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HOMELIE 31ème Dimanche du Temps Ordinaire B. Le plus grand commandement Mc 12, 28b-34 - Le 4 Novembre 2012.

Par Guy :: 01/11/2012 à 23:09 :: Homelies

HOMELIE 31ème Dimanche ordinaire B. Mc  12, 28b-34

Le 4 Novembre 2012.

 

Quel est le plus grand commandement ?”

 

Un scribe, un intellectuel juif connaissant bien les Ecritures, s’avance vers Jésus, sans malveillance, et lui pose une question qui peut nous étonner : « Quel est le plus grand de tous les commandements ? »  La Loi juive comporte en effet 613 prescriptions pour les hommes, 365 négatives (autant que les jours de l’année), et 248 positives, (autant qu’il y a d’éléments composant le corps humain, selon la science de l’époque). Il s’en suit nécessairement des problèmes de choix  de priorités d’où la question du scribe.

Jésus lui répond en se référant à l’Ecriture et en citant le premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… » (C'est-à-dire, tu t’attacheras au Seigneur, en particulier en cherchant à comprendre ce qu’Il veut dans ses Paroles). Ce commandement, le « Shema Israël… » « Ecoute Israël… » (Dt 6,4-5), est le Credo qui est récité chaque jour par les juifs ; le second commandement est la citation d’un passage du livre du Lévitique: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19,18)

Le scribe alors approuve Jésus et ajoute que le rapprochement qu’Il avait fait des deux commandements de l’amour de Dieu et du prochain  « valait mieux que toutes les offrandes et les sacrifices » : autrement dit, il affirme que le commandement unique de l’amour est le vrai culte rendu à Dieu. Jésus voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, le félicite et pourtant lui dit : “ Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu ”

Que lui manque-t-il donc à ce scribe pour qu’il soit dans le Royaume de Dieu ?  Il ne suffit pas de savoir ce que Dieu demande : il faut aussi vouloir et pouvoir le faire ; et comment vivre un amour si exigeant ? Comment respecter un tel commandement ? Le scribe devra attendre encore un peu pour comprendre comment entrer dans le Royaume de Dieu.

En effet, pour entrer dans le Royaume, il faut accueillir en soi l’Esprit de Jésus qui nous a été rappelé à la Toussaint par les béatitudes. Il demande d’accueillir Jésus Lui-même, pétri d’amour, constitué par l’amour, qui a aimé jusqu’au bout et qui par sa mort et sa résurrection peut nous enraciner dans un amour toujours plus grand et plus profond. Il se charge de nos faiblesses en amour, et même de nos erreurs, de nos refus, de nos péchés, et nous donne son Esprit Saint. Il nous communique ainsi la force d’aimer qui va jusqu’au pardon et l’amour des ennemis. Jésus accomplira cela à Pâques, à Jérusalem : par la suite, les Apôtres, témoins, le révèleront après la Pentecôte. Le scribe, comme chacun de nous, pourra alors entrer dans le Royaume avec l’Esprit de Jésus.

 

L’amour comme seule et unique règle de vie des croyants accomplit ce que la Loi proposait au peuple de l’Alliance. En communiant au Christ, nous entrons en communion avec Dieu et avec nos frères, communion inséparable qui, si elle n’est pas respectée, fait de nous un menteur : « Si quelqu’un dit qu’il aime Dieu et qu’il hait son frère, il est un menteur » 1 Jn 4,20.

 

Continuons à accueillir le Seigneur pour apprendre à aimer. Rendons-Lui grâce et comme le scribe, chantons : « De quel amour j’aime ta loi ! Tous les jours je la médite ! » Ps 118. 

 

Mais le Christ n’est-Il pas notre Torah ?

 

        

AMEN !

HOMELIE TOUSSAINT. Les Béatitudes Mt 5, 1-12a - Jeudi 1er Novembre 2012.

Par Guy :: 29/10/2012 à 23:25 :: Homelies

HOMELIE TOUSSAINT.

Jeudi 1er Novembre 2012.

 

Les Béatitudes (Mt 5, 1-12a)

 

Quel paradoxe entre l’attrait suscité par l’invitation joyeuse de Jésus à être heureux et le défi que lance chaque béatitude au bon sens commun de l’homme ! Vous avez entendu : « Heureux les pauvres, les doux, ceux qui pleurent, les affamés de justice, les miséricordieux… » Mais c’est tout le contraire ! Tous ces gens-là n’intéressent personne et même on les fuirait comme des rabat-joie ou des gêneurs.

Et pourtant, ceux-là même qui les critiquent et s’en moquent sont-ils vraiment heureux ?

Il convient bien sûr de ne pas faire de fausse interprétation sur ces béatitudes et tout d’abord, de les traduire correctement. Pauvre n’est pas opposé à riche, mais à orgueilleux (Pauvre de cœur, mot à mot : « petit de souffle » c'est-à-dire non rempli de soi-même, et donc il y a de la place pour les autres… et pour Dieu ! Toutes les autres béatitudes en découlent mais elles peuvent nous effrayer par leurs exigences.

C’est là que les saints nous sont d’un grand secours à condition de ne pas les prendre d’abord comme des héros, mais comme des femmes et des hommes de foi qui ont fait confiance en écoutant et suivant leur maître et Seigneur Jésus.

Croyez-vous que les François d’Assise, les Vincent de Paul, les mères Teresa, les Charles de Foucault, les Jeanne Jugan ou les curés d’Ars bref tous les bienheureux et les saints aient été au départ des champions de l’Evangile ? Je ne crois pas, mais un jour ou petit à petit, ils ont été touchés par une parole du Christ et ils ont découvert qui était le Père dont parlait si souvent Jésus. Un Père passionnément amoureux des hommes et qui désire que chacun devienne son enfant comme nous le rappelait St Jean dans la deuxième lecture de cette fête. Bien sûr, Le Père compte sur notre concours et ne fait rien sans nous : c’est une question d’amour respectueux. La multitude de ces hommes et de ces femmes que nous dévoilait l’Apocalypse a donc écouté le Fils et mis en œuvre une des béatitudes en l’accomplissant jusqu’au bout.

L’humilité pour Saint François, le curé d’Ars, Sainte Bernadette, la petite Thérèse ; la douceur et la sagesse spirituelle pour Saint François de Salles ; la soif de justice pour Jeanne d’Arc, Marcel Calot, Mgr. Oscar Romero ou l’aumônier allemand Franz Stock ; la miséricorde pour mère Teresa, Jeanne Jugan ou Sr Faustine ; la fidélité dans la persécution pour sr. Edith Stein et sa solidarité avec son peuple d’origine… Vous en nommeriez bien d’autres, canonisés, béatifiés ou en voie de l’être ; peut-être aussi parmi un proche de votre famille ou de vos connaissances qui ont illuminé leur vie par l’humilité, la douceur, la patience, la compassion, la droiture et le pardon. Vous en trouveriez  même parmi les membres d’autres confessions chrétiennes (comme Martin Luther King ou Bonhöffer) ou même encore s’inspirant de l’esprit évangélique, sans être chrétien, comme Gandhi. En chaque témoin, nous pouvons retrouver l’une ou l’autre des Béatitudes proposées par Jésus. Chacune conduit au vrai bonheur, celui d’aimer en vérité et  de rencontrer Dieu, source de cet amour. Et enfin, de devenir son enfant bien-aimé.

C’est en nous engageant sur ce chemin de bonheur que l’Esprit de Dieu transforme notre cœur en venant l’habiter et en combattant contre les forces du mal, comme encore cette multitude de gens vêtus de blanc dont parlait l’Apocalypse et qui était sauvée par Jésus, l’Agneau. Jésus n’a-t-Il pas illustré Lui-même ces Béatitudes tout au long de sa vie ?

 

En Communion avec Lui et avec tous les saints et bienheureux, choisissons l’une des béatitudes et familiarisons-nous avec l’un ou l’autre de ces aînés dans le Royaume qui l’ont particulièrement bien illustrée en le prenant comme “parrain” ou “marraine”, non seulement comme notre modèle, mais également comme intercesseur, actif auprès du Père dans cette immense Communion des Saints que nous proclamons chaque Dimanche dans notre Credo.

Rendons grâce au Seigneur pour le Trésor spirituel qu’Il nous offre et Bonne Fête à Tous !

        

AMEN !

HOMELIE 30ème Dimanche du Temps Ordinaire B. Bartimée Mc 10, 46-52 - 28 Octobre 2012.

Par Guy :: 25/10/2012 à 20:46 :: Homelies

HOMELIE 30ème Dimanche du Temps Ordinaire B.

28 Octobre 2012. Mc  10, 46-52

 

Bartimée, l’aveugle de Jéricho.

 

Josué  [Jésus et Josué se disent dans la Bible grecque des LXX de la même façon : Yeoshua, « Dieu sauve »] sort de Jéricho : il a traversé la ville et il ne s’est rien passé !  Et pourtant, Jéricho représente le moment fort de l’entrée en Terre Promise, la première ville conquise par les hébreux arrivant d’Egypte après 40 ans de désert. Regardons de plus près.

Tandis que les disciples et une foule nombreuse accompagnent « Jésus de Nazareth », assis au bord du chemin, se tient un homme qui a perdu la vue, Bartimée. Dans l’Evangile de Jean, Jésus rencontre un autre aveugle de naissance et la question de ses disciples est tout de suite de demander : « Rabbi, qui a péché pour qu’il soit né aveugle : lui ou ses parents ? » (Jean 9, 3). Dans la mentalité de ce temps, toute infirmité était considérée comme une punition due à une infidélité à Dieu. Jésus répond de façon radicale : « Ni lui, ni ses parents ! » ouvrant un regard tout autre sur Dieu.

Toujours est-il que Bartimée est exclu de la vie ordinaire, laissé sur la touche. Cependant, s’il ne voit pas, il écoute, en vrai fils d’Israël : « Ecoute Israël… » « Shema Israël… » Deutéronome 6, 4, profession de foi de base de tout israélite, répétée trois fois par jour. Dans sa nuit, n’éprouve-t-il pas un manque profond de communication ? Il est de ceux que désigne la béatitude : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés » (Matthieu 5, 5) que l’on peut traduire mot à mot : « En marche (levez-vous !) ceux qui sont en deuil (et qui donc vivent un manque profond) : ils auront la Consolation, (c'est-à-dire, le Messie Lui-même) », comme le vieillard Siméon qui attendait la “Consolation d’Israël” : Luc 2, 25.

Un cri jaillit alors de sa poitrine : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » N’est-ce pas là une vraie profession de foi messianique?  La foule ne voit en Jésus que le rabbi guérisseur de Nazareth à qui elle fait honneur. Elle est gênée par les cris de détresse et d’espoir de cet aveugle. Mais lui, de plus en plus fort, clame sa profession de foi et son espoir : « Fils de David, aie pitié de moi ! ». Malgré le brouhaha, Jésus s’arrête : lui aussi sait écouter. Alors la foule change d’attitude : « Bon ! Courage ! Lève-toi, Il t’appelle ! » Et lui rejetant son manteau, se libérant du peu qu’il avait, bondit vers Jésus.

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Quelle drôle de question ! Mais ne traduit-elle pas toute la délicatesse de Jésus qui demande que nous disions clairement ce que nous désirons, même quand la demande est on ne peut plus naturelle et humaine ?  « Que je recouvre la vue ! » A comprendre au premier comme au second degré : voir, jouir de sa vue, et voir le vrai sens des choses telles que Dieu les voit. « Va, ta foi (cette autre manière de voir à la façon de Dieu) t’a sauvé ». Elle t’a fait entrer dans toute la lumière, Bartimée, à tel point qu’à présent, tu veux suivre ton Sauveur. « Il recouvra la vue et le suivait sur le chemin ».

Jésus quitte Jéricho pour monter à Jérusalem, cœur de la foi. Il va y être acclamée par la foule aux cris de : « Hosanna au Fils de David ! » (Marc 11, 8-10) et les gens jetteront leurs manteaux sur son passage.

         Le chemin de libération du Sauveur commence à Jéricho pour s’achever à Jérusalem, avec, comme pour héraut et premier sauvé, Bartimée. Ce chemin fait appel à la foi qui fait entrer dans la Vie.

 

ü “Voir” au-delà des apparences, comme Bartimée qui devint son disciple (acolyte dans le texte) et non comme cette foule « suiveuse » qui accompagnait Jésus.

ü Eprouver nos manques pour lui demander de les combler, Lui le Messie, la Consolation d’Israël, le Fils de David.

ü Suivre le nouveau Josué, suivre le libérateur, sur la route alors qu’Il monte à Jérusalem pour passer de ce monde à son Père, de cette terre à la terre promise définitive.

 

Bartimée : le fils de Timée, dit l’Evangile, mais cela ne nous renseigne pas beaucoup. Et pourtant, Timée, en araméen, désigne l’impur ; celui qui a péché : Bartimée, le “fils de l’impur” ; mais en grec, cela signifie : “Le fils très précieux” !

Ne nous invite-t-il pas à une magnifique conversion ?

AMEN !

HOMELIE 29ème Dimanche Ordinaire B. Demande des fils de Zébédée Mc 10,35-45 21.10.2012

Par Guy :: 22/10/2012 à 1:49 :: Homelies

HOMELIE 29ème Dimanche Ordinaire B. Mc 10,35-45

21.10.2012

 

Demande des fils de Zébédée

 

L’Evangile de ce Dimanche est à la fois pittoresque et bien révélateur. Pittoresque car il met en scène deux disciples qui composaient avec deux autres frères, Pierre et André, le noyau dur des Apôtres de Jésus. Il les a appelés à être témoins de la résurrection de la fille de Jaïre : Mc 5,37 ; de sa Transfiguration : Mc 9,2 ; de ses pleurs sur Jérusalem « qui n’a pas connu le temps où elle a été visité » : Mc 13,3 enfin de son Agonie : Mc 14,33.

« Fils de Zébédée », quelle belle appellation ! Elle vient de l’hébreu « Ze-badyahu » qui signifie « Cadeau de Dieu » ! Et en effet, ne croyons pas trop vite qu’ils aient été plus ambitieux que les autres apôtres qui s’indignèrent de leur démarche. N’ont-ils pas  tout quitté pour suivre Jésus ? Ils avaient pourtant une belle place auprès de leur père Zébédée, patron d’une pêcherie florissante. S’ils demandent à être l’un à droite, l’autre à gauche de Jésus, n’est-ce pas pour rester tout près de Lui ? D’ailleurs, Jésus ne les blâme pas, ni ne se fâche : Il les invite à Le suivre sur le chemin difficile de Sa Passion et de Sa Mort où « Il boira Lui-même la coupe jusqu’à la lie ».

         Jésus livre alors son message essentiel, celui qui nous révèle Dieu tel qu’Il est. « Le Fils de l’Homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ». Le mot « rançon » est souvent mal compris. J’emprunte à Marie-Noëlle Thabut le commentaire suivant : « Aujourd'hui, quand nous entendons le mot rançon, c'est dans le contexte d'une prise d'otage, il s'agit de payer la somme exigée par les ravisseurs, seul moyen d'obtenir la libération du prisonnier. Le mot « rançon » désigne le montant de la somme à verser... Tandis qu'à l'époque du Christ, au contraire, le mot « rançon » signifiait la libération, c'est-à-dire la seule chose importante en définitive. Le mot grec qui a été traduit par rançon (Lutron) est dérivé du verbe Luw) qui signifie « délier, détacher, délivrer…Dieu est libérateur »                 

 [http://www.eglise.catholique.fr/foi-et- vie chretienne/

 commentaires-de-marie-noelle-thabut.html]

        

Rester près de Jésus et porter son message comme l’ont fait Jacques et Jean, c’est devenir « serviteur » comme le maître, donné à fond, « jusqu’au bout ». (L’Evangile utilise également le mot « esclave »). Seuls ceux qui ont vécu et vivent aujourd’hui cela ont été ou deviennent vraiment « missionnaires ».

         Tels sont  mères Teresa, sr Emmanuelle, le P. Ceyrac et le P. Jacques BERTHIEU, 21 ans missionnaires à Madagascar, martyrisé le 8 juin 1896, que Benoît XVI canonisera  aujourd’hui. Et tant d’autres, consacrés ou laïcs, qui souvent au prix de leur vie, ont vécu ou vivent l’Evangile et l’ont annoncé ou l’annoncent sans volonté de dominer ou de coloniser. Tous et chacun d’entre nous, dans des situations très diverses : parents, éducateurs, enseignants, catéchistes, animateurs d’Aumônerie ou de parcours ALPHA, membres de Communauté Nouvelle, mais aussi engagés et bénévoles dans un service caritatif ou auprès de malades ou personnes âgées, nous avons à vivre en serviteur avec ce « cocktail missionnaire » fait de respect, bienveillance, accueil, patience, vigilance et courage, priant sans cesse l’Esprit Saint.

         Prions Le les uns pour les autres ; pour les missionnaires au loin ou tout près de nous, en particulier pour nos quatre jeunes femmes parties aux quatre coin du monde.

         Mgr. Olivier SCMITTHAEUSLER, vicaire apostolique de Phnom Penh, au Cambodge, s’exprimait ainsi cette semaine au Synode des évêques à Rome : « Faisons vivre une Eglise qui touche le cœur, qui est hospitalière, joyeuse et qui prie »

        

AMEN !

HOMELIE 28ème Dimanche Ordinaire B. L’Homme riche Mc 10, 17-30 14.10.2012

Par Guy :: 22/10/2012 à 1:48 :: Homelies

HOMELIE 28ème Dimanche Ordinaire B. Mc 10, 17-30

14.10.2012

 

L’Homme riche

 

Voici donc la célèbre rencontre de Jésus avec un homme, jeune chez St Matthieu, notable chez St Luc, les trois évangélistes s’accordant pour remarquer qu’il était riche. A la question qui semble essentielle à ses yeux : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus, en bon rabbin, comme dimanche dernier, répond par une autre question : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? » Déroutant, n’est-ce pas ; d’autant plus déroutant que nous savons qu’Il est Dieu et qu’Il semblerait faire comprendre qu’il n’y a qu’un seul Dieu, et que celui-la seul est bon. Ceux qui refusent de reconnaître la divinité de Jésus utilisent ce passage comme preuve donnée par Jésus Lui-même. Eh bien précisément, Jésus nous révèle quelle est la nature du vrai Dieu : non pas Celui de nos rêves et de nos imaginations venant combler tous nos désirs ou nos frustrations, mais Celui qui s’est voulu tellement aimant, proche et respectueux de la liberté de sa créature, l’homme, qu’Il renonce à sa toute-puissance pour ne lui proposer que son amour humble, qui accepte même le refus à son appel et n’en demeure pas moins aimant. Ce faisant, dans ce même passage de l’Evangile, Jésus ne nous révèle-t-il pas son amour infiniment puissant : « Tout est possible à Dieu »

         A aucun moment Il ne se comporte comme un gourou. En Lui, aucun désir de possession, et c’est pourquoi, il répond quand même à son interlocuteur en le renvoyant au Décalogue (les dix Paroles) qu’il connaît bien, en les limitant d’ailleurs à ce que l’on pourrait qualifier de « loi naturelle ». [Marc ajoute même un commandement qui n’est pas dans le Décalogue mais qui résume ceux énumérés: « Ne fais de tort à personne ». Bien utile !]

         L’homme riche déclare les observer tous depuis sa jeunesse, sa Bar Mitsva, l’âge où il est devenu « fils d’Israël ».

         Alors « Jésus, après avoir posé son regard sur lui, l’aima » Etonnant ! Comme s’il ne l’aimait pas avant ! Voilà bien la manière de faire du Dieu Vivant qui attend notre bonne volonté et notre détermination ; partant d’elle, Il révèle ce qui manque pour accomplir en nous la plénitude de sa présence. Il manifeste un amour plus personnel. « Une seule chose te manque… » Que lui manque-t-il ? « Va ! » (Ne reste pas dans l’état où tu es…) ; « Vends ce que tu as… » (Dépossède-toi de ce que tu as : en fait, tu crois posséder toutes tes richesses, mais n’oublie pas qu’elles sont à Dieu et que tu n’en es que le gérant. Alors, imite ton Dieu : il s’est dépossédé de sa toute puissance : tu viens d’en avoir un modèle sous tes yeux en la personne de Jésus…). « Donne-le aux pauvres… » Puisque tu en as été le bon gérant, puisque tu es riche, fais-en profiter les pauvres : tu donneras un plus grand sens à ta gérance et tu seras déjà en communion avec le ciel, c'est-à-dire Dieu Lui-même… : « Puis viens, suis-moi ! » Suprême invitation à entrer dans la démarche et l’intimité non pas d’un gourou mais d’un Sauveur, Dieu, qui s’est fait notre frère et nous apprend à l’être avec tous.

 

         Que retenir de tout cela ?

 

  1. Cette belle affirmation du Père Varillon : « Dieu n’est tout-puissant que de la toute-puissance de l’amour ! ».

 

  1. Que toute relation aux autres doit être chaste, c'est-à-dire emprunte d’un infini respect pour ce qu’il est, ses projets, ses choix, et en particulier lorsque nous sommes en responsabilité dans une relation, notamment conjugale, parentale, éducative ou comme témoin du Christ, de son Evangile et de son Eglise.

 

  1. Que dans le rapport à nos biens et richesses de tous ordres, nous avons à nous situer en gérant et non en propriétaire. Cela a des répercussions en matière de partage avec de plus pauvres, en matière d’écologie, en matière d’équilibre de vie : nous voulons tellement tout faire, tout voir…

 

 

Mais ce que vous proposez est impossible !

 

« Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu » J’ajoute : « Parce qu’Il nous aime qu’Il ne veut rien faire sans nous et… que nous voulons l’aimer »

 

        

AMEN !

HOMELIE 27ème Dimanche ordinaire B. « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » 7.10.2012. Mc 10, 2-10

Par Guy :: 06/10/2012 à 19:53 :: Homelies

HOMELIE 27ème Dimanche ordinaire B.

7 Octobre 2012. Mc 10, 2-10

 

« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »

 

Question délicate que l’on pose encore bien souvent à l’Eglise catholique sous la forme suivante : « Pourquoi l’Eglise ne reconnaît-elle pas le divorce ? ». Il faut, comme le demande Jésus dans le même passage d’Evangile, accueillir les paroles du Royaume de Dieu avec un cœur d’enfant, confiant dans l’immense miséricorde divine.

En bon rabbin, Jésus répond à la question par une autre question : « Que vous a prescrit Moïse ? » Ils le savent bien : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation » ainsi les deux seraient déliés de leur engagement matrimonial et pourraient se remarier. Mais Jésus commente aussitôt : « C’est en raison de l’endurcissement de votre cœur… ».

Jésus donne la raison de cette loi, mais il entraîne vers une autre manière de voir les choses. «[En hébreu, Bereshit, de Rosh, la tête] Au commencement…à l’origine…en tête…dans la pensée, l’intention de Dieu…qu’y avait-il ? » Il y avait l’homme et la femme, créés à son image et ressemblance, capables, par l’amour qui les unit, de révéler l’amour invisible mais pourtant bien réel de Dieu. Ils recevaient la vocation de manifester l’amour de Dieu qui donne et qui accueille sans cesse. Etre un.

Certes, Jésus sait bien que ce n’est pas toujours facile de répondre à cet appel et que chacun en amour peut à certains moments vivre un sentiment de frustration, d’échec. Mais n’y a-t-il pas bien des domaines, autres que la vie conjugale, où les échecs à vivre l’Evangile peuvent se produire ? Quand il s’agit de pardonner, de partager, de refuser tout mensonge, toute combine, toute forme de violence en paroles ou en actes, etc… Cela ne remets  pas en cause les intentions de Dieu : son appel à la sainteté en vivant l’Evangile et en particulier, en faisant grandir un amour conjugal qui doit s’épanouir dans la durée et l’engagement pour la vie est toujours là : Il nous fait confiance. A nous de vivre avec Lui.

Ce faisant, pour aider à mieux comprendre ce qu’est l’amour conjugal, Jésus ajoute une parole qui au premier abord peut paraître tranchante et définitive : « Donc, ce que Dieu a uni, l’homme ne le sépare pas ! » En fait, bien traduite, cette parole peut considérablement éclairer l’engagement qu’Il demande. Il est écrit dans le texte original grec, mot à mot : « Ce que Dieu a mis sous le même joug ». Le mot utilisé par l’Evangéliste Marc (comme Matthieu d’ailleurs) est unique dans tous les Evangiles. C’est donc qu’il n’a pas été choisi au hasard. Le Joug : Çà évoque plutôt pour nous quelque chose de pénible : un vainqueur qui soumet, écrase, tyrannise un vaincu. Mais le sens premier de ce mot est tout autre : joug : “pièce de bois servant à atteler une paire d’animaux de trait” écrit l’encyclopédie de Larousse.

                   Joug vient du grec : Zugon, zugon, et a pour racine Indo-Européenne “yug”  qui signifie “atteler” (il est de la même famille que yoga, qui en sanscrit signifie : “connexion”, principe philosophique et méthode pour réaliser l’unité entre le physique et le mental, l’esprit). En latin, joug se dit « jugum » : il a donné « conjugum » (“avec le même joug”) et en français « conjugal ».

                   Cette petite remarque étymologique nous oriente vers une dynamique d’unité non pas de  fusion mais de communion. Ainsi Jésus invite le couple à s’aimer d’un amour de communion. Il ne veut pas que l’un disparaisse au profit de l’autre, ou que s’établisse entre eux une relation de  “dominant/dominé”, ou encore que l’un et l’autre soient réduits à l’inconsistance. Ces situations sont à l’origine de bien des disfonctionnements, des souffrances, qui aboutissent à des séparations. Au contraire, Jésus invite les conjoints à se donner et s’accueillir, chacun eux-mêmes, bien vivants, se complétant, faisant naître l'autre à une vie sans cesse nouvelle et faisant naître la vie par la venue des enfants, fruits de leur amour généreux, lorsque cela est possible.

 

                    La première lecture du livre de la Genèse montre Dieu cherchant à l’homme « une aide qui lui correspondra » : mot à mot, écrit en hébreu cette fois-ci, deux traductions sont possibles: Il chercha un  «vis-à-vis » [on ne se découvre et grandit  que grâce aux autres] ou un « côte à côte » [on a besoin d’aide, de soutien et de compagnonnage], les deux aspects favorisant l’épanouissement et le bonheur de l’autre conjoint. Cela ne va pas, bien sûr, sans tensions ou ajustements, mais un peu comme une paire de bœufs sous le même joug, “conjuguant” leurs forces et leurs sens pour tirer des charges inimaginables. « Dieu donne aux époux cette capacité de l’impossible, d’aimer comme Dieu et d’aimer de l’amour même de Dieu » (P. Sébastien CHAUCHAT). C’est dire que le Seigneur est avec les époux pour qu’ils réussissent leur amour : n’est-ce pas cela le sacrement du mariage ?

                  

AMEN !

HOMELIE 26ème Dimanche du Temps Ordinaire B. Mc 9, 38-43.45.47-48 - 30 Septembre 2012

Par Guy :: 27/09/2012 à 1:07 :: Homelies

HOMELIE 26ème Dimanche du Temps Ordinaire B.

 Mc 9, 38-43.45.47-48 -  30 Septembre 2012

 

Si ta main t’entraîne au péché, coupe-la… ”

 

Vraiment très dure cette parole de Jésus et les suivantes ! Bien évidemment, en aucun cas et pour aucune raison, Jésus nous demande de nous mutiler. Alors, comment comprendre ces paroles ? L’Orient utilise volontiers un langage imagé : en hébreu, le mot “plage” se dit : “Les lèvres de la mer”. En français aussi, nous avons bien des expressions que nous ne prenons pas heureusement au pied de la lettre : rien qu’avec le mot “porte” vous pouvez vous amuser à relever toutes les expressions imagées  qui le contient : “Prendre la porte” “Fermer sa porte à quelqu’un” “Toutes les portes lui sont ouvertes” “Frapper à la bonne porte” “Entrer par la grande ou la petite porte” “Mettre la clé sous la porte” …

La main désigne ce que l’on fait : tu risques de faire du mal, ne le fais pas ! Renonce radicalement à ce qui risque de te faire faire le mal. L’œil désigne ce que l’on regarde : tu risques de regarder des choses mauvaises, malsaines : bagarres, violence, pornographie… dont les images pollueront ton regard sur les personnes : alors coupe ta vue, détourne-toi, éteins ton ordinateur, ton poste…! Le pied désigne la marche qui nous conduit quelque part ou dans un groupe: en ce lieu ou dans ce groupe, tu risques de faire le mal, alors n’y va pas !

Jésus nous parle un peu comme un chirurgien qui sait très bien qu’il faut extirper d’un organe la tumeur qui le ronge. Alors, il nous aide à avoir le courage de le faire… avec Lui : c’est vraiment le bon médecin. Car le mal, au départ, a toujours quelque chose d'attrayant, qui nous fascine et contre lequel il est très difficile de résister. C'est un peu comme une planche savonneuse.

         Mais revenons à la première lecture de ce Dimanche : Livre des Nombres ch.11, versets 25-29. Eldad (“Dieu a aimé”) et  Medad (“amour”) prophétisent dans le camp des hébreux, alors qu’ils auraient du se rendre avec les autres prophètes à la Tente de la Rencontre auprès de Moïse. Josué lui demande de les arrêter : et pourtant, ils comptaient bien parmi les 70 anciens qui avaient été choisis !

 

Que nous raconte le début de l’Evangile de ce jour ?

Jean, l’un des Douze, rapporte à Jésus qu’il a voulu empêcher quelqu’un de chasser les esprits mauvais au nom de Jésus, parce qu’il ne faisait pas partie de leur groupe.

Deux situations très voisines à quelques 1200 ans près.

Que lui répond Jésus : « Qui n’est pas contre nous est pour nous »

Et aujourd’hui ?

 Comme il est difficile de reconnaître que ceux qui ne pensent pas comme nous, qui ne font pas comme nous, qui ne participent pas aux mêmes activités que nous, et qui pourtant se réclament de Jésus Christ, puissent être cependant très proches et aller dans le même sens que nous ! Nous risquons de juger vite, de classer vite ceux qui ne sont pas du même bord, du même milieu, ceux qui ne sont pas de la même sensibilité liturgique ou plus encore de la même Eglise que nous. Et pourtant, beaucoup de ceux-là cherchent à mener une vie conforme à l’Evangile et à la fidélité au Christ, principalement dans le service de leurs proches qui en ont besoin.

“Ah ! Si le Seigneur pouvait mettre son Esprit sur eux, pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes !” répond Moïse à Josué.

Que l’Esprit de Pentecôte reçu au Baptême, conforté à la Confirmation, prié tous les jours, nous rende attentifs, accueillants et bienveillants à tous ceux qui, proches ou lointains, se conduisent selon l’Evangile de Jésus Christ.

“Il y en a qui paraissent en dehors du bercail et qui sont au-dedans, disait St Augustin, et d’autres qui paraissent dedans et qui sont dehors  

AMEN !

HOMELIE 25ème Dimanche ordinaire B. "Accueillir Dieu comme un enfant"Mc 9,30-37 23 Septembre 2012.

Par Guy :: 20/09/2012 à 14:40 :: Homelies

HOMELIE 25ème Dimanche ordinaire B. Mc 9,30-37

23 Septembre 2012.

                                        "Accueillir Dieu comme un enfant"

         Jésus, faisant une dernière halte dans la maison  à Capharnaüm, avant de monter vers Jérusalem, annonce une deuxième fois aux Apôtres sa passion, mais il n’a pas plus de succès que Dimanche dernier. C’est l’incompréhension la plus totale. Cette fois-ci, même Pierre n’ose plus rien dire. De nouveau,  pour se désigner lui-même, Jésus emploie le mystérieux titre de « Fils de l’homme ». C’est probablement une citation du prophète Daniel qui annonçait un « Fils d’homme » venant dans les nuées du ciel (Dn 7, 13). S’appuyant sur cette prophétie, les Juifs de l’époque de Jésus attendaient un Messie triomphant, venant établir sur terre le Royaume de Dieu. Les disciples de Jésus sont dans cette optique-là. Ils rêvent de grandeur et de premières places dans le Royaume à venir. Jésus les invite alors à exprimer le sujet de leurs échanges en chemin. Pris comme des gamins en faute, ils se taisent « car ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand »

         Jésus fait alors un geste parlant. Prenant un petit enfant (au-dessous de 7 ans, l’âge dit de raison), Il le place au centre du groupe des disciples grâce auxquels Il fondera Son Eglise. Il le prend dans ses bras comme on serre contre soi ce qu’on a de plus cher, et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom un petit enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille… » Ce geste a du étonner, et en tout premier lieu les Apôtres, tant à son époque, l’enfant ne comptait pour rien : il n’avait pas son mot à dire. (D’ailleurs notre mot « enfant » vient du latin « infans » signifiant “qui ne parle pas” traduisez : “qui n’a pas droit à la parole”!).

         Jésus ne choisit pas un enfant pour sa grâce, son sourire ou son innocence, mais pour sa vulnérabilité, sa faiblesse, sa dépendance totale aux autres. L’enfant est celui que l’on repousse souvent comme turbulent, imprévisible et fatiguant, dont on est parfois tenté de se débarrasser. C’est ce pauvre-là que Jésus montre aux disciples comme son préféré. Mais plus encore : il le présente comme un modèle pour nous ou au moins une référence : de quelle façon ?

D’abord, un petit enfant, naturellement, est capable de tout recevoir comme un don (sans en être toujours conscient) ; il n’a  donc pas de droits à faire valoir ou à défendre. Il se situe au niveau de l’amour spontané et non au niveau du droit. Il sait qu’il ne sait pas tout et il questionne parce que pour lui, beaucoup de choses sont nouvelles. Sommes-nous encore étonnés, voire émerveillés ? Avons-nous soif de connaître, de chercher à comprendre, de questionner, même la Parole de Dieu ?

Un enfant sait qu’il ne peut pas tout, alors après avoir essayé, il demande de l’aide en toute confiance, sûr d’être entendu. Savons-nous demander en osant comme un enfant ? Savons-nous prier, non pas d’une prière mauvaise comme le fait remarquer St Jacques dans la deuxième lecture de ce jour (Jc 4,3) « parce que nous demanderions “plus” pour satisfaire nos instincts » mais parce que nous pensons que c’est nécessaire et que le Père des cieux, qui veille sur nous à tout instant, nous exaucera encore mieux que ce que nous Lui aurons demandé.

Un enfant fait confiance et croit ce qu’on lui dit, ce qu’on lui montre. Faisons-nous confiance à ceux qui ont reçu mission de nous éclairer, de nous éduquer, de nous guider ? La Parole de Dieu, l’Eglise, ses serviteurs et ministres ? En gardant un esprit de discernement et de questionnement absolument nécessaire et responsable, mais en rejetant toute forme de soupçon qui altère ou détruit la confiance.

         Et si comme Jésus, nous mettions l’enfant au cœur  de notre Communauté ? C’est l’avenir du monde et de l’Eglise. Ne faut-il pas en prendre un soin tout particulier ? Se mettre à leur service, n’est-ce pas essentiel ?   Mais ce service n’est pas qu’une tâche indispensable à notre Communauté et à l’Eglise ; il est aussi un merveilleux chemin de transformation de nous-mêmes. Il développe en nous des qualités de cœur qui sommeillaient peut-être : la délicatesse, la bienveillance, l’écoute, l’attention, la compassion et la joie de compter pour quelqu’un, l’enfant ou le jeune. Il permet de créer un monde fraternel non fondé uniquement sur des règles et des droits, mais sur un “service d’amis”.

                AMEN !

HOMELIE 24ème Dimanche ordinaire B. Pour vous, qui suis-je ? Mc 8,27-35 16 Septembre 2012

Par Guy :: 13/09/2012 à 13:35 :: Homelies

HOMELIE 24ème Dimanche ordinaire B. Mc 8,27-35

16 Septembre 2012

"Pour vous, qui suis-je ?"

Voilà une question que Jésus pourrait nous poser : qu’allons-nous Lui répondre, que nous soyons un chrétien déclaré de longue date, que nous soyons récemment venu à la foi ou que nous nous posions encore plein de questions à son sujet.

         A cette question, Pierre a répondu en proclamant : « Tu es le Messie ! » Affirmation extraordinaire et vraie. Personne n’avait osé jusque là dire de Jésus qu’Il était le Messie, l’Envoyé de Dieu, totalement accordé à Lui parce que rempli de son Esprit. [“Messie” vient de l’hébreu “MassiaH” et signifie “Oint” de l’huile qui pénètre la peau pour la protéger ou la guérir. En grec, Messie se dit : “Christos”, Christ.]

Et pourtant, Jésus va défendre à ses disciples de parler de Lui à personne. Pourquoi ?

Parce qu’il ne suffit pas d’affirmer quelque chose : il faut aussi bien la comprendre. Lorsque Jésus annonce “qu’Il va souffrir beaucoup, qu’il sera rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu’il sera tué et que trois jours après il ressuscitera”, alors Pierre se mettra à lui faire de vifs reproches : ce n’est pas ce destin-là que Pierre avait imaginé pour le Messie. Pour lui, le Messie devait être un roi glorieux qui triomphera des ennemis, en particulier de l’occupant romain, et qui rétablira la grandeur de l’ancien royaume de David, manifestant ainsi que Dieu est plus fort que tous. Tel n’est pas le projet de Dieu. Jésus prend un chemin qui renonce à toute forme de violence (le pape Benoît XVI l’a rappelé ces jours-ci) pour apprendre à l’homme la joie et la force d’aimer, plus forts que la mort elle-même, puisqu’ils conduisent à la résurrection. Pierre ne comprend pas cela, pas plus que l’expression « ressusciter ». En faisant des reproches à Jésus, il se met littéralement en travers de son chemin et il se fait traiter de “Satan” par Jésus. [“satan” est le mot hébreu qui signifie : “adversaire” “ennemi” ; “diabolos” en grec : celui qui se jette “ballo” en travers “dia”, comme la diapositive en travers de la lumière du projecteur].        

Et nous ? N’est-ce pas bien difficile de comprendre cela ? Renoncer à soi, prendre sa croix, suivre…“Trop dur !  Laisse tomber !”  Serions nous tenter de dire. Sauf…sauf si l’on désire être avec Celui qui est bon avec tous, attentif, réconfortant, compatissant avec ceux qui souffrent, espérant avec les exclus de tout genre. Mais aussi dénonçant vigoureusement les injustices, démasquant les hypocrisies; et puis, pardonnant ; très à l’écoute de ceux qui viennent le trouver et posant les bonnes questions qui les aideront à changer et se libérer : en somme, « Celui qui est le Chemin et la Vérité et la Vie » Jn 14,6

         Alors oui, vivre maintenant avec Lui, apprendre à regarder comme Il a regardé Marie-Madeleine, m’émerveiller comme Lui et louer de ce que son Père fait comprendre les choses aux petits, prendre le tablier de service pour soulager et finalement aimer comme il sait aimer.

         Prendre ma croix (pas la sienne qui serait beaucoup trop lourde pour moi) devient accepter mes contraintes quotidiennes, [fatigue des transports, ennuis de santé, exigence du travail, des horaires, des tâches éducatives, des besoins d’argent, des situations de voisinage …] : bref, tous  les renoncements imposés par l’existence ou librement choisis, parce qu’en mourrant un peu à moi, je donne vie à d’autres : parents, grands-parents, membres du secours catholique ou d’autres associations caritatives, catéchistes, animateurs d’aumônerie, chefs ou cheftaines scouts, animateurs liturgiques et musiciens, sacristains, et tant d’autres, vous pouvez en témoigner !     

Pour moi, qui es-tu Seigneur ?

Celui que j’ai envie de suivre pour mieux vivre avec Toi et faire que ma vie soit belle avec la tienne : n’est-ce pas ce que Tu nous invites à  exprimer ici à la messe en communiant à Toi ?

AMEN !

HOMELIE 23° Dimanche ordinaire B. Effata Mc 7, 31-37 9 Septembre 2012.

Par Guy :: 06/09/2012 à 21:54 :: Homelies

HOMELIE 23ème Dimanche ordinaire B. "Effata"  Mc 7, 31-37

 9 Septembre 2012.

L’Evangile d’aujourd’hui nous décrit les déplacements de Jésus. Il nomme les villes païennes du Liban actuel: Tyr et Sidon, ainsi que la Décapole,  « déca-polis », ces dix villes qui étaient elles aussi en territoire païen, hors de la “Terre Promise”. Puis Jésus se déplace vers la mer de Galilée, province qui brassait, à l’époque, un grand nombre de nations païennes. Cet épisode de la vie de Jésus se situe entre deux multiplications des pains : l’une destinée au peuple juif, à l’issue de laquelle l’on ramasse Douze corbeilles, comme pour continuer de nourrir les Douze tribus d’Israël et les Douze Apôtres, l’autre avec Sept corbeilles pour continuer de nourrir l’ensemble des nations (chiffre 7) auxquelles seront données Sept Diacres issus du monde païen grec, ces deux multiplications des pains annonçant évidemment le Pain de Vie donné aux juifs comme aux païens.

         Saint Marc veut révéler l’immense désir de Jésus de gagner à l’Evangile, non seulement le peuple héritier des promesses de Dieu mais aussi tous les peuples de la Terre que Dieu aime autant. C’est cette ouverture du Fils de Dieu aux nations qu’il exprime ainsi et qu’il va illustrer par la guérison du sourd-muet, non sans avoir juste auparavant raconté la délivrance du démon auprès de la fille d’une syro-phénicienne, païenne elle aussi.

         Avec cette guérison du sourd-muet, Jésus mène un multiple combat. Il va le faire dans la plus grande discrétion et non sans soupirer, tant la tâche semble immense. D’abord contre le mal physique et probablement psychologique, la surdité et le mutisme étant des obstacles majeurs dans la communication ; puis dans un combat socioreligieux pour cette foule qui veut s’approprier sa propre personne pour en faire un Messie de puissance, à son idée ; enfin, dans un combat spirituel, pour que l’homme s’ouvre à l’écoute de la Parole et puisse l’annoncer. « Ouvre-toi !-  Effata ! » (C’est de l’araméen et cela signifie également : “libère-toi” : nous retrouvons cette racine en arabe, dans le terme « Fatah », mouvement de libération de la Palestine ;

« Ouvre-toi ! » Voilà qui pourrait définir tout l’esprit d’un programme paroissial pour cette année qui reprend. Pour ce faire, il faut nécessairement écouter pour pouvoir parler : « Ses oreilles s’ouvrirent ; aussitôt sa langue se délia et il parlait correctement » (orthos = pas simplement phonétiquement, mais pour dire des choses orthodoxes, selon la vérité de Dieu). Il nous faut donc d’abord être un bon “récepteur” pour être ensuite un bon “émetteur”.  « Ouvre-toi ! »

ü  Applique-toi à écouter, en essayant de comprendre, surtout si cela te surprend : ne transformes pas ce que l’on te dit ; pour cela, sois attentif et vraiment donné à l’autre, qu’il soit ton frère ou ton Dieu.

ü  Quel est ton champ d’écoute ? D’abord ta famille, les « familiers » que tu risques de classer assez vite dans : « Je sais ! J’ai déjà entendu ! Tu radotes ! » Puis ton voisinage, tes collègues ou camarades d’école, tes amis « à qui tu veux du bien » mais dont tu te fais parfois des personnages à ton idée. Sais-tu te laisser surprendre lorsqu’ils changent ou évoluent ?

ü  Ton champ d’écoute, il est aussi dans le silence parfois difficile de la prière, mais où Dieu est présent et tout particulièrement lorsque tu Le cherches et « étudies » sa Parole.

Ton ouverture personnelle, si elle est nécessaire  ne saurait être suffisante. Il faut la situer dans l’effort d’attention et d’ouverture de toute la communauté paroissiale dans sa diversité. Ouverture entre nous, mais comme Jésus vers la Galilée des nations, ouverture à tout ce qui se vit à Montigny et Voisins, sur nos lieux de travail ou de vie associative.

         Le Guide Paroissial, le LIEN sont des moyens qui vont dans dans le sens de cette démarche. Vous y trouverez tous les groupes et équipes qui se mettent au service de tant de personnes, dans les domaines matériels, sociaux, caritatifs, éducatifs, affectifs, culturels et spirituels.

         « Ouvre-toi ! Effata ! » Accueillons cette parole du Sauveur comme un appel pressant. « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu ». Proclamait Isaïe !

AMEN !

HOMELIE 22°Dimanche ordinaire B. Paroles de Jésus quipurifient Mc 7,1-8.14-15.21-23 2.09.2012.

Par Guy :: 30/08/2012 à 10:37 :: Homelies

 

HOMELIE 22°Dimanche ordinaire B. Mc 7,1-8.14-15.21-23

 2 Septembre 2012.

 

Est-ce le but de Jésus d’énumérer les turpitudes qui décrivent nos maladies de cœur ? Bien sûr que non ! N’a-t-il pas voulu, comme l’écrit si bien St Jacques dans la lecture d’aujourd’hui, « nous donner la vie par la parole de vérité » ? Et sur les recommandations du même apôtre, « accueillons-la humblement : parce qu’elle est semée en nous, elle est capable de nous sauver »

         A condition que nous ne nous contentions pas seulement de l’écouter ; mais en la mettant en pratique. Et cette mise en pratique, c’est la charité à l’égard de ceux qui en ont besoin : St Jacques désigne les orphelins et les veuves dans leur malheur, car c’étaient les catégories sociales les plus vulnérables à son époque. Mais il aurait pu nommer toutes les formes de malheur que nous rencontrons aujourd’hui, des personnes gravement malades aux victimes des guerres et des famines, en passant par les personnes âgées abandonnées, les chômeurs longue durée ou les sans papiers.

         Reprenons le Psaume : il présente le « juste » qui se conduit selon les commandements du Seigneur dans la vérité de son cœur. Et c’est bien cela que Jésus veut dire aux scribes et aux pharisiens qui croient rendre un culte à Dieu et acquérir la justice en observant des traditions qu’ils ont inventées au lieu de suivre le commandement de Dieu. Il est même obligé d’expliquer clairement à la foule, fascinée et empêtrée dans tous ces rites, ce qui est pur et ce qui rend impur, c'est-à-dire ce qui est donné à l’homme et ce que l’homme produit du « dedans », c'est-à-dire au fond de lui-même, du cœur. Le cœur dans le langage biblique est le siège de l’intelligence, de la volonté et de l’affectivité. C’est en lui que s’élaborent les pensées et  que se prennent les décisions qui font passer à l’action. Jésus vient guérir les parties blessées de nous-mêmes qui nous détruisent et détruisent les autres. Il nomme ces maladies qui laissent nos cœurs battre au rythme de nos pulsions, de nos désirs ou de nos frustrations et non au rythme de son amour. C’est vraiment le médecin qui nous éclaire par son diagnostic.

         Ainsi, toute prière que nous adressons à Dieu, toute rencontre que nous cherchons avec Lui doit se faire dans cet espace de vérité sur nous-même, éclairé et encouragé par sa parole purificatrice. Sinon, « nous l’honorerons des lèvres, mais notre cœur sera loin de Lui » et restera malade.

         Que la Parole de Dieu reçue, écoutée et mise en pratique jour après jour, grâce à la prière, grâce à un missel quotidien qui la nourrit comme « Prions en Eglise » ou « Magnificat », grâce à une Radio Chrétienne comme  Radio-Notre Dame, ou encore grâce à une revue chrétienne ou un journal quotidien comme « La Croix » qui offre tous les jours une méditation de la Parole de Dieu et présente des actions concrètes de mise en œuvre de cette Parole, que cette Parole, qui purifie et donne vie, atteigne notre cœur, « notre dedans » et nous accompagne chaque jour en nous faisant porter du fruit.

Mais n’est-ce pas le « Verbe de Dieu » qui vient maintenant à nous et pour nous dans cette Eucharistie ?

AMEN !

HOMELIE 21° Dimanche ordinaire B. « Cette parole est dure : qui peut l’écouter ? ». Jn 6, 60-69 - 26 Août 2012.

Par Guy :: 24/08/2012 à 13:36 :: Homelies

HOMELIE 21° Dimanche ordinaire B. Jn 6, 60-69

 26 Août 2012.

           

« Cette parole est dure : qui peut l’écouter ? ».

Et Jésus de répondre : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. »

 

Il est facile de comprendre l’étonnement et la difficulté des premiers disciples qui avaient commencé à suivre Jésus. Celui-ci, en effet, leur fait le don de Lui-même : « Qui mange ma chair et boit mon sang… » ! Suivre quelqu’un dont les paroles, jusque-là, redonnaient sens et vie à la Loi que Dieu avait donnée à son peuple, c’était  merveilleux ! De plus, Il ne se contentait pas de parler, ce rabbi, mais Il accomplissait des signes et prodiges qui accréditaient ce qu’Il disait : ne venait-Il pas de nourrir des foules et de marcher sur la mer ?

Cet homme était manifestement accompagné de la puissance de Dieu : ne valait-il pas la peine de se mettre à son école, fut-elle exigeante ?

 

Mais voilà : à l’image d’un Dieu fort et qui veille sur son peuple, succède celle d’un “Fils de l’Homme” qui dit se donner à manger, “chair et sang” !

 

Et pourtant, que propose Jésus en vérité ?

De le suivre sur le même chemin que Lui. Ce chemin est fait du don de soi et de l’accueil de l’autre ; d’un amour de service et de partage ; d’un amour de convivialité en ce monde souvent égoïste et intéressé. C’est avant tout l’amour vrai que Jésus nous demande de vivre, de répandre et de protéger, parce que seul l’amour conduit à la vie : « Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie ».

Cela demande de faire un choix

Dans la première lecture de ce dimanche (livre de Josué ch. 24), Josué (Yehoshua) invite à faire un choix déterminant à toutes les tribus d’Israël rassemblées à Sichem. Choisissez entre, d’un côté, le Seigneur qui nous a sortis de l’esclavage ; qui nous a protégés tout au long du chemin de l’Exode et qui donne la vie ; et de l’autre, les dieux que vos pères servaient au-delà de l’Euphrate et qui ne sont rien.

De même, Jésus (Yehoshua) propose également un choix aux disciples, sous la forme d’une question de confiance : « Voulez-vous partir, vous aussi ? ».

 

Pierre comprenait-il mieux que les autres ? Ce n’est pas sûr, mais ne voyait-il pas en Jésus quelqu’un qui l’avait appelé personnellement et qui s’engageait totalement envers lui et les hommes pour donner vie, sa vie. Il saisit toute la personne de Jésus dans son mystère et Lui fait une confiance totale : « A qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ». Sans cette relation intime et forte avec son maître et Seigneur, Pierre aurait-il pu affirmer cela ?

 

Voici qu’il nous est demandé à chacun de vivre dans l’intimité avec Dieu et c’est pourquoi ce même Dieu nous offre dans chaque Eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne, d’écouter sa Parole et de s’unir à Lui par le sacrement du don de soi. C’est le choix qu’Il nous demande de faire. Ne craignons pas que cette flamme de vie nous engage dans plus d’amour : elle nous accompagnera et nous protégera.

 

« On ne protège bien un feu qu’en lui permettant de brûler »

 

Que le feu de l’amour de l’Esprit Saint brûle en nos cœurs sans le consumer !

AMEN !

HOMELIE 20°Dimanche ordinaire B. « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? ».Jn 6, 51-58 19.08.2012

Par Guy :: 17/08/2012 à 16:32 :: Homelies

HOMELIE 20°Dimanche ordinaire B. Jn 6, 51-58

19.08.2012

           

« Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? ».

Avouons que nous sommes peut-être un peu habitués à ces paroles de Jésus, mais que pour quelqu’un qui ne les aurait jamais entendues, elles ont quelque chose de radical, voire même de repoussant. Et sans doute, n’oserions-nous pas les répéter à n’importe qui : car il y a vraiment de quoi trouver déroutant ces chrétiens qui les mettent en pratique depuis bientôt 2000 ans !      

S’il faut évidemment écarter toute interprétation fondamentaliste de ces paroles, il est indispensable d’entrer dans l’intelligence de ce que Jésus a voulu nous faire comprendre, tant Il s’engage à fond dans ces mêmes paroles. Jésus ne s’est-Il pas engagé totalement en entrant dans l’histoire des hommes précisément avec une chair ? [Mais le mot “chair” dans la Bible n’est pas réduit à celui des cellules biologiques : il désigne tout l’être humain dans sa condition fragile. Ainsi, Jean écrit : « Le Verbe s’est fait chair et Il a habité parmi nous » Jn 1,14]. Jésus s’est même donné totalement jusqu’à verser son sang en renonçant à toute forme de violence face aux désirs meurtriers de ses ennemis ?

Oui, Il a bien donné sa chair et son sang, et la réalité de ce don du Fils de Dieu dépasse toutes nos représentations intellectuelles, mais s’accorde à l’intelligence de notre cœur. En nous donnant sa chair et son sang, Il nous donne la totalité de ce qu’Il est. Lorsque nous aimons quelqu’un, notre corps ne participe-t-il pas à l’expression réelle de cet amour, qui que nous soyons : parents, époux, grands parents, parent/enfants et même frères et soeurs ? De plus, le corps a pris une telle place dans notre société, malheureusement pas toujours dans le sens de la dignité humaine, que l’on peut même dire qu’il est devenu l’expression ultime de l’identité matérielle de l’individu : pensons aux empreintes digitales incontournables dans les enquêtes policières ; mais aussi le nouveau passeport biométrique et évidemment, l’ADN ! Si bien que l’on peut dire que lorsque Jésus, au cours de la Sainte Cène, prononce ses paroles sur le Pain, Il dit à ses disciples : « Prenez et mangez, Ceci est mon Corps » Cela revient à dire : « Prenez et mangez : Ceci, c’est Moi, Dieu ! » - De même, pour le vin : « Prenez et buvez, Ceci est mon sang » Cela revient à dire : « Prenez et buvez : c’est Moi VIVANT !»   

         Autre détail que révèle le texte original. « Qui mange… » Jésus le répète plusieurs fois dans le texte de l’évangile de ce jour. Au début, trois fois, Il utilise le mot : “Fagueïn” que l’on retrouve, en français, dans les mots : “aérophagie”, “œsophage”, “anthropophage”. Il signifie : manger, simplement, nous alimenter. Puis Il utilise quatre fois le mot “trogôn” qui signifie : mastiquer,  comme pour mieux assimiler la nourriture que nous prenons. C’est d’ailleurs ce qui était recommandé aux juifs dans le “Seder”, rituel de la nuit de la Pâque où l’on consommait l’Agneau Pascal.

         Autrement dit, Jésus nous invite non plus seulement à venir à Dieu, mais à accepter que Dieu, en sa personne, vienne à nous ; à accueillir le don total de Lui-même ! Ce qui veut dire que nous l’invitions tout entier dans notre vie. Cela entraîne que nous tenions la porte de notre cœur et de nos pensées grande ouverte ; ouverte à Lui et ouverte à tous ceux qu’Il nous envoie. Et tout cela, pour que nous ayons la Vie (Zoé, la vie, principe d’animation, et non Bios, la vie physique) : neuf fois nommée dans le passage d’aujourd’hui !

         Ecoutons St Paul : « Ne soyons pas irréfléchis, mais comprenons bien quelle est la volonté du Seigneur… » Evitons la folie du monde et répondons à l’invitation de la Sagesse. La tradition chrétienne y a vu une préfiguration de la personne de l’Esprit-Saint : Il nous conduit sur les chemins de la véritable intelligence, pour manger le pain qui est la vraie nourriture et qui donne la vie éternelle.

         Après la consécration, je chanterai : « Il est le grand Mystère de la foi ! » Oui, il est grand et nous n’avons pas fini de le contempler.

 

Et puis, « chantons le Seigneur et célébrons-le de tout notre cœur ! » pour ensuite vivre de sa Vie.

AMEN !

HOMELIE de l’ASSOMPTION. B. La Visitation. Luc 1, 39 - 56 15 Août 2012

Par Guy :: 14/08/2012 à 0:33 :: Homelies

 

HOMELIE de l’ASSOMPTION. B. Luc 1, 39 - 56

15 Août 2012

 

La Visitation.

            

Cette scène de la Visitation, pleine de grâce, à y regarder de près, a quelque chose d’étonnant, de merveilleux mais peut-être aussi de déconcertant. Deux femmes qui portent chacune la vie d’un enfant, l’une, malgré sa stérilité, l’autre malgré sa virginité, ont défié, par leur accueil du dessein de Dieu, les impossibilités humaines. En effet, là où on ne l’attendait pas, Dieu fait jaillir la vie, et quelle vie ! Celle de Jean-Baptiste, le plus grand des prophètes de la première Alliance et celle de Jésus, le Fils de Dieu. Ce sont deux humbles femmes, l’une toute jeune, l’autre plus âgée, qui bénéficient de cette action divine et se réjouissent ensemble.

         Ne nous étonnons pas que l’Assomption de Marie prolonge et épanouisse cette “ligne de vie” tracée par Dieu Lui-même.

Quelques « enlèvements au ciel » ont déjà été mentionnés dans la Première Alliance (que nous appelons l’Ancien Testament). En Gn 5,24 : « Hénok marcha avec Dieu, puis il disparut, car Dieu l’enleva » et dans Si 44,16 (Ecclésiastique) : « Hénok plut au Seigneur et fut enlevé, exemple pour la conversion des générations » et en Si 49,14.  Hénok est devenu l’une des grandes figures de la tradition juive. Mais il est également cité dans la Nouvelle Alliance en He 11,5 « Par la foi, Hénok fut enlevé, en sorte qu’il ne vit pas la mort, et on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé. Avant son enlèvement, en effet, il lui est rendu témoignage qu’il avait plu à Dieu ».

Le plus célèbre de ces enlèvements fut certainement celui d’Elie, enlevé au ciel sur un char de feu : 2 R 2,11.

Il en est peut-être encore ainsi de Moïse, mort au Mt Nébo, face à la Terre Sainte, dont on n’a jamais retrouvé le tombeau (Dt 34,6) ce qui est, pour le peuple de la Première Alliance le signe que Dieu l’a accueilli.

Enfin, pour Marie, une tradition de Jérusalem, antérieure au IVème siècle, le “Transitus Virginis” ou “Dormitio Mariae”,  présente les derniers instants de la vie terrestre de Marie. « Il se préoccupe de faire pressentir au lecteur que dans le cas de Marie le corps ne subit pas les effets de la décomposition du sépulcre, mais il fut porté au ciel » (http://www.mariedenazareth.com ).  La mort ne peut retenir celle qui a accueilli et chanté la Vie. Loin d’isoler Marie de notre condition humaine en en faisant un être à part, mi-femme, mi-déesse, l’Assomption est à comprendre comme une grâce accordée par le lien de Marie avec Son Fils et par son lien avec le peuple de Dieu. C’est bien parce que Jésus a été ressuscité par le Père que Marie peut, elle aussi, bénéficier de cette Vie non atteinte par la mort. La première disciple de son Fils, première croyante dans le peuple de Dieu, ne fait qu’anticiper le salut promis à tous les chrétiens. Et ce n’est sans doute pas un hasard si ce dogme fut proclamé en la fête de tous les saints, le 1er Novembre 1950 par Pie XII.

 

         Il y a en chacun de nous quelque chose qui ne peut pas mourir. En Marie, c’est son adhésion permanente aux desseins de Dieu qui permet l’essentiel. Elle est la servante du Seigneur, la servante de la Vie, tellement accordée à Dieu qu’Il la reçoit dans ses bras.

         Cet avenir, nous le préparons pour nous lorsque nous choisissons d’être ajusté au dessein de Dieu et que nous choisissons de donner notre vie pour les autres. Accueillons la vie : alors nous franchirons à la suite du Christ, après Marie, le mur de la mort.

         C’est un modèle aussi pour l’Eglise qui, elle aussi, doit se hâter vers la vie, rejoindre les hommes dans leur désir de vivre et leur dire qu’ils ne seront pas déçus en plaçant leur confiance en Celui qui dit : « Je suis la Vie ». Il les conduira là où déjà se trouve Marie.

         Avec elle, réjouissons-nous et louons ensemble le Seigneur pour son merveilleux dessein !         Oui, magnifique est le Seigneur !                                   

AMEN !

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Par Guy :: 08/08/2012 à 13:22 :: Général


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HOMELIE 19°Dimanche ordinaire B. 1 L’épreuve d’Elie R 19,4-8 -Jn 6, 41-51 612 Août 2012

Par Guy :: 08/08/2012 à 13:21 :: Homelies

HOMELIE 19°Dimanche ordinaire B. 1 R 19,4-8 -Jn 6, 41-51

12 Août 2012

           

L’épreuve d’Elie

 

Que soupire Elie dans la première Lecture de ce Dimanche ? « Seigneur, c’en est trop ! Prends ma vie : je ne vaux pas mieux que mes pères ! » Autrement dit : Seigneur, la coupe est pleine : ras le bol ! Je jette l’éponge : à Toi de jouer ! 

J’exagère sans doute un peu, mais il m’est arrivé, tout récemment encore, de rencontrer des personnes écrasées par les évènements dans des situations désespérantes. De façon plus lointaine, mais rendues si proches par les médias, pensons aujourd’hui aux victimes des conflits en Syrie, mais aussi, dans tout le Moyen-Orient, au Nigéria, au Pakistan ainsi qu’aux milliers d’africains tentant de gagner l’Europe et échouant épuisés à ses frontières ou à Lampedousa…

          Elie, comme Jérémie, comme Jésus, fait partie de cette humanité épuisée : il ne s’en prend pas à Dieu, mais souhaite que Dieu reprenne sa vie tant il souffre.

Dans sa déprime, il s’endort : geste symbolique qui rappelle la mort ; [èkoïmètè = se coucha koïmètèrion = dortoir -> cimetière]. Mais un envoyé de Dieu, l’ange, le réveille et lui dit : « Lève-toi… » [anastèti ! mot qui exprime la résurrection : anastasis]. Dieu ne l’abandonne pas : Il est un Dieu de Vie. Elie n’obtempère pas  de suite : il se rendort, mais Dieu ne se décourage pas ; Il tient à la vie de son prophète et Il va Lui donner une nourriture qui rappelle celle de l’Exode au désert : la manne et l’eau du rocher. Elle le conduira, au bout de quarante jours et quarante nuits, à la montagne de Dieu, l’Horeb (qui est aussi le Sinaï) pour le rencontrer.

         

          Jésus, dans son discours aux gens qui l’avaient suivi après la multiplication des pains, va proposer également une nourriture qui conduit à la rencontre avec Dieu. Cette nourriture, c’est Lui-même, Parole de Dieu par excellence et Pain de la vie.

Jésus dit : « Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi… » et « …celui qui croit en moi a la vie éternelle ». Vous avez entendu : « …a la vie éternelle ». Ce n’est pas au futur : c’est au présent.

Quelle est donc cette vie éternelle ? Elle n’est pas une réalité virtuelle ou seulement future, mais un don accordé dès maintenant à celui qui met toute sa confiance en Jésus. Ce langage peut sembler irréel, faisant fi de la mort, qui est une dure réalité. Il n’est cependant pas un opium qui anesthésie la souffrance. Loin d’empêcher de regarder la réalité en face, il ouvre au contraire les yeux sur une réalité plus haute ? Mais celle-ci est si haute que nos yeux ont de la peine à la contempler. Jésus nous invite à regarder le Père avec ses yeux de Fils. Cette contemplation nous fait découvrir la grandeur de l’humanité. Loin de nous couper des réalités du monde, ce regard invite à regarder le monde avec le regard de Dieu. N’est-ce pas ce que nous propose St Paul dans la lecture de ce Dimanche : « Vous avez reçu la marque de l’Esprit-Saint de Dieu : ne le contristez pas. Faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume (ressentiment contre ce qui ne nous plaît pas), emportement (quand quelque chose ou quelqu’un nous résiste ou n’exauce pas notre désir), colère (dans les contrariétés), éclats de voix ou insultes (qui peuvent profondément blesser), ainsi que toute espèce de méchanceté. Par contre, Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns les autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ » (Ep 4, 30-32).

La vie éternelle est un don : certes, nous avons à travailler et faire effort pour accueillir cette vie selon l’Esprit, car Dieu ne fait jamais rien sans nous. Mais elle est un don : loin de nous laisser couchés, sans vie, elle nous ressuscite ! Alors avec grande confiance, nous avons à la Lui demander, et sur notre chemin vers l’Horeb, en nous nourrissant aux deux Tables, celle de la Parole et celle du Pain de la Vie, nous l’accueillerons et nous vivrons dans la grâce de Son Esprit-Saint, évitant de le contrister !

Que le Seigneur nous fasse prendre conscience que la vie éternelle est déjà là.

                AMEN !

MERCI au site ZeBlog.com !

Par Guy :: 04/08/2012 à 15:02 :: Général

Chers amis, comme la bande annonce vous en informe,

ce service de Blog gratuit va s'arrêter au 10 Août prochain.

Je tenais à remercier son Webmaster et ceux

qui l'ont conçu pour sa facilité, sa fiabilité et son efficacité.




Voici le nouveau blog qui prendra le relais:





HOMELIE 18ème Dimanche Ordinaire. B Jésus, Pain de Vie Jn 6,24-35 – 5 Août 2012.

Par Guy :: 04/08/2012 à 13:54 :: Homelies

HOMELIE 18ème Dimanche Ordinaire. B Jn 6,24-35

5 Août 2012.

 

« Moi, Je suis le Pain de la vie; qui croît en moi n'aura jamais faim... »

 

Jésus a multiplié les pains, nourrissant une foule nombreuse qui l’avait suivie. A un certain moment, la foule s’aperçoit que Jésus n’est plus là, ni ses disciples non plus. Elle part à sa recherche vers Capharnaüm et Le retrouve sur “l’autre rive”. Que cherche-t-elle ?

 

     Manifestement, la foule n’a pas compris le signe que Jésus a donné en multipliant les pains après les avoir longuement enseigné. Jésus va donc les inviter « à travailler pour une autre nourriture, non pas une nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle. »

 

     La foule pose alors une autre question qui va à l’essentiel : « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Et Jésus est très clair : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez à Celui qu’Il a envoyé. » Mais là encore, la foule n’est pas prête à mettre sa confiance en Celui qui pourtant l’a enseignée et nourrie : elle demande un signe.

 

          Jésus va refuser toute manifestation extraordinaire et miraculeuse, qui tendrait à entretenir chez les gens la superstition ou bien, à Le faire reconnaître comme un magicien. Il va seulement rappeler un évènement, le signe de la manne qui était devenu pour le peuple juif le symbole de la proximité de Dieu nourrissant son peuple marchant vers la liberté dans le désert au temps de l’Exode. «Il fit pleuvoir la manne » Chantait le Psaume 77 (78) de notre Messe de ce Dimanche « Vous aurez du pain à satiété » entendions-nous dans la 1ère Lecture.

 Oui, mais pour reconnaître ce don de la manne comme don de Dieu, il faut la foi. Croire, n’est-ce pas reconnaître que Dieu est un Père qui veille sur nous et qu’en conséquence toutes les manifestations de sa création sont manifestations de son amour pour nous.

    

Pour reconnaître les dons de Dieu qui » pleuvent » sur nous, il faut passer sur l’autre rive, celle de la foi. Allons-nous « croire en l’Envoyé de Dieu, ce pain de Dieu qui descend du ciel et donne la vie au monde ?».

 

Ce temps estival est propice à nous poser chacun la question :

·      Pour quel pain périssable cours-tu donc toute l’année durant ?

·      Partages-tu ton pain en ce temps de crise aiguë ?

·     Annonces-tu à tes frères le Christ Pain de Vie ? Par une écoute attentive qui leur redonne vie et courage ; par le témoignage de ta fidélité à l’Eucharistie dans des milieux indifférents ou même hostiles ; par l’adoration du Christ présent au tabernacle ?

 

Demandons à l’Esprit Saint de fortifier notre foi et d’éveiller notre regard sur les personnes et les évènements qui nous arrivent pour accueillir Celui que le Père à envoyé. « Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif »

    

AMEN !

 

 

HOMELIE 17° Ordinaire B. Multiplication des pains. Jn 6, 1-15 - 29 Juillet 2012.

Par Guy :: 27/07/2012 à 12:32 :: Homelies

HOMELIE 17° Ordinaire B. La multiplication des pains. Jn  6, 1-15


          C’est lui le grand prophète…

 

A la vue du prodige de la multiplication des pains, les gens disaient : « C’est vraiment Lui le Grand Prophète, celui qui vient dans le monde » Qui donc était ce Grand Prophète tant attendu par les fils d’Israël ?

Avant de mourir, Moïse n’avait-il pas annoncé : « Le Seigneur ton Dieu suscitera pour toi, du milieu de toi parmi tes frères, un prophète comme moi que vous écouterez » Dt 18,15. Et voilà que l’histoire se reproduisait :

ü     comme dans le désert, une foule affamée que Dieu nourrit de la Manne ;

ü     comme du temps d’Elisée, où une grande famine sévissait et où le peuple mangea et il en resta !

Dieu veille « il donne la nourriture en temps voulu » (Ps 144, de ce jour) et « conduit son peuple sur de verts pâturages » (Ps 22, de dimanche dernier) : n’y avait-il pas beaucoup d’herbe à cet endroit-là ?

 

          Jésus devine alors qu’ils veulent en faire leur roi : « Il se retira, tout seul [comme Moïse] dans la montagne ».  

Pourquoi cette fuite ? Parce qu’ils se trompent de prophète et au-delà, ils se trompent de Dieu.

Combien de gens aujourd’hui disent que cela ne sert à rien, n’ajoute rien, de croire en Dieu, puisqu’Il n’intervient pas, ne se manifeste pas ; qu’Il est même parfois dramatiquement absent !…si tant est qu’Il existe ! Ceux-là en ont fait la cruelle expérience, qui voulaient mettre Dieu de leur côté : « Gott mit uns », sur le ceinturon des soldats allemands. Et par moments, lorsque les épreuves sont dures et successives, on peut les comprendre et surtout, ne pas les juger.

Mais Dieu ne “sert” à rien !

En leur échappant, Jésus veut les inviter (et nous inviter) à découvrir qui est Dieu et quel est son prophète. S’effacer après avoir nourri tant de gens, vraiment, c’est ne pas rechercher la gloire ! Il va les mettre en appétit d’autre chose.

Vous avez remarqué que le geste qu’Il a fait avant de donner les pains et les poissons rappelle bien sûr celui de la consécration eucharistique : prendre les pains, rendre grâce et leur donner pour qu’ils mangent et en soient rassasiés.

Manger : “faire corps” avec nous. Voilà un trait de ce Dieu qui veut être si proche de nous, si intime, qu’Il se livre totalement jusqu’à être en nous : un vrai mystère que nous n’avons pas fini de comprendre.

Mais Paul va plus loin encore. Dans sa lettre aux Ephésiens, que nous avons entendue aujourd’hui,  il donne un éclairage sur ce désir de Jésus. Il n’y a en effet qu’un seul Corps et un seul Esprit. Le grand désir de Dieu ne ce manifeste-t-il pas dans l’appel qu’Il nous adresse en nous rapprochant les uns des autres même s’il faut, et c’est bien naturel, « nous supporter les uns les autres avec beaucoup d’humilité, de douceur, de patience » j’ajoute d’accueil, de recherche de comprendre ceux qui nous sont différents et surtout, de refus de juger, de poser un verdict sur quelqu’un. Comprenez bien : ce n’est pas seulement une attitude de vie morale, c’est théologal : c’est répondre à l’appel de Dieu à garder l’unité dans l’Esprit. Jésus ajoutera plus tard, à la veille de sa mort : « Afin que le monde croit ».

 

Quelle joie de pouvoir faire comprendre à ceux qui ont faim de toutes sortes de biens, qu’ils peuvent être rassasiés en « faisant corps » avec Celui qui nous donne son Esprit et nous permet de nous aimer en vérité, évitant d’avoir encore et toujours faim de nourritures qui ne rassasient pas.

Il faut que nous, qui désirons être ses disciples, nous le recherchions, non sans efforts, mais combien comblés lorsque l’unité se réalise dans le respect et l’accueil de chacun.

 

Que cette eucharistie nous aide encore à « faire corps » avec le Grand  Prophète, bien plus que prophète, Notre Dieu, qui nous conduit à la vraie vie : écoutons-le !

AMEN !

HOMELIE 16° Ordinaire B. "Venez à l’écart vous reposer un peu… "Mc 6, 30-34 - 22 Juillet 2012.

Par Guy :: 18/07/2012 à 14:12 :: Homelies

HOMELIE 16° Ordinaire B. Mc 6, 30-34 - 22 Juillet 2012.

          "Venez à l’écart vous reposer un peu… "

Pour beaucoup de nos contemporains, mais aussi nombre d’entre nous, après une année bien souvent chargée en raison de notre travail, de nos tâches éducatives ou pastorales, les vacances arrivent comme un temps indispensable pour souffler un peu et rompre le rythme exigeant de notre quotidien. La Parole de l’Evangile de ce 16ème dimanche du Temps Ordinaire résonne comme une belle approbation du Seigneur Jésus pour vivre ce temps de repos acquis pour tous  il y a 76 ans, avec l’avènement des congés payés (accords de Matignon 1936).

          L’Ecclésiaste dit qu’il y a un temps pour chaque chose : un temps pour travailler et un temps pour se reposer, mais au-delà de cette nécessité humaine élémentaire, quel sens Dieu donne-t-Il au repos ?

Dieu se préoccupe d’abord de son peuple fatigué par sa quête de nourriture pour calmer toutes sortes de faims : Il le conduit sur de verts pâturages. « Le Seigneur est mon berger: je ne manque de rien. Sur de frais herbages Il me fait reposer, près des eaux du repos il me mène, Il y refait mon âme ». Ps 23. Mais Dieu  ne garantit pas seulement le repos à son peuple : il l’étend aussi à tous les serviteurs et esclaves. Il commande le repos du 7ème jour : Il institue le shabbat et sacralise le rythme de la semaine. Ce Repos du shabbat revêt une double signification.

                   La première est de manifester le respect de tout être humain et même de tout vivant qui n’est pas réduit à une machine à servir ou à produire. « Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage, mais le 7ème jour est un shabbat pour le Seigneur ton Dieu. Tu n'y feras aucun ouvrage, toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne ni aucune de tes bêtes, ni l'étranger qui est dans tes portes. Ainsi, comme toi-même, ton serviteur et ta servante pourront se reposer ». (Deutéronome 5, 13-14) 

                   La seconde est l’invitation à imiter Dieu Lui-même : « Car en 6 jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, mais il s'est reposé le septième jour, c'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du shabbat et l'a consacré ». Exode 20, 11. Le shabbat devient alors le jour privilégié de la rencontre avec Dieu qui nous sanctifie.

                   Jésus, en guérissant beaucoup de malades, infirmes, possédés, le jour du shabbat, se révèle le maître du shabbat, venu apporter sa puissance libératrice. Il manifeste la plus grande compassion de Dieu son Père pour ses créatures. Il s’attire assez vite l’hostilité des gardiens de la Loi qui ont détourné l’esprit du shabbat : « Le shabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le shabbat » Mc 2, 27. Loin de l’abolir, Jésus lui redonne son sens et reste fidèle au commandement de son Père pour en trouver les délices. « Et si tu t'abstiens de violer le shabbat, de vaquer à tes affaires en mon jour saint, si tu appelles le shabbat "délices" et "vénérable" le jour saint du Seigneur, si tu l'honores en t'abstenant de voyager, de traiter tes affaires et de tenir des discours,  alors tu trouveras tes délices dans le Seigneur… » (Isaïe 58,13-14).

                   Le repos de Dieu n’est pas seulement la cessation d’une activité, l’arrêt d’un travail : Il est aussi la libération des soucis, des inquiétudes et même des détresses que l’on peut éprouver : toutes les personnes en responsabilité aspirent à ces moments de soulagement, de répit, de rafraîchissement ou de réconfort. Jésus lui-même invite à venir à Lui : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger » (Mt 11,28-30).

                   Ce repos annonce celui donné au terme d’une vie laborieuse consacrée au Seigneur et aux autres. Le prophète Daniel l’annonçait : « Pour toi, va, prends ton repos; et tu te lèveras pour ta part à la fin des jours. » (Daniel 12,13). Le dernier livre de la Révélation, l’Apocalypse, le proclame : « Puis j'entendis une voix me dire, du ciel: “Ecris: Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur; dès maintenant.”- “Oui” dit l'Esprit “Qu'ils se reposent de leurs fatigues, car leurs œuvres les accompagnent. » (Apocalypse 14,13).

 

          Nos vacances sont un temps de re-création où notre corps retrouve sa vraie place, où notre cœur bat  plus fort à l’unisson de ceux qui nous entourent et où nous donnons un espace plus large à Celui qui veut “reposer en nous”. Ne nous invite-t-Il pas aussi à nous “reposer en Lui” ?

« Si le Seigneur ne bâtit la maison,

En vain les maçons peinent;

Si le Seigneur ne garde la ville,

En vain la garde veille.

En vain tu avances ton lever,

En vain tu retardes ton coucher,

Mangeant le pain des douleurs,

Quand Il comble son bien-aimé qui dort. »

                                                       Psaume 126, 1-2

          AMEN !

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