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HOMELIE 22ème Dimanche
Ordinaire. Année A. 30-31 Août 2008
18h30 et 11h St Lubin- Mt 16,21-27.
« Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais
qui perd sa vie à cause de moi la trouvera » Mt 16, 25
Ces paroles de
Jésus ont quelque chose de radical qui peut faire peur : comment les
comprendre sans les édulcorer ? Tout d’abord, il convient comme
toujours de regarder le vocabulaire que Jésus utilise. « Sauver sa
vie » : de quelle vie s’agit-il ? Jésus utilise le mot “psuchè”
qui désigne d’abord le souffle, mais aussi le siège des sentiments, des désirs,
des affections ou aversions ; également l’intelligence, l’esprit et enfin l’âme, principe d’animation d’une
personne qui diffère du corps et n’est pas détruite par
Pour y arriver,
ce n’est pas facile : nous avons tous en nous un “instinct de
conservation” précisément de la vie qui nous protège des dangers qui la
guettent et surtout, qui nous est bien utile pour nous pousser là où nous ne le
souhaiterions pas toujours. Par exemple, nous le ressentons davantage en cette
reprise d’année, Il faut bien se lever tôt pour aller à l’école ou au travail ;
la nuit, auprès d’un bébé qui pleure. Il faut bien s’investir dans l’éducation
des enfants : cela comporte toujours un effort d’acquisition de bonnes
habitudes (que l’on appelle vertus), et de correction des mauvaises (que l’on
appelle défauts). Il faut parfois modifier ses loisirs pour veiller sur un
malade ou sur une personne âgée. Plus encore, si l’on veut soutenir une cause
juste et bonne, il faut se donner sans compter, parfois au risque de sa santé
et même de sa vie.
Cela ne va pas
sans renoncement à notre “ego”, notre “moi”, dans la mesure où il est centré
sur lui-même: « Moi, moi et encore moi et toujours moi ! » Vous
serez surpris, si vous y êtes attentifs, de découvrir dans la journée ou
simplement au cours d’une conversation, le nombre de fois où vous direz ou bien
où vous entendrez dire : “Moi je…”. Cet “Ego” vit pour lui-même et ne
considère les autres, et Dieu Lui-même, qu’en fonction de lui-même. Prendre
notre croix, c’est prendre part à ce combat contre la mauvaise tendance de notre
ego. Il a pour allié le monde présent
qui sollicite sans cesse ses intérêts, l’entretient, le flatte, l’enferme sur
lui-même au détriment d’autres comportements soucieux du bien des autres et
conformes à l’Evangile.
Qui veut sauver sa « psuchè », son
principe vital, doit “se transformer en renouvelant sa façon
de penser et en ne prenant pas pour modèle le monde présent” écrivait
St Paul aux romains (Rm 12,2) dans la lettre que nous venons d’entendre.
Au plus profond
de mon être, sanctuaire de Dieu, n’y a-t-il pas ce désir de trouver ma
“psuchè”, mon principe vital qui est Dieu Lui-même ? Ce Dieu qui m’invite
à entrer en relation, en alliance avec Lui et avec toute personne. Il m’a donné
son Esprit. Alors, « Choisis la vie » nous redit Jésus, et tu
trouveras la vie, la vraie !
AMEN !
HOMELIE 20ème Dimanche Ordinaire. Année A. 24 Août 2008
18h30 et 11h St Lubin- Mt 16,13-20.
Profession de foi de Pierre
« Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas, ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux… ». Voilà une béatitude adressée à Pierre dans une forme expressive tout à fait sémitique. La “chair et le sang” désigne l’homme tout entier considéré dans sa faiblesse naturelle. Le livre de l’Ecclésiastique écrit : « Comme le feuillage sur un arbre touffu tantôt tombe et tantôt repousse, ainsi les générations de chair et de sang: les uns meurent et les autres naissent. » Si 14,18 Au moment de son agonie, Jésus dira à ses Apôtres sous forme de constat « L’esprit est prompt, mais la chair est faible » Mt 26, 41. Il leur demande alors de prier. Paul, à propos de la résurrection, écrira aux Corinthiens : « Je l'affirme, frères: la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l'incorruptibilité. » 1 Cor 15, 50.
Cette condition humaine, fragile, versatile, pécheresse, n’empêche pas le Père de révéler à Pierre (Apocalypse : Apekaluyen, lever le voile) sa lumière et de le faire choisir par son Fils comme assise de son Eglise à venir. Pourtant, Jésus n’hésitera pas à le traiter de “satan” (terme hébreu qui signifie “ennemi, adversaire, accusateur) car Pierre, quelques moments après sa profession de foi et quand Jésus annonce pour la première fois sa Passion, sa mort et sa résurrection, devient un « obstacle (scandalum) aux pensées qui ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » Mt 16, 23.
Nous percevons là, à travers la personne de Simon (qui signifie : “[Yah] a entendu”), fils de Jonas combien l’Eglise reste une réalité à la fois profondément humaine et totalement divine, non fondée par les hommes mais donnée par Dieu. Il s’engage envers elle et envers ses chefs, les papes que sont les successeurs de Pierre, à la protéger jusqu’à la fin des temps. L’histoire nous montre qu’elle ne sera pas épargnée par les troubles et les scandales de ses chefs mêmes. Elle traversera en effet de sombres périodes, manifestant la fidélité de Dieu à sa promesse, lui permettant de tenir bon. A ces moments-là précisément, Dieu n’a-t-Il pas suscité nombre de saintes et de saints qui ont permis à l’Eglise de continuer sa mission ?
Malgré sa faiblesse ou peut-être en raison d’elle, et aussi grâce à sa foi ardente et profonde, Pierre reçoit le pouvoir de “lier et délier”. Dans la Bible, ce pouvoir est confié à une autorité qui interdit ou permet, qui exclut ou accueille, qui interprète les Ecritures. Elle s’exerce d’habitude de façon collégiale : « Les grands prêtres et les scribes » disent souvent les évangélistes lorsqu’une décision importante est prise. Et en Matthieu 18, verset 18, Jésus donne ce pouvoir à tous les disciples, ainsi qu’au soir de Pâques, pour le pardon des péchés : Jn 20, 23.
Rendons grâce au Père de nous avoir fait cet immense cadeau qu’est l’Eglise. Fragile et indestructible, elle est la barque qui permettra à notre monde de passer sur l’autre rive, malgré les vents contraires, entendions-nous dimanche dernier. Même s’il nous vient à souffrir de la part de ses membres ou de ses institutions, ne l’abîmons pas par des jugements qui pourraient se retourner contre nous-mêmes, mais travaillons à la rendre plus sainte, plus à l’image de son Seigneur. Acceptons les critiques qui viennent de l’extérieur, parfois fondées mais souffrant souvent d’un manque d’informations objectives. Eclairons alors ceux qui les formulent en nous renseignant nous-mêmes. Il y a des sujets brûlants et récurrents comme les croisades, l’Inquisition ou l’affaire Galilée qui ont besoin d’être sérieusement documentées et resituées historiquement et non idéologiquement ; souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, du Da Vinci Code qui a fait long feu mais en a déstabilisé beaucoup.
Enfin, cherchons l’unité entre chrétiens autour de Jésus en étant fidèle à ses enseignements et en les mettant en pratique, dans la charité.
AMEN !
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HOMELIE 20ème Dimanche Ordinaire. Année A. 17 Août 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 15, 21-28.
La Cananéenne
Attitude surprenante, sinon choquante, que celle de Jésus dans ce passage d’Evangile ! Que signifie-t-elle ?
Jésus se rend vers la région de Tyr et Sidon, terre de Canaan, terre païenne s’il en est, où les dieux Baal et Moloch sont adorés. Il semble qu’Il n’y séjourne pas puisque la Cananéenne en vient et le rejoint pour le supplier en criant de guérir sa fille tourmentée par un démon : « Aie pitié de moi, Seigneur, Fils
Jésus l’ignore. Les disciples interviennent : « Donne-lui satisfaction » (mot à mot : « libère-la »). Réponse étonnante de Jésus, presque sectaire : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël. »
La Cananéenne insiste : « Seigneur ! Viens à mon secours ! » Deuxième invocation, également reprise par notre liturgie. Alors Jésus s’adresse à elle de façon quasi méprisante : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » Loin de s’offusquer, elle le reconnaît mais, avec beaucoup d’aplomb, elle retourne à Jésus l’image qu’Il a prise en le forçant par sa logique très réaliste : « C’est vrai, Seigneur ! Mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître »
Jésus lui déclare alors, avec une admiration sans limite : « Femme, ta foi est grande ! » (“mégalè” : megalh ; la semaine dernière, nous avions “oligo”, oligo, petite, pour la foi de Pierre lorsqu’il s’enfonçait dans la mer). Et Jésus l’exauce.
Que veut nous apprendre ce très beau récit fait de ce dialogue déconcertant de Jésus avec une païenne ?
Bien sûr, il nous exprime la grande foi en la personne du Seigneur, Fils de David. Elle n’est pas simplement suscitée par l’espoir de la guérison de sa fille par cet homme dont la réputation s’est répandue au-delà de
L’attitude déconcertante de Jésus reflète les tensions qui existaient au sein des premières communautés chrétiennes. Fallait-il, pour être chrétien, être de race juive ? Fallait-il observer la Loi de Moïse jusque dans ses plus petites prescriptions ? Ou bien, la foi totale au Christ et envers le peuple de Dieu, comme celle de cette Cananéenne ou du centurion romain, était-elle suffisante ?
Jésus veut montrer qu’il se situe bien dans la fidélité au dessein de son Père et en même temps, grâce à la grande foi de ces païens, Il annonce, en admirant leur foi, leur accès à la Nouvelle Alliance offerte à tous les peuples. L’Eglise naissante a été affrontée à ce dilemme. Elle a choisi, à la suite de son Maître et des réflexions théologiques de St Paul, non sans hésitations et luttes internes, d’accueillir les païens, « tous les hommes étant enfermés dans la désobéissance [opposition à Dieu] afin que Dieu fasse miséricorde à tous » Rm 11,32.
Que le Seigneur nous donne la grande foi de la Cananéenne qui puisse crier vers Lui lorsqu’il y a urgence pour nous ou pour autrui.
Qu’Il nous aide à entrer dans ses desseins, révélés au peuple de
Enfin, qu’Il nous rende accueillant à tous ceux qui frappent à la porte de nos communautés.
AMEN !
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HOMELIE ASSOMPTION 15
Août 2008
9h30 Ste Bernadette - 11h St Lubin- Lc
1, 39-56
A ma connaissance, il n’existe pas de créature
humaine qui soit aussi humble et aussi vénérée que
Marie la servante, disponible
au dessein de Dieu, qui veut devenir l’un d’entre nous, en tout point
semblable, hormis le péché. Elle cherche, comme pour l’aider, à connaître par
quel moyen va se réaliser ce projet : « Comment cela va-t-il se faire puisque
je ne connais pas d’homme » Lc 1, 34. Une fois éclairée par l’ange,
elle donne un oui total : « Voici la servante du Seigneur :
que tout se passe pour moi comme tu l’as dit ! » Lc 1,
38. Marie permet ainsi à Dieu de
réaliser ce Mystère de l’Incarnation, où son Fils demeure pleinement Dieu, tout
en devenant pleinement homme. St Paul écrira ainsi aux Galates : « Mais quand vint la plénitude du
temps, Dieu envoya son Fils, né de la
femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale » Ga 4, 4-5. En
cela, elle est déjà notre mère.
Marie louant son Seigneur : Le cantique du Magnificat est
entièrement centré sur Dieu et ce qu’Il réalise en elle.
Marie
ne s’évadant pas de notre condition humaine. Non seulement elle évolue dans
un monde violent qui a ses propres lois (massacre des saints innocents, passion
de son Fils), mais elle éprouve en elle questionnements, angoisses : Lorsqu’elle
retrouve Jésus au Temple après deux jours de recherche : « Mon
enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! Ton père et moi, nous
te cherchons, angoissés ! - « Pourquoi me cherchiez vous ? Ne
saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon
Père ? » » Lc 2, 48-49. Luc nous rapporte qu’ils ne
comprirent pas la réponse de Jésus. Cette incompréhension se poursuivra plus
tard au sein de sa famille, lorsque Jésus aura commencé sa prédication : « Sa mère et
ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler. Il y avait une
foule assise autour de lui et on lui dit: "Voilà que ta mère et tes frères
et tes soeurs sont là dehors qui te cherchent." Il leur répond: "Qui
est ma mère? Et mes frères ?" Et,
promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit: "Voici
ma mère et mes frères. Quiconque
fait la volonté de Dieu, celui-là m'est un frère et une soeur et une
mère." » Mc 3, 31-35
Marie, attentive aux besoins des hommes et sûre du pouvoir de son Fils. A Cana,
s’adressant à Jésus : « Il n’ont plus de vin » A la réponse étonnante
de Jésus : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore
arrivée ». Elle poursuit, assurée : « Tout ce qu’Il vous dira,
faites-le » Jn 2, 2-5.
Marie, compatissante. Quand l’heure
de son Fils est venue, elle est là, impuissante au pied
Marie présente à l’Eglise naissante.
Elle est assidue à la prière avec les Apôtres, de quelques femmes et des frères
de Jésus. Elle se trouvera avec eux, tous ensemble, à Pentecôte pour recevoir le don de l’Esprit Saint qu’elle avait
déjà accueillie en elle à l’Annonciation. Ac 1, 14 et 2,1.
Oui, Marie, humble servante « bénie
entre toutes les femmes… Toutes les générations te diront bienheureuse »
Voici
ma prière. Marie, Toi la Femme, n’es-tu
pas celle que nous présentait l’Apocalypse, mettant au monde un enfant mâle qui
doit mener toutes les nations… ? N’es-tu pas celle qui reçut les deux
ailes du grand aigle pour voler au désert ? N’es-tu pas celle que la
Tradition nous présente s’endormant au milieu des Apôtres pour être enlevée au
ciel comme quelques grands personnages de la Bible : Hénoch, le patriarche, enlevé, car « il suivait les voix de Dieu » Gn 5,23. Elie le prophète, qui monta au ciel
dans la tempête sur un char de feu : 2 Roi 2, 11 ; peut-être Moïse, qui mourut face à
Marie, tu es aussi notre mère ; tu es
présente à nos côtés et tu veux nous élever vers ton Fils, maintenant
et à l’heure de notre mort, AMEN !
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HOMELIE 19ème Dimanche Ordinaire. Année A. 10 Août 2008
11h St Lubin- Mt 14, 22-33
Jésus vient de multiplier les pains. Joie et fierté des disciples de suivre un tel Maître. Mais Celui-ci les contraint à monter dans la barque, seuls, sans Lui, et à Le précéder sur l’autre rive. Lui prend de la distance envers cette foule qu’Il a nourrie qui ne veut plus le quitter. Il gravit la montagne, à l’écart, pour prier, comme Elie dans le silence de la solitude, cœur à cœur avec Dieu.
Les disciples sont loin du rivage ; c’est la nuit ; le vent est contraire et la barque est “tourmentée” (dit le texte) par les vagues : que c’est dur, sans Lui, de passer sur l’autre rive !
Au petit matin (quatrième veille de la nuit), Jésus, bravant les vents contraires, vient vers eux « marchant sur les eaux ». C’est un défi pour la raison humaine. Une peur incontrôlable les envahit devant l’irréel : « C’est un fantôme ! ». Il faut bien nommer ce phénomène, pour conjurer la peur, même si la réalité est tout autre, et les disciples de se mettre à crier.
Jésus leur parle : « Confiance ! Moi, Je suis ! N’ayez pas peur ! ». Pierre entend ces Paroles, malgré le vent : elles résonnent en lui comme les Paroles de son Maître, mais est-ce bien Lui ?
Il lance alors un défi à Jésus : il sait très bien que personne, pas même un pêcheur, ne peut marcher sur les eaux. « Si c’est bien Toi, ordonne-moi de venir vers Toi sur l’eau ! » Quelle foi ! Qui d’autre que lui aurait osé ? Faut-il qu’il tienne à son Maître pour Lui faire une telle confiance !
« Viens !» répond Jésus
Pierre descend de la barque et marche sur les eaux vers Jésus. Mais voyant le vent fort, il a peur et commence à s’enfoncer. C’est alors un cri de foi : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendant la main le saisit et lui dit : « Homme de petite foi (oligopisté: oligopiste…pensez aux oligoéléments pour se soigner en douceur !) : pourquoi as-tu douté ? »
Montés dans la barque, le vent tombe et ceux qui étaient dans la barque se prosternent et font cette première profession de foi : « Vraiment, Tu es le Fils de Dieu ! »
Profession de foi envers Celui qui a calmé les vents contraires ? Qui a marché sur les eaux ? En effet, qui peut défier ces éléments sinon Dieu seul.
Profession de foi envers Celui qui, par ses Paroles, réconforte et sauve des eaux de la mort.
« Confiance ! » : Attention de Jésus pour ses disciples qu’Il a envoyés seuls dans la barque sur les flots tourmentés.
« Moi, Je suis ! » : Nom de Dieu Lui-même donné à Moïse au buisson ardent. (Ex 3,14)
« N’ayez pas peur ! » : Comme à chaque manifestation, l’intervention de Dieu fait naître une crainte révélant une distance que Dieu ou son messager est obligé d’apaiser.
Qu’en est-il de nous ? De la sensation d’être seuls pour passer sur l’autre rive, alors que Dieu semble bien absent dans notre barque ou celle de l’Eglise ! Lorsque les vents sont contraires et qu’il nous faut peiner dur à travers les divers aspects de nos vies, touchés par les évènements mondiaux, politiques, économiques, mais aussi familiaux de nos proches ou personnels : maladies physiques ou psychiques, affectives ou spirituelles. Souvenons-nous alors des paroles du Christ aux disciples : « Confiance ! Je suis là ! N’aie pas peur ! » Et lorsque s’intensifient les épreuves et que nous oscillons alors, comme Pierre, entre la foi et le doute, lançons comme lui ce cri de foi : « Seigneur ! Sauve-moi ! »
« Viens ! » nous dira-t-Il encore : tu n’en es qu’à la fin de
AMEN !
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HOMELIE 18ème Dimanche Ordinaire. Année A. 3 Août 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 14, 13-21
La multiplication des pains.
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi … gratuitement ?
Dans notre monde, tout s’achète, tout se vend,
Tout s’acquiert en payant.
Dans le Royaume, Il donne gratuitement, largement.
Les textes de ce dimanche l’illustrent de façon éclairante.
Isaïe 55, 1-3 l’annonçait :
« Vous tous qui avait soif, venez, voici de l’eau !
Venez sans argent, sans rien payer…
Mangez de bonnes choses…
Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Ecoutez et vous vivrez !
Je ferai avec vous une alliance éternelle… »
Ce qu’Isaïe avait annoncé, Jésus l’accomplit. Traversant la mer, Il se rend au désert, suivi à pied par une foule. Cela ne vous fait-il pas penser à un personnage de la Bible qui a traversé la Mer, suivi de son peuple pour le conduire au désert ?
Il y recevra une nourriture venant du ciel, une eau jaillissant du rocher ; il sera invité à faire alliance avec le Dieu qui l’a choisi par amour.
Jésus, nouveau Moïse, a été suivi par une foule qui a soif de l’écouter et de vivre;
Il en guérit les infirmes, faisant œuvre de re-création comme seul Dieu peut le faire.
Il nourrit cette foule de cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants, comme seul Dieu peut le faire.
Il le fait au cœur d’une prière qui est devenu celle de la consécration lors de nos Eucharisties.
Il le fait par l’intermédiaire de ministres, ses disciples, qui donne à manger à la foule.
Il le fait abondamment et Il demande que l’on ramasse les morceaux qui restaient, 12 corbeilles, sans doute pour annoncer l’Eglise à venir fondée sur les 12 Apôtres qui recevront la mission de donner le Corps du Seigneur.
Dieu donne sans compter mais Il attend de nous une chose : venir à Lui ; l’écouter ; croire en Lui, humblement, comme un enfant fait confiance à ses parents. Alors, Il peut faire Alliance avec nous et nous faire vivre, quelques soient les évènements heureux ou douloureux de notre vie. St Paul l’a magnifiquement exprimé dans la deuxième lecture de ce jour : « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? Rien ! » Son amour est offert gratuitement : il suffit de l’accueillir.
C’est ce que nous vivons dans chaque Eucharistie lorsque nous venons à Lui, que nous l’écoutons et le recevons en nous dans un cœur, une intelligence et une volonté confiantes en Lui.
Que l’Esprit-Saint nous aide à en avoir les dispositions.
AMEN !
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