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Enseignement sur Encyclique de l'Espérance "SPE SALVI"

Par Guy :: 16/12/2007 à 19:13 :: Enseignements

 

“SPE SALVI facti sumus” 

 

Notre pape Benoît XVI vient de nous offrir la 2ème encyclique de son pontificat (après celle de « Dieu est Amour »), “SPE SALVI” : « Dans l’espérance, nous avons tous été sauvés » Rm 8,24.  Elle se lit bien malgré quelques passages un peu techniques par moments. J’ai demandé au P. Olivier PLAINECASSAGNE de m’autoriser à vous donner une très belle présentation qu’il en a faite à Versailles, en bon théologien et pasteur que vous connaissez.

 

« L’espérance… quelle est notre espérance ? Voilà la question à laquelle notre pape veut répondre, avec cette très belle encyclique Spe salvi, qui malgré certains passages un peu « corsés » reste cependant très lumineuse. Le pape commence par une conviction fondamentale : le Christ, lorsqu’il s’approche de nous, ne s’approche pas « les mains vides » mais il nous apporte une espérance, il nous donne une espérance ; une espérance qui nous permet d’affronter le présent jour après jour, même si ce présent est parfois pénible, lourd à assumer, même si on est confronté à des difficultés. Et cette espérance, quelle est-elle ? C’est que notre vie a un sens, un but, elle ne se termine pas dans le vide ou le néant, notre vie possède un terme et ce terme est si grand qu’il justifie les efforts que l’on peut faire tout au long de notre vie.

Mais de quoi s’agit-il, quand on parle de l’espérance ? Benoît XVI commence par faire un petit parcours biblique, et il remarque de façon très judicieuse que dans le Nouveau Testament, on confond souvent la foi et l’espérance. On parle indifféremment de la foi ou de l’espérance : or puisque la foi est d’abord et avant tout un don, un don de Dieu, l’espérance elle aussi est un don ! L’espérance nous est donnée ; ainsi nous le voyons, l’espérance, ce n’est pas simplement de l’optimisme, ce n’est pas simplement un regard positif que l’on porterait sur le monde ou sur les autres, l’espérance, c’est plus que cela…ce qui nous est donné, c’est la certitude que je suis définitivement aimée de Dieu et quelque soit ce qui m’arrive, je suis attendue par cet Amour ! Et ainsi ma vie est bonne : nous dit Benoît XVI. Voilà le fondement de notre espérance, la racine de notre espérance ! Voilà ce qui soutient notre vie.

Du coup, Benoît XVI se demande alors : que pouvons-nous espérer ? et qu’est-ce qu’on ne peut pas espérer ? Certes, on peut espérer un grand amour qui viendrait combler notre cœur, une belle position dans notre profession, un succès qui viendrait mettre un peu de relief à notre vie… mais on se rend compte aussi que ces espérances, qu’elles soient petites ou grandes, même si elles sont importantes parce qu’elles nous permettent d’avancer jour après jour, toujours est-il que ces espérances ne viennent pas complètement résoudre le problème de notre vie ; ces multiples espérances sont importantes mais ne suffisent pas ! On a besoin d’une espérance qui va au-delà, on a besoin d’une grande espérance, et, nous dit Benoît XVI, la grande espérance qui soutient toute notre vie, la véritable espérance qui résiste malgré toutes les désillusions, ça ne peut être que Dieu seul, qui nous a aimé le premier et qui nous aime toujours, jusqu’au bout ! Et ainsi, une telle espérance nous fait entrer dans la vie, dans la vie véritable, celle qui rime avec vie éternelle, celle qui rime avec bonheur. Si nous sommes en relation avec Celui qui ne meurt pas, avec Celui qui est lui-même la vie, alors nous sommes dans la vie ; Alors, nous dit Benoît XVI, nous vivons ! Nous sommes des vivants !

Mais une telle espérance, poursuit Benoît XVI, a un caractère communautaire ! Parce que nul ne vit pour soi tout seul ; nous sommes reliés les uns aux autres. Ainsi notre espérance est toujours essentiellement aussi espérance pour les autres ! Entrer dans le chemin de l’espérance, c’est entrer dans cette ouverture du cœur où nul ne vit uniquement pour lui-même… mais où on apprend avec Jésus Christ à être pour tous !

Sur ce chemin de l’espérance, Benoît XVI nous rappelle quelques lieux où notre espérance peut grandir et s’affermir… il parle de trois lieux : la prière, l’action et la souffrance et enfin le jugement : essayons de dire quelques mots : la prière est ce lieu d’espérance parce que, nous dit Benoît XVI, si personne ne m’écoute, Dieu lui, m’écoute ; si je ne peux plus parler avec personne, je peux encore parler à Dieu, s’il n’y a plus personne qui peut m’aider, Dieu lui peut m’aider… prier fait grandir l’espérance !

L’action et la souffrance peuvent aussi être source d’espérance : parce que mon agir, en permettant à ce que le monde devienne un peu plus humain et plus lumineux, fait jaillir l’espérance pour nous et pour les autres… et d’un autre côté, cette grande espérance qu’est la certitude de la présence de Dieu nous motive pour agir aujourd’hui et maintenant, sans nous laisser abattre par toutes sortes de déceptions. D’autre part, la souffrance, même s’il faut chercher à la limiter et à lutter contre elle, la souffrance peut elle aussi être source d’espérance parce que dans la souffrance, c’est seulement lorsqu’on accepte de placer la vérité et la justice au dessus de mon confort, de mon bien-être, de ma carrière voire même, dit Benoit XVI, au dessus de mon intégrité physique, c’est seulement dans ce cas là que nous vivons vraiment notre vie et que notre vie n’est pas un mensonge !

Enfin, le Jugement final, cette rencontre définitive avec le Christ qui est justice et grâce (les deux à la fois !), est aussi source d’espérance parce que ça vient me rappeler que ma vie présente n’est pas sans conséquence, et que mes choix d’aujourd’hui engagent ma vie de demain !

Voilà quelques mots bien trop brefs sur cette espérance que nous avons à offrir au monde. Sur ce chemin de l’espérance, nous ne sommes pas seuls, Marie nous y conduit, elle nous y aide ! »

  

N’est-ce pas bien dit ! Elle vaut le coup d’être méditée à dose homéopathique, à moins que vous soyez entraînés par ce beau texte. Procurez-vous cette encyclique : elle nourrira votre prière et vos méditations.

 

2ème Enseignement

Par Guy :: 22/09/2007 à 15:50 :: Enseignements

2ème   ENSEIGNEMENT

« Faites-vous des amis avec l’argent trompeur »  Lc 16,9

 

 

 

 

 

Voici un commentaire méditation sur l’évangile du 24ème dimanche ordinaire.

 

La plupart des paraboles de Jésus mettent à l’épreuve notre sagesse toute humaine. Pourquoi donc présente-t-il comme référence la réaction très étonnante d’un maître trompé et volé par son gérant ?

Cet homme riche ne loue pas la malhonnêteté, la rouerie de son gérant. Il fait plutôt l’éloge de son habileté. Face à son renvoi, qui le laissera dans le dénuement, le gérant se montre “avisé”.  N’est-ce pas ce que recommande Jésus à ses disciples lorsqu’il les envoie en Mission ?   « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; soyez donc “avisés ” comme les serpents et candides comme les colombes ». (Matthieu 10, 16). En quoi ce “fils de ce monde” serait-il plus avisé que les fils de lumière ? Il a pris les richesses non comme une fin en elles-mêmes, mais comme un moyen pour se faire des amis lorsqu’elles viendront à lui manquer. Là encore, n’est-ce pas ce que recommande Jésus pour clore cette parabole : « Eh bien ! Moi, je vous dis: faites-vous des amis avec l'Argent trompeur pour qu'une fois celui-ci disparu, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. » (Luc 16, 6).

 

Remarquons que Jésus ne parle plus de richesse mais de “l’argent trompeur” et il utilise un terme qui est plein de signification. Le mot argent vient du grec “arguros” désignant également le métal argent. Mais ici, Jésus emploi le mot araméen “Mamôn”. C’est, pour les païens, le dieu de la richesse. La racine de ce mot est “aman”, qui exprime “ce qui supporte, sur lequel on peut s’appuyer” ; qui est sûr, à qui l’on peut se fier, qui résiste au temps et dure. Cette racine primaire a donné d’autres mots hébreux : “amen” d’où vient aussi “émouna”, la fidélité et même “émeth”, la vérité, la  sûreté. Jésus associe à Mamôn le qualificatif de trompeur, de malhonnête, l’opposé même de ce que suggère le mot rassurant de Mamôn. Il ne donne en effet qu’une pseudo assurance. Pris comme un dieu, un absolu, il est  comme un leurre puisqu’il peut venir à manquer. Il se montre alors trompeur, faux, et conduit à la désillusion, voire au désespoir si l’on s’y est trop attaché.

 

Ces propos rejoignent bien d’autres passages de l’Evangile où Jésus met en garde contre les richesses trompeuses et ce tyran qui rend esclave. « Et quel avantage l'homme a-t-il à gagner le monde entier, s'il se perd ou se ruine lui-même ? » (Luc 9,25) et aussi : « Mais Dieu lui dit: Insensé, cette nuit même, on va te redemander ton âme. Et ce que tu as amassé, qui l'aura?  Ainsi en est-il de celui qui thésaurise pour lui-même, au lieu de s'enrichir en vue de Dieu. » (Luc 12,20-21) ou encore  «  Faites-vous des bourses inusables, un trésor inaltérable dans les cieux; là ni voleur n'approche, ni mite ne détruit. Car, où est votre trésor, là aussi sera votre coeur. » (Luc  12,32-34). Et puis, il y aura la parabole de Lazare et du riche (Luc 16,19-31) qui nous sera proclamée dimanche prochain.

 

            Ne croyons pas être si insensibles ou invulnérables face à l’attrait de l’argent. Il fascine comme un faux dieu par toute sorte de chemins : compte en banque, boursicotage, actions, obligations et surtout, jeux d’argent aux gains mirifiques qui ruinent les petits revenus. Et puis, il donne ce sentiment de puissance qui peut tout en achetant tout, parfois même les personnes ! Jésus non seulement nous invite à prendre du recul par rapport aux richesses et à l’argent, mais il est plus radical : il nous dit bien qu’on ne peut servir deux maîtres, si opposés l’un à l’autre : l’AMEN, Dieu qui est éternellement fidèle, juste et bon, présent, et MAMON, le trompeur.

 

            Que l’argent, certes nécessaire,  reste véritablement pour nous un moyen; que nous en soyons les “gérants” responsables qui alimentent, à la manière d’un “gérant avisé”, notre trésor qui se trouve “dans les tentes éternelles”. Nous irons certes à contre-courant de l’opinion commune. Jésus lui aussi a affronté la dérision et, particulièrement, de ceux dont on s’y attendait le moins. Dans le verset qui suit l’évangile de ce jour, il est dit que les pharisiens, ces hommes religieux, (étymologiquement, “séparés” du peuple parce que observant scrupuleusement les préceptes de la Loi) étaient “amis de l’argent” (philarguroï) et ils se moquaient de Jésus. « Jésus leur dit: " Vous, vous montrez votre justice aux yeux des hommes, mais Dieu connaît vos coeurs: ce qui pour les hommes est supérieur est une horreur aux yeux de Dieu. (Luc 16,15).

 

P. Guy

 

P. Guy


 

1er Enseignement 2007-2008

Par Guy :: 22/09/2007 à 15:15 :: Enseignements

1er  ENSEIGNEMENT

Les trois missions de l’Eglise

 

 

 

 

 


 Au tout début d’une nouvelle année pour nos cellules paroissiales d’Evangélisation, je vous propose des extraits du discours de Jean-Paul II aux évêques des provinces ecclésiastiques de Lyon et de Clermont, au terme de votre Visite ad limina le 7 février 2004.

(Je me suis permis de formuler des questions soulignées en écho avec le contenu du texte assez long du discours.)

 

Qu’est-ce qui constitue la vie d’une paroisse ?

Les trois grandes missions de l’Église :

  1. la mission prophétique, caractérisée par la charge d’annoncer à tous les hommes la Bonne Nouvelle du salut, mission confiée à l’Église par le Seigneur lui-même.
  2.  la mission sacerdotale, qui consiste à participer à l’unique Sacerdoce du Christ en célébrant les mystères divins;
  3. la mission royale qui s’exprime dans le service envers tous, à la manière du Seigneur Jésus.

Nos paroisses s’acquittent-elles concrètement de ses tâches ?

Ne faut-il pas apprendre à les relier entre elles et à en comprendre mieux ce qui en fait l’unité ?

 « Il est en effet essentiel pour les fidèles de bien saisir que la catéchèse des enfants, la vie de prière, le service des malades, ne sont pas des activités les unes à côté des autres, confiées à des «spécialistes» ou à des bénévoles, mais qu’elles correspondent à des missions fondamentales de la vie chrétienne et qu’elles sont par conséquent le bien de tous, comme l’a si justement exprimé saint Paul en appliquant à l’Église la comparaison du corps (cf. 1 Co 12, 12-28 ). Toute communauté ecclésiale, et particulièrement la paroisse, qui est la cellule de base de la vie de l’Église diocésaine, doit annoncer l’Évangile, célébrer le culte qui revient à Dieu et servir à la manière du Christ.

          Il importe également de veiller à ce que la communauté paroissiale exprime la diversité des membres qui la composent et la variété de leurs charismes, et qu’elle s’ouvre à la vie des associations ou des mouvements. Elle sera alors une expression vivante de la communion ecclésiale, qui met les biens de chacun au service de tous (cf. Ac 4, 32) et qui ne se ferme jamais sur elle-même. Ainsi les fidèles auront le souci de la communion dans la paroisse et se sentiront membres tant du diocèse que de l’Église tout entière (cf. Code de Droit canonique, can. 529 § 2).

 

                                                          P. Guy

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