bien le sens que le Christ a donné à son sacrifice. Et maintenant, par la prière Eucharistique, action de grâces, nous allons faire mémoire de Lui et nous y associerons la mémoire de ceux qui comme Lui ont donné leur vie.

          AMEN !


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32° Dimanche ordinaire B La pauvre veuve du Temple. Mc 12,38-44

Par Guy :: 06/11/2009 à 19:20 :: Homelies

HOMELIE 32ème Dimanche ordinaire B. La pauvre veuve du Temple

8 Novembre 2009. Mc  12, 38-44

 

L’Evangile de ce dimanche nous présente deux séquences aux personnages bien opposés. D’une part, les scribes, plein de vanité et d’hypocrisie et une pauvre veuve effacée et généreuse. Jésus mets en garde contre l’attitude des premiers qui pourrait être parfois la nôtre si nous n’y prenions garde, et s’intéresse davantage à cette pauvre veuve.

Qu’a-t-elle de si intéressant ?

Au temps de Jésus, une veuve était dans une très grande précarité. Femme dans un monde plutôt masculin, elle était privée de la protection de son mari et de ce fait ne disposait pas de ressources propres ni d’assistance. Elle faisait partie des trois catégories de pauvres que la Bible mentionne tout au long de ses livres : l’orphelin, l’étranger et la veuve. La Loi juive, la Torah, prescrit plusieurs mesures en leur faveur : « Tu ne prendras pas en gage le vêtement d’une veuve » « Tu leur laisseras les épis de blés que tu n’auras pas moissonnés » « « Tu leur laisseras les olives que tu n’auras pas ramassées » « Tu leur laisseras quelques grappes sur la vigne que tu auras vendangée » (Dt 24, 17-22).

Jésus observe donc la foule qui vient apporter ses offrandes au Trésor du Temple. Les riches mettent des grosses sommes : c’est alors, dit-on, que l’on sonnait la trompette pour que les fidèles reconnaissent, admirent et imitent éventuellement ces généreux donateurs. La « pauvre veuve » ne dépose que deux piécettes (un quadrant, le 1/64 d’une journée de travail, autrement dit, pas grand-chose de fait). Mais pour Jésus, il en va autrement !

« Amen, je vous le dis :… » Parole solennelle, qui va en étonner plus d’un, à commencer peut-être par les disciples. « …cette pauvre veuve a mis dans le tronc plus que tout le monde ! » Pourquoi ? « … car tous, ils ont pris sur leur “périsseuntos : perisseuntoV” mot à mot : “ce qu’ils ont en plus autour d’eux”, leur superflu », ce qu’il ne leur est pas nécessaire. « …mais elle, de son indigence (de son manque), elle jeta toute sa “bion” (vie, ressources pour vivre) subsistance »

Jésus s’émerveille de cette pauvre veuve. Il nous invite à voir au-delà du visible, particulièrement, le  spectaculaire qui nous attire voire, nous fascine. Certains médias sont redoutables pour cela. Il nous conduit à ce qui est invisible mais à l’ouvre dans un cœur capable de donner.

La 1ère lecture de ce dimanche (1R 17, 10-16) nous présente également une veuve de Sarepta, au Liban actuel. Celle-ci offre au prophète Elie tout ce qui lui reste de nourriture représentant quelques heures à vivre avec son fils. Elle fait confiance au prophète et, à travers lui, à Dieu. Ces veuves ont su découvrir, sans doute avec l’épreuve de leur deuil, qu’elles n’avaient plus d’autre appui que Dieu seul. Par leurs gestes, elles révèlent où est leur vrai trésor. Jésus ne s’y trompe pas, Lui qui quelques temps après fera la même démarche en donnant sur la Croix tout ce qu’Il a pour vivre sa vie d’homme.

La veuve de Sarepta, la pauvre veuve du Temple et Jésus sont de la même famille : généreux, humbles et discrets, mais si profondément croyants. C’est ce que Jésus essaye d’apprendre aux disciples qui, comme les scribes, s’intéressent jusqu’au bout aux premières places. Au lieu de cela, Il les invite et Il nous invite à être discrètement généreux, et en même temps, audacieux dans le don d’eux-mêmes.

Que la célébration de cette Eucharistie où le Christ une nouvelle fois se livre à nous, nous aide à voir ce qui est discret, petit aux yeux du monde mais si grand au regard de Dieu. Qu’Il nous donne, par son Esprit saint, le courage et la grâce de Le suivre.

           

          AMEN !

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Homélie TOUSSAINT 2009 B . Les Béatitudes Mt 5,1-12

Par Guy :: 28/10/2009 à 12:10 :: Homelies

HOMELIE TOUSSAINT 2009.

18h30 St Lubin Samedi 31 Octobre- 9h30h Ste Bernadette, Dimanche 1er Novembre 2009.

 

Les Béatitudes

 

Quel paradoxe entre l’attrait suscité par l’invitation joyeuse de Jésus à être heureux et le défi que lance chaque béatitude au bon sens commun de l’homme ! Vous avez entendu : « Heureux les pauvres, les doux, ceux qui pleurent, les affamés de justice, les miséricordieux… » Mais c’est tout le contraire ! Tous ces gens-là n’intéressent personne et même on les fuirait comme des rabat-joie ou des gêneurs.

Et pourtant, ceux-là même qui les critiquent et s’en moquent sont-ils vraiment heureux ?

Il convient bien sûr de ne pas faire de fausse interprétation sur ces béatitudes et tout d’abord, de les traduire correctement. Pauvre n’est pas opposé à riche, mais à orgueilleux (Pauvre de cœur, mot à mot : « petit de souffle » c'est-à-dire non rempli de soi-même (et donc il y a de la place pour les autres !). Toutes les autres béatitudes en découlent mais elles peuvent nous effrayer par leurs exigences.

C’est là que les saints nous sont d’un grand secours à condition de ne pas les prendre d’abord comme des héros, mais comme des femmes et des hommes de foi qui ont fait confiance en écoutant et suivant leur maître et Seigneur Jésus.

Croyez-vous que les François d’Assise, les Vincent de Paul, les mères Teresa, les Charles de Foucault, les Jeanne Jugan ou les curés d’Ars bref tous les bienheureux et les saints aient été au départ des champions de l’Evangile ? Evidemment non, mais un jour ou petit à petit, ils ont été touchés par une parole du Christ et ils ont découvert qui était le Père dont parlait si souvent Jésus. Un Père passionnément amoureux des hommes et qui désire que chacun devienne son enfant comme nous le rappelait St Jean dans la deuxième lecture de cette fête. Bien sûr, Le Père compte sur notre concours et ne fait rien sans nous : c’est une question d’amour respectueux. La multitude de ces hommes et de ces femmes que nous dévoilait l’Apocalypse a donc écouté le Fils et mis en œuvre une des béatitudes en l’accomplissant jusqu’au bout.

L’humilité pour Saint François, le curé d’Ars, Sainte Bernadette, la petite Thérèse ; la douceur et la sagesse spirituelle pour Saint François de Salles ; la soif de justice pour Jeanne d’Arc, Marcel Calot, Mgr. Oscar Romero ou l’aumônier allemand Franz Stock ; la miséricorde pour mère Teresa, Jeanne Jugan ou Sr Faustine ; la fidélité dans la persécution pour sr. Edith Stein et sa solidarité avec son peuple d’origine… Vous en nommeriez bien d’autres, canonisés, béatifiés ou en voie de l’être ; peut-être aussi parmi un proche de votre famille ou de vos connaissances qui ont illuminé leur vie par l’humilité, la douceur, la patience, la compassion, la droiture et le pardon. Vous en trouveriez  même parmi les membres d’autres confessions chrétiennes (comme Martin Luther King ou Bonhöffer) ou même encore s’inspirant de l’esprit évangélique, sans être chrétien, comme Gandhi. En chaque témoin, nous pouvons retrouver l’une ou l’autre des Béatitudes proposées par Jésus. Chacune conduit au vrai bonheur, celui d’aimer en vérité et  de rencontrer Dieu, source de cet amour. Et enfin, de devenir son enfant bien-aimé.

C’est en nous engageant sur ce chemin de bonheur que l’Esprit de Dieu transforme notre cœur en venant l’habiter et en combattant contre les forces du mal, comme encore cette multitude de gens vêtus de blanc dont parlait l’Apocalypse et qui était sauvée par Jésus, l’Agneau. Jésus n’a-t-Il pas illustré Lui-même ces Béatitudes tout au long de sa vie ?

 

En Communion avec Lui et avec tous les saints et bienheureux, choisissons l’une des béatitudes et familiarisons-nous avec l’un ou l’autre de ces aînés dans le Royaume qui l’ont particulièrement bien illustrée en le prenant comme “parrain” ou “marraine”, non seulement comme notre modèle, mais également comme intercesseur, actif auprès du Père dans cette immense Communion des Saints que nous proclamons chaque Dimanche dans notre Credo.

Rendons grâce au Seigneur pour le Trésor spirituel qu’Il nous offre et Bonne Fête à Tous !

        

AMEN !

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30° Dimanche Ordinaire B - Bartimée. Mc 10, 46-52

Par Guy :: 21/10/2009 à 10:46 :: Homelies

HOMELIE 30ème Dimanche ordinaire B.

9h30 Ste Bernadette–25 Octobre 2009. Mc  10, 46-52 Bartimée

 

Josué  [Jésus et Josué se disent dans la Bible grecque des LXX de la même façon] sort de Jéricho : il ne s’est rien passé !  Et pourtant, Jéricho représente le moment fort de l’entrée en Terre Promise, la première ville conquise par les hébreux arrivant d’Egypte après 40 ans de désert. Regardons de plus près.

Tandis que les disciples et une foule nombreuse accompagnent Jésus de Nazareth traversant la ville, assis au bord du chemin, se tient un homme qui a perdu la vue, Bartimée. Dans l’Evangile de Jean, Jésus rencontre un autre aveugle de naissance et la question de ses disciples est tout de suite de demander : « Rabbi, qui a péché pour qu’il soit né aveugle : lui ou ses parents ? » (Jean 9, 3). Dans la mentalité de ce temps, toute infirmité était considérée comme une punition due à une infidélité à Dieu. Jésus répond de façon radicale : « Ni lui, ni ses parents ! » ouvrant un regard tout autre sur Dieu.

Toujours est-il que Bartimée est exclu de la vie ordinaire, laissé sur la touche. Cependant, s’il ne voit pas, il écoute, en vrai fils d’Israël : « Ecoute Israël… » « Shema Israël… » Deutéronome 6, 4, profession de foi de base de tout israélite, répétée plusieurs fois par jour. Dans sa nuit, n’éprouve-t-il pas un manque profond de communication ? Il est de ceux que désigne la béatitude : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Matthieu 5, 5) que l’on peut traduire mot à mot : « En marche (levez-vous !) ceux qui sont en deuil (et qui donc vivent un manque profond) : ils auront la Consolation, c'est-à-dire, le Messie Lui-même », comme le vieillard Siméon qui attendait la “Consolation d’Israël” : Luc 2, 25.

Un cri jaillit alors de sa poitrine : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » N’est-ce pas là une vraie profession de foi messianique? La foule ne voit en Jésus que le rabbi guérisseur de Nazareth à qui elle fait honneur. Elle est gênée par les cris de détresse et d’espoir de cet aveugle. Mais lui, de plus en plus fort, clame sa profession de foi et son espoir : « Fils de David, aie pitié de moi ! ». Malgré le brouhaha, Jésus s’arrête : lui aussi sait écouter. Alors la foule change d’attitude : « Bon ! Courage ! Lève-toi, Il t’appelle ! » Et lui rejetant son manteau, se libérant du peu qu’il avait, bondit vers Jésus.

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Quelle drôle de question ! Mais ne traduit-elle pas toute la délicatesse de Jésus qui demande que nous disions clairement ce que nous désirons, même quand la demande est on ne peut plus naturelle et humaine ?  « Que je recouvre la vue ! » A comprendre au premier comme au second degré : voir, jouir de sa vue, et voir le vrai sens des choses telles que Dieu les voit. « Va, ta foi (cette autre manière de voir à la façon de Dieu) t’a sauvé ». Elle t’a fait entrer dans toute la lumière, Bartimée, à tel point qu’à présent, tu veux suivre ton Sauveur. « Il recouvra la vue et le suivait sur le chemin ».

Jésus quitte Jéricho pour monter à Jérusalem, cœur de la foi. Il va y être acclamée par la foule au cris de : « Hosanna au Fils de David ! » (Marc 11, 8-10) et les gens jetteront leurs manteaux sur son passage.

         Le chemin de libération du Sauveur commence à Jéricho pour s’achever à Jérusalem, avec, comme pour héraut et premier sauvé, Bartimée. Ce chemin fait appel à la foi qui fait entrer dans la Vie.

 

ü     “Voir” au-delà des apparences, comme Bartimée qui devint son disciple (acolyte dans le texte) et non comme cette foule qui accompagnait Jésus.

ü     Eprouver nos manques pour lui demander de les combler, Lui le Messie, la Consolation d’Israël, le Fils de David.

ü     Suivre le nouveau Josué, suivre le libérateur, sur la route alors qu’Il monte à Jérusalem pour passer de ce monde à son Père, de cette terre à la terre promise définitive.

 

Bartimée : le fils de Timée, dit l’Evangile, mais cela ne nous renseigne pas beaucoup. Et pourtant, Timée, en araméen, désigne l’impur ; celui qui a péché : Bartimée, le “fils de l’impur” ; mais en grec, cela signifie : “Le fils très précieux” !

Ne nous invite-t-il pas à une magnifique conversion ?

 

         AMEN !
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20° Dim. après la Pentecôte. Forme extraordinaire. Jn 4, 46-53

Par Guy :: 17/10/2009 à 17:29 :: Homelies

HOMELIE 20ème Dimanche après la Pentecôte.

9h15 Forme extraordinaire –18 Octobre 2009.

Guérison du fils d’un fonctionnaire royal Jn 4,46-53

 

A première écoute, il serait possible de confondre le récit de la guérison du fils de cet intendant royal avec celle de la guérison du serviteur du centurion (dans Mt 8, 5-13 et Luc 7,1-10), les deux récits présentant des points communs, ne serait-ce que par le lieu où cela se passe, en Galilée et à Capharnaüm.

         Cependant, des différences importantes apparaissent à une observation plus attentive. L’intendant royal n’est pas un occupant ; il est sans doute juif, fonctionnaire, résidant à Capharnaüm, attaché à la cour du roi Hérode, le tétrarque. Son fils est malade et se meurt. Il n’hésite pas à parcourir pas loin de trente Kms avec une forte montée (Capharnaüm est à -210m au-dessous du niveau de la mer et Cana, où Jésus se tient est à environ 300m au-dessus du niveau de la mer, dans les montagne de Galilée). Qu’est-ce qui a bien pu lui donner cette énergie et cette détermination pour aller trouver Jésus ? Sans doute l’a-t-il rencontré et écouté à Capharnaüm, lorsque, après le miracle de Cana, Jésus est venu séjourner quelques temps, nous dit St Jean (Jn 2,12) avec sa mère et ses frères.

         Jésus n’avait alors fait que le seul miracle de Cana, puis- que St Jean précisera, le verset d’après le texte lu aujourd’hui, que la guérison de ce fils qu’il va opérer sera le second signe accompli par Jésus (Jn 4,51). C’est sans doute en écoutant Jésus qu’il monte vers Celui dont il pressent qu’Il vient de Dieu, qui seul peut guérir quelqu’un de mourant.

         Jésus s’adresse rudement à lui : « Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez pas ! » (Autrement dit, notre foi en Jésus-Christ dépend-t-elle de signes ou de prodiges ?).

         L’intendant ne se démonte pas. Il supplie Jésus d’intervenir avant que son fils ne meure et de manifester ainsi qu’Il est de Dieu. Une seul parole de Jésus répond à cette supplication : « Va, ton fils vit ». Cela suffit à l’homme : il croit en Sa Parole et se met en route. L’efficacité de la Parole de Jésus est vérifiée : à l’heure où Jésus disait « ton fils vit », l’enfant vivait. Dès lors l’homme croit de façon absolue, sans autre qualificatif et sans restrictions (avec sa famille, qui plus est !).

         Jésus est vraiment le maître de la vie.

         Il demande que l’on ne recherche pas tant les signes et prodiges que l’écoute et la mise en œuvre de Sa Parole.

        

Cela nous invite à considérer comment nous recevons la Parole de Jésus. Tout d’abord, la connaissons-nous bien ? Sommes-nous familiers de Sa Parole dans les Evangiles ? Où est sa place dans notre vie quotidienne ? Car voici ce que produit la Parole du Seigneur :

         Elle éclaire, guide, encourage ; nous  remet en question sur nos manières d’être et d’agir pour les conformer au vouloir du Père des cieux. Elle nous ouvre des champs d’action auprès de nos frères qui souffrent ou manquent d’aide, de réconfort. Elle apporte une espérance crédible à ceux qui désespèrent d’eux-mêmes ou de la vie, parce qu’à travers nous, sans forcément parler, est manifestée la douce présence de Dieu et l’amour qu’Il leur porte.

Ø      Nourrissons-nous des paroles de Jésus ; méditons-les ; mémorisons-les et professons-les autant en attitudes qu’en paroles, encore moins en discours.

Ø      Serons-nous « missionnaires » à notre manière et à notre place envers ceux qui ignorent Dieu ou qui l’oublient ?

Ø      En cette journée nationale de prière pour les missions, soutiendrons-nous, par une aide matérielle mais aussi par notre attention, ceux qui, de façon particulière, ont répondu généreusement à l’appel de Jésus fondé sur ses paroles et qui les portent à ceux qui ne les connaissent pas encore ?  

Confions-nous à la Vierge Marie, modèle de celle qui écoute les Paroles du Seigneur, qui y croit, comme cet intendant royal, et agit encore aujourd’hui auprès de nous. Ne s’est-elle pas entendu dire par sa cousine Elisabeth : « Bienheureuse celle qui a cru que s’accompliront les Paroles qui lui ont été dites de la part du Seigneur » Lc 1,45

        

AMEN !

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28° Dimanche ordinaire B "...car tout est possible à Dieu" Mc 10, 17-30

Par Guy :: 08/10/2009 à 14:53 :: Homelies

HOMELIE 28ème Dimanche ordinaire B.

18h30 et 11h St Lubin – 10/11 Octobre 2009. Mc 10, 17-30

 

 

Voici donc la célèbre rencontre de Jésus avec un homme, jeune chez St Matthieu, notable chez St Luc, les trois évangélistes s’accordant pour remarquer qu’il était riche. A la question qui semble essentielle à ses yeux : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus, en bon rabbin, répond par une autre question : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? » Déroutant, n’est-ce pas ; d’autant plus déroutant que nous savons qu’Il est Dieu et qu’Il semblerait faire comprendre qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et que celui-la seul est bon. Ceux qui refusent de reconnaître la divinité de Jésus utilisent ce passage comme preuve donnée par Jésus Lui-même. Eh bien précisément, Jésus nous révèle quelle est la nature du vrai Dieu : non pas Celui de nos rêves et de nos imaginations venant combler tous nos désirs ou nos frustrations, mais Celui qui s’est voulu tellement aimant, proche et respectueux de la liberté de sa créature, l’homme, qu’Il renonce à sa toute-puissance pour ne lui proposer que son amour humble, qui accepte même le refus à son appel et n’en demeure pas moins aimant. Et dans ce même passage de l’Evangile, Jésus ne nous révèle-t-il pas son amour infiniment puissant : « Tout est possible à Dieu »

         Jésus, à aucun moment ne se comporte comme un gourou. En Lui, aucun désir de possession, et c’est pourquoi, il répond quand même à son interlocuteur en le renvoyant au Décalogue (les dix Paroles) qu’il connaît bien, en les limitant d’ailleurs à ce que l’on pourrait qualifier de « loi naturelle ». [Marc ajoute même un commandement qui n’est pas dans le Décalogue mais qui résume ceux énumérés: « Ne fais de tort à personne ». Bien utile !]

         L’homme riche déclare les observer tous depuis sa jeunesse, sa Bar Mitsva, l’âge où il est devenu « fils d’Israël ».

         Alors « Jésus, après avoir posé son regard sur lui, l’aima » Etonnant ! Comme s’il ne l’aimait pas avant ! Voilà bien la manière de faire du Dieu Vivant qui attend notre bonne volonté et notre détermination ; partant d’elle, Il révèle ce qui manque pour accomplir en nous la plénitude de sa présence. Il manifeste un amour plus personnel. « Une seule chose te manque… » Que lui manque-t-il ? « Va ! » (Ne reste pas dans l’état où tu es…) ; « Vends ce que tu as… » (Dépossède-toi de ce que tu as : en fait, tu crois posséder toutes tes richesses, mais n’oublies pas qu’elles sont à Dieu et que tu n’en es que le gérant. Alors, imite ton Dieu : il s’est dépossédé de sa toute puissance : tu viens d’en avoir un modèle sous tes yeux en la personne de Jésus…). « Donne-le aux pauvres… » Puisque tu en as été le bon gérant, puisque tu es riche, fais-en profiter les pauvres : tu donneras un plus grand sens à ta gérance et tu seras déjà en communion avec le ciel, c'est-à-dire Dieu Lui-même… : « Puis viens, suis-moi ! » Suprême invitation à entrer dans la démarche et l’intimité non pas d’un gourou mais d’un Sauveur, Dieu, qui s’est fait notre frère et nous apprend à l’être avec tous.

 

         Que retenir de tout cela ?

 

  1. Cette belle affirmation du Père Varillon : « Dieu n’est tout-puissant que de la toute-puissance de l’amour ! ».

 

  1. Que toute relation aux autres doit être chaste, c'est-à-dire emprunte d’un infini respect pour ce qu’il est, ses projets, ses choix, et en particulier lorsque nous sommes en responsabilité dans une relation, notamment conjugale, parentale, éducative ou comme témoin du Christ, de son Evangile et de son Eglise.

 

  1. Que dans le rapport à nos biens et richesses de tous ordres, nous avons à nous situer en gérant et non en propriétaire. Cela a des répercussions en matière de partage avec de plus pauvres, en matière d’écologie, en matière d’équilibre de vie : nous voulons tellement tout faire, tout voir…

 

 

Mais ce que vous proposez est impossible !

 

« Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu » J’ajoute : « Parce qu’Il nous aime qu’Il ne veut rien faire sans nous et… que nous voulons l’aimer »

 

        

AMEN !


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27° Dimanche ordinaire B. "Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme" Mc 10, 17-30

Par Guy :: 02/10/2009 à 23:13 :: Homelies

HOMELIE 27ème Dimanche ordinaire B.

4 Octobre 2009. Mc 10, 2-10

 

« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »

 

Question délicate que l’on pose encore bien souvent à l’Eglise catholique sous la forme suivante : « Pourquoi l’Eglise ne reconnaît-elle pas le divorce ? ». Il faut, comme le demande Jésus dans le même passage d’Evangile, accueillir les paroles du Royaume de Dieu avec un cœur d’enfant, confiant dans l’immense miséricorde divine.

En bon rabbin, Jésus répond à la question par une autre question : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils le savent bien : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation » ainsi les deux seraient déliés de leur engagement matrimonial et pourraient se remarier. Mais Jésus commente aussitôt : « C’est en raison de l’endurcissement de votre cœur… ».

Jésus donne la raison de cette loi, mais il entraîne vers une autre manière de voir les choses. « Au commencement…à l’origine…en tête…dans la pensée, l’intention de Dieu…qu’y avait-il ? » Il y avait l’homme et la femme, créés à son image et ressemblance, capables, par l’amour qui les unit, de révéler l’amour invisible mais pourtant bien réel de Dieu. Ils recevaient la vocation de manifester l’amour de Dieu qui donne et qui accueille sans cesse. Etre un.

Certes, Jésus sait bien que ce n’est pas toujours facile de répondre à cet appel et que chacun en amour peut à certains moments vivre un sentiment de frustration, d’échec. Mais n’y a-t-il pas bien des domaines, autres que la vie conjugale, où les échecs à vivre l’Evangile peuvent se produire ? Quand il s’agit de pardonner, de partager, de refuser tout mensonge, toute combine, toute forme de violence en paroles ou en actes, etc… Cela ne remets pas en cause les intentions de Dieu : son appel à la sainteté en vivant l’Evangile et en particulier, en faisant grandir un amour conjugal qui doit s’épanouir dans la durée et l’engagement pour la vie est toujours là : Il nous fait confiance. A nous de vivre avec Lui.

Ce faisant, pour aider à mieux comprendre ce qu’est l’amour conjugal, Jésus ajoute une parole qui au premier abord peut paraître tranchante et définitive : « Donc, ce que Dieu a uni, l’homme ne le sépare pas ! » En fait, bien traduite, cette parole peut considérablement éclairer l’engagement qu’Il demande. Il est écrit dans le texte original grec, mot à mot : « Ce que Dieu a mis sous le même joug ». Le mot utilisé par l’Evangéliste Marc (comme Matthieu d’ailleurs) est unique dans tous les Evangiles. C’est donc qu’il n’a pas été choisi au hasard. Le Joug : Çà évoque plutôt pour nous quelque chose de pénible : un vainqueur qui soumet, écrase, tyrannise un vaincu. Mais le sens premier de ce mot est tout autre : joug : “pièce de bois servant à atteler une paire d’animaux de trait” écrit l’encyclopédie de Larousse.

                   Joug vient du grec : Zugon, zugon, et a pour racine Indo-Européenne “yug”  qui signifie “atteler” (il est de la même famille que yoga, qui en sanscrit signifie : “connexion”, principe philosophique et méthode pour réaliser l’unité entre le physique et le mental, l’esprit). En latin, joug se dit « jugum » : il a donné « conjugum » (“avec le même joug”) et en français « conjugal ».

                   Cette petite remarque étymologique nous oriente vers une dynamique d’unité non pas de  fusion mais de communion. Ainsi Jésus invite le couple à s’aimer d’un amour de communion. Il ne veut pas que l’un disparaisse au profit de l’autre, ou que s’établisse entre eux une relation de  “dominant/dominé”, ou encore que l’un et l’autre soient réduits à l’inconsistance. Ces situations sont à l’origine de bien des disfonctionnements, des souffrances, qui aboutissent à des séparations. Au contraire, Jésus invite les conjoints à se donner et s’accueillir, chacun eux-mêmes, bien vivants, se complétant, faisant naître l'autre à une vie sans cesse nouvelle et faisant naître la vie par la venue des enfants, fruits de leur amour généreux, lorsque cela est possible.

 

                    La première lecture du livre de la Genèse montre Dieu cherchant à l’homme « une aide qui lui correspondra » : mot à mot, écrit en hébreu cette fois-ci, deux traductions sont possibles: Il chercha un  «vis-à-vis » [on ne se découvre et grandit  que grâce aux autres] ou un « côte à côte » [on a besoin d’aide, de soutien et de compagnonnage], les deux aspects favorisant l’épanouissement et le bonheur de l’autre conjoint. Cela ne va pas, bien sûr, sans tensions ou ajustements, mais un peu comme une paire de bœufs sous le même joug, “conjuguant” leurs forces et leurs sens pour tirer des charges inimaginables. « Dieu donne aux époux cette capacité de l’impossible, d’aimer comme Dieu et d’aimer de l’amour même de Dieu » (P. Sébastien CHAUCHAT). C’est dire que le Seigneur est avec les époux pour qu’ils réussissent leur amour : n’est-ce pas cela le sacrement du mariage ?

                  

AMEN !

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