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12° Dimanche Ordinaire B.1° communion des petits. 21.6.2009

Par Guy :: 19/06/2009 à 12:16 :: Homelies

HOMELIE 12ème Dimanche Ordinaire. B

11h St Lubin – 1ère Communion des petits enfants

 21 Juin 2009

 

Voilà un évènement qui va nous faire mieux connaître qui est Jésus. Emmené par les disciples dans une barque, Jésus va affronter une tempête terrible. Les disciples, malgré leur expérience de la mer sont morts de peur. Jésus pourtant est là, dans la barque avec eux, mais Il dort !  C’est comme s’Il était absent. Ils le réveillent ; Jésus alors interpelle le vent et la mer et aussitôt, il se fait un grand calme.

Qui est-Il donc ce Jésus ?  Il commande au vent et à la mer. La mer pour les gens de son pays, c’était une puissance de mort, qui détruisait par ses vagues ou par la noyade. Jésus commande aux forces du mal et de la mort. Seul Dieu peut le faire. Alors, Jésus est vraiment Dieu ? Et si nous Lui faisons confiance, pourquoi avoir peur ?

C’est vrai que parfois dans des situations difficiles, nous avons l’impression, comme les disciples, que Jésus dort ; qu’Il est absent ou ailleurs ; que Dieu est loin. Pourtant, quoiqu’il arrive, Il est à nos côtés et les forces du mal n’auront jamais le dernier mot. Il les a vaincues une fois pour toutes en donnant sa vie par amour pour nous sur la Croix. La veille, Il nous a laissé un signe de sa présence réelle sous l’aspect du Pain, l’hostie, et du vin, la coupe : son Corps et son sang, c'est-à-dire, Lui, Vivant !

Comment ne pas le remercier, tout particulièrement en ce jour où beaucoup d’entre vous vont le recevoir pour la première fois. Venons le recevoir tous les dimanches et alors, non seulement nous goûterons sa présence, mais Il nous aidera jours après jours, à ne pas centrer notre vie sur nous-mêmes [et moi et moi et moi et toujours moi…] mais sur Lui et sur les autres [et Toi et toi et toi, et encore toi…]. De communions en communions, sa place grandira dans notre cœur et même si les tempêtes surviennent, nous le trouverons là, à nos côtés, pour les traverser, et nous resterons toujours avec Lui.

 

AMEN !

 

 


FETE du SACRE-COEUR de JESUS. Forme extraordinaire. 21.06.2009

Par Guy :: 19/06/2009 à 12:11 :: Homelies

HOMELIE Fête du Sacré-Coeur.

9h15 Forme extraordinaire St Lubin – 21 Juin 2009 – Jn 19, 31-37

 

La Fête du Sacré-Cœur de Jésus prend son origine dans le très beau texte de l’Evangile de St Jean que nous venons de proclamer. Pourquoi est-il le seul à relater le percement du côté du Christ sur la Croix alors que Celui-ci venait d’expirer ?

         St Jean lui-même en donne une raison : l’accomplissement des Ecritures authentifiant la mission du Christ et sa mort, approuvée par Dieu, alors même qu’elle restait pour tous le signe évident que Dieu l’avait abandonné. « Aucun de ses os ne sera brisé » : composition du Ps 34,21 et d’Exode 12,46. Et l’autre citation biblique : « Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé » Zacharie 12,10.

Une deuxième raison porte sur la réalité de la mort de Jésus. Pour les juifs, le corps de l’homme est constitué de sang et d’eau : l’effusion de ces deux éléments dit bien que Jésus est mort. Et donc, sa résurrection n’est pas un retour à la vie, mais bien l’entrée dans une nouvelle vie.

Une autre raison, propre à St Jean, manifeste le don de l’Esprit-Saint, comme au Baptême : Eau et Esprit sont intimement liés « Nul s’il ne naît d’eau et d’Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn 3, 5) cf. aussi Jn 7, 38-39 et 1 Jn 5, 6-8.

D’autres encore interprètent le fait en y voyant un sens symbolique : l’eau, le Baptême ; le sang, l’Eucharistie.

Enfin, et pour m’arrêter là, d’autres y voient la naissance de l’Eglise : du côté de Jésus, le Nouvel Adam, naît l’Eglise, la nouvelle Eve.

         Nous voyons combien la réalité de ce récit peut receler de richesse et il n’est pas surprenant que dès le XIIIème siècle, la contemplation de ce passage de la Passion et de la Mort du Sauveur ait suscité un profond mouvement envers le Cœur ouvert à  l’infini de Notre Seigneur.

         Ce mouvement spirituel prit de l’ampleur grâce à St Jean Eudes dès le 20 Octobre 1672, première fête liturgique de cœur de Jésus ; puis il fut relayé par une religieuse visitandine de Paray-le-Monial, Ste Marguerite Marie Alacoque, à qui Jésus apparut en 1673 et 1675, lui montrant Son Cœur. C’est elle qui introduisit l’expression « Sacré-Cœur ».

         Dans le langage biblique, le cœur désigne la personne humaine tout entière, évoquant davantage l’intelligence, la mémoire, la volonté et même le courage. (Souvenez-vous de la tirade du Cid : « Rodrigue, as-tu du cœur ?... ») . Pour Ste Marguerite-Marie, le cœur de Jésus, c’est l’amour infini, mystérieux dont Dieu nous aime ainsi que le don par lequel cet amour devient nôtre. Pour elle et ses successeurs, « l’amour n’était pas aimé » et il fallait réparer ce manque par une dévotion plus grande envers Jésus.

         Le culte du Sacré-Cœur sera approuvé par Clément XIII en 1765, presque cent ans après, et célébré le Vendredi qui suit la Fête du Corps et du Sang du Christ, ou Fête-Dieu. Léon XIII consacra le monde au Sacré-Cœur de Jésus en 1899. Aujourd’hui, après un temps de désaffection, son culte connaît un renouveau, tout particulièrement autour des sanctuaires de Montmartre et de Paray-le-Monial, mais aussi, sous une forme nouvelle, dans la dévotion à la Miséricorde divine, que Sr Faustine, décédée en 1938 à 33 ans, exprimé et qui se développe dans le monde entier, en particulier à Rambouillet dans le groupe de prière qui porte son nom.

         Que la contemplation du côté ouvert de Jésus, en nous faisant puiser à la source du don de l’Esprit-Saint, reçu à notre Baptême et notre Confirmation, ainsi que dans le Pain de la Parole et dans le Pain de Vie accueillis dans l’Eucharistie, fasse, comme l’exprimait si bien St Paul, « …grandir en nous l’homme intérieur en sorte  que le Christ habite dans nos cœurs par la foi, pour que nous soyons enracinés et fondés dans l’amour… ». Ep 3, 16-17

 

 

 

AMEN !

FETE du CORPS et du SANG du CHRIST.B. 14.06.2009

Par Guy :: 13/06/2009 à 15:28 :: Homelies

HOMELIE FETE du CORPS et du SANG du CHRIST. B

9h30 et 18h30 Ste Bernadette - 14 Juin 2009

 

Homélie largement empruntée à un article du P. Alain Chapellier, ancien aumônier des collèges et lycées de Rambouillet, dans le N° de Juin de la revue Message du Secours Catholique, pages spéciales Yvelines.

 

[Lors du dernier repas, le Christ a dit : « Ceci est mon Corps, ceci est mon Sang » et ses disciples Lui ont fait confiance.

Depuis cette date, l’eucharistie est devenue la source  et le sommet de toute évangélisation, l’acte central de la vie de l’Eglise.

     Et, lorsqu’à la Réforme, bon nombre de chrétiens se sont mis à douter de la réalité [permanente] de la présence du Christ dans le pain et le vin consacrés, l’Eglise catholique a réaffirmé la vérité de ce mystère en martelant que, oui, le Christ était authentiquement présent dans le pain et le vin consacrés.

     Paradoxalement, l’accent mis sur cette présence réelle du Christ à l’eucharistie risque parfois d’avoir, ce qu’on ose appeler un effet pervers : celui de faire oublier d’autres paroles même du Christ quand Il s’identifie à ses frères humains : « J’avais faim et vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venu me voir ». (Mt 25, 35-36)

     Autant ceux qui négligeraient l’importance de la présence du Christ au repas de la messe se priveraient d’une richesse essentielle, autant ceux qui oublieraient cet autre type de présence non moins réelle du même Christ dans « le plus petit de ses frères » passeraient à côté d’un aspect non moins essentiel de l’Evangile.

     On en vient à regretter que ce terme de présence réelle ne soit réservé qu’à l’hostie consacrée. Car la vérité de sa parole est la même quand Il dit : « Ceci est mon Corps » que lorsqu’Il dit : « Ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait »…

 

     Il s’ensuit qu’adorer le Christ dans l’Eucharistie sans Le servir dans mon frère est au moins un non-sens, au pis une hypocrisie.

     On trouve dans les récits des Pères du désert, cette phrase d’un auteur hélas anonyme : « Quand tu te tiens en prière et qu’un frère te demande à boire, quitte ton oraison et donne-lui à boire. Le Dieu que tu sers est plus sûr que celui que tu pries ».

 

     Il y a encore d’autres modes de présences réelles que le Christ nous a apprises. « Quand deux ou trois sont réunis en mon Nom, Je suis là au milieu d’eux » (Mt 18,20) ; « Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m’accueille moi-même » Mt 18, 5.]

 

     En cette Fête du Corps et du Sang du Christ, adorons Celui qui se manifeste vivant et réellement présent à nous, dans sa diversité, jusqu’à la fin des temps pour qu’Il nous conduise à aimer et servir nos proches.

 

 

AMEN !

 

 

SAINTE TRINITE. B. 7.6.2009

Par Guy :: 06/06/2009 à 22:25 :: Homelies

HOMELIE Dimanche de la TRINITE. B

18h30 Ste Bernadette- 7 Juin 2009

 

Beaucoup d’hommes et de femmes croient en Dieu, même si les matérialismes et rationalismes de tout bord résistent aux questions fondamentales, comme : « D’où vient notre univers ? Où va-t-il ? Quel sens donner à nos existences quand des tragédies viennent les interromprent brutalement comme nous en avons été témoins ces jours-ci …» Et tant d’autres questions qui interrogent le cœur et l’esprit de l’homme.

     Bien des peuples ont essayé de donner des réponses à ces questions et de multiples cultes et courants religieux sont apparus avec leur cortège de divinités. La première lecture de la Messe d’aujourd’hui (Dt 4, 32-34.39-40) révèle, par la voix de Moïse, qui est ce Dieu qui vient à la rencontre des hommes pour les libérer de leur esclavage et les conduire à la liberté. Il scelle avec eux une Alliance et les invite à y rester fidèles. Ce Dieu se présente comme unique et il n’y en a pas d’autres : c’est le monothéisme que défendent farouchement le judaïsme et l’islam.

Par son enseignement et son comportement, Jésus vient confirmer cette foi en un Dieu unique. Mais Il nous fait entrer dans son intimité. Dieu est amour. Comment aimer si l’on est seul ? Jésus se révèle le Fils bien-aimé (Mt 3,17 ; 17,5), Celui que le Père aime parfaitement (Jn 3,35 ; 5,20) et dont Il est parfaitement aimé (Jn 14,31). Cet amour est l’Esprit Saint.

 Mais comment exprimer cette réalité divine ?  L’Eglise a créé un mot à partir du IIIème siècle : « Tri-unitas », Trinité, Trois en Un. « Trois bougies tellement unies qu’elles ne donnent qu’une seule flamme, l’amour » Image que je tiens du catéchisme de mon enfance pour approcher ce grand Mystère.

     Ce qui est le plus mystérieux et le plus merveilleux, c’est que nous sommes tous invités à entrer dans cette communion d’amour : « … Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit… ».

Que nous prions tantôt l’un tantôt l’autre n’a pas d’importance ; cela manifeste tout simplement que notre esprit peine à saisir ce mystère d’amour dans sa totalité. Notre prière au Père est davantage filiale ; celle au Fils est plus fraternelle et celle à l’Esprit-Saint est sans doute plus “opérationnelle”, lui demandant d’agir en nous par les sept dons qui le caractérisent et qui nous font aimer en vérité et devenir des fils qui crions : « Abba ! Papa ! ».

Mais l’essentiel est de prier et d’entrer dans cet espace d’amour dans lequel nous sommes invités.

Bonne Fête de la Sainte Trinité.

 

AMEN !

 

 

PENTECÔTE B Quand viendra le Défenseur..Jn 15, 26 - 31.05.2009

Par Guy :: 28/05/2009 à 21:35 :: Homelies

HOMELIE de Pentecôte. Année B

9h 30 Ste BernadetteJn 15, 26-27 ; 16, 12-15 : Ga 5, 16-25

 

   “Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père...” Jn 15, 26

 

         Qui est ce “Défenseur, l’Esprit de vérité qui procède du Père” ? Défenseur n’est pas un arrière d’une équipe de foot ! En grec, c’est le “Paraclet” de “para” (para)  [qui signifie “à côté”, comme parabole, un récit que l’on jette, “ballo”, à côté de notre vie pour en découvrir le sens] et de “clètos” qui signifie “appelé” et qui vient du verbe “kaléo(kalew) appeler, convoquer, comme dans “ekklésia”, l’assemblée de ceux appelés par le Christ qui constituent l’Eglise]. Le Paraclet est donc celui qui est appelé à côté de nous [en latin, “ad-vocatus”] pour souffler notre défense.

 

         Mais de qui va-t-il nous défendre ? De trois ennemis.

D’abord, le monde. Dimanche dernier, Jésus disait aux disciples qu’ils n’étaient pas du monde, mais qu’ils étaient dans le monde. Pour définir le monde, on peut reprendre l’énumération de St Paul dans la lettre aux Galates que nous venons d’entendre (excellent pour un bon examen de conscience…) : ce qui est débauche, impureté, obscénité, idolâtrie, magie, haines, jalousie, divisions, sectarisme, rivalités, beuveries, gloutonnerie et autres choses du même genre : bref tout ce qui déshumanise. Le Paraclet nous en défend et produit en nous des fruits : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi… L’esprit du monde agresse continuellement bien des aspects de la vie que les chrétiens proposent ; la dérision, l’hostilité, la haine et le mensonge sont ses armes. Mais les saints, comme Jésus face à ses adversaires, ont souvent désarmés leurs accusateurs par une sagesse inspirée. Ainsi la petite Jeanne d’Arc à qui ses juges ecclésiastiques demandaient si elle était en état de grâce répondit : « Si j’y suis, Dieu m’y garde, si je n’y suis pas, Dieu m’y mette ! »

Le deuxième ennemi, c’est nous-même, lorsque nous nous laissons aller à nos pulsions et notre égocentrisme, mais aussi, au mépris ou rejet de nous-mêmes, parce que nous n’acceptons pas nos limites, nos imperfections ; que nous nous sommes fait une trop haute idée de nous-même, qui ne correspond malheureusement pas à la réalité de ce que nous sommes. Là encore, le Défenseur produit en nous les fruits de maîtrise de soi et d’humilité.

Enfin, le dernier ennemi, c’est Dieu ou plutôt, l’image que nous nous en faisons : tantôt juge sévère et exigeant, tantôt “bon-papa gâteau” laissant un peu tout faire. Le Paraclet nous guidera vers la vérité toute entière. Il nous permettra d’entrer dans l’intelligence profonde du Christ, de sa mission, de son don pour nous tous, de l’amour du Père qui surpasse tout ce que l’on peut imaginer et donne sens à nos vies. L’achèvement de l’œuvre du Fils se fait maintenant par l’Esprit-Saint. C’est Lui qui révèle qui est vraiment Jésus et en révèle la gloire. Mais dans le même souffle, il nous fait les dons nécessaires à une vie de chrétien authentique dans le monde, mais non pas du monde. Voilà pourquoi il est bon de l’appeler tous les jours et en particulier lorsque nous avons des choix et des décisions importantes à prendre ou des échanges délicats à mener à bien. Ne l’avons-nous pas reçu au Baptême et pour beaucoup à la Confirmation ?

 

  AMEN ! 

 

7° Dim de Pâques. B. Ils ne sont pas du monde Jn 17,14

Par Guy :: 23/05/2009 à 9:41 :: Homelies

HOMELIE 7ème Dimanche de Pâques B.

18h30  St Lubin 23 Mai

 

“Ils ne sont pas du monde de même que moi je ne suis pas du monde » Jn 17, 14.

 

Dans son discours d’adieu à ses disciples, Jésus avant de passer de ce monde à son Père, les confie à son Père. Il a accomplit sa mission qui était de veiller sur eux, malgré la défection de Judas, (preuve qu’Il laissait bien ses apôtres libres de Le suivre). A présent, les disciples, qui ont reçu le don de la Parole du Père, vont continuer sa mission et porter cette Parole au monde. Cela ne va pas être facile, car le monde les a pris en haine parce qu’ils ne sont pas du monde de même que Jésus n’est pas du monde.

Que désigne donc Jésus par “ le monde” ?

Sous la plume de Jean, “le monde”,  cosmos, (kosmo") a différentes significations. Il peut désigner l’univers et les hommes qui l’habitent. Le Seigneur y envoie ses disciples pour qu’ils soient ses témoins et pour que ce monde soit sauvé : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique…Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » Jn 3, 16-17. Mais il peut également désigner toutes les forces hostiles à Dieu : « Il est venu dans le monde, mais le monde ne l’a pas reconnu » Jn 1,10. Ces forces du mal sont les opposants à Jésus, ceux qui refusent d’accueillir son message, de voir clair et qui sont sous l’emprise du Mauvais. Jésus prie pour que ses disciples ne soient pas contaminés par eux, qu’ils restent fidèles à Dieu et à son envoyé et qu’ils soient témoins de la Vérité qui est Sa Parole.

                   Ce discours d’adieu s’achève par une consécration. Par sa mort et sa résurrection, Jésus devient le grand prêtre, arkihiéreus (arciereuV) par excellence qui offre sa propre vie, afin que ses disciples soient également consacrés pour offrir à leur tour leurs propres vies : c’est bien ce que nous sommes invités à faire tous les jours en nous conformant aux paroles de l’Evangile. Cette démarche profondément concrète et spirituelle, nous l’exprimons à la Messe par l’AMEN qui clôt la grande prière Eucharistique, lorsque le célébrant élève à la fois le Corps et le Calice du précieux Sang du Christ:

 

« Par Lui, avec Lui et en Lui,

 à Toi Dieu le Père tout-puissant

dans l’unité du Saint-Esprit,

tout honneur et toute gloire

pour les siècles des siècles. »

 

                  En nous unissant ainsi à Lui, en nous préparant cette semaine à la fête de Pentecôte, « que la joie de Jésus soit en nous et que nous soyons comblés de joie » selon sa prière,

 

 

AMEN !

 

 

 

 

6° Dim de Pâques. Je vous commane d'aimer. Jn 15, 9-17

Par Guy :: 14/05/2009 à 16:41 :: Homelies

HOMELIE 6èmeDimanche de PÂQUES. Année B

9h30 Ste Bernadette 17 mai 2009. Jn 15, 9-17

 

   “Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres”

Jésus a dit cette parole quelques heures avant sa mort sur la Croix : c’est dire que c’est un peu comme son Testament. Mais n’y a-t-il pas quelque chose d’un peu étonnant dans ce qu’Il demande ? Comment peut-on “commander” “d’aimer” ? N’est-ce pas un peu contradictoire ?

Aimer ne suppose-t-il pas un élan, fait de désir, qui entraîne et engage une personne dans sa liberté ? Peut-on aimer sur commande ? Que veut donc dire Jésus ?

         Et tout d’abord, qu’est-ce qu’aimer ? Notre langue française n’a qu’un mot pour exprimer plusieurs réalités que d’autres langues ont su traduire. Pour ne rester qu’en Europe: en anglais, “I like, I enjoy, I care for et I love” ; en allemand, “Ich habe Gern, Ich habe Gefallen ou Ich liebe” ; en espagnol : “ Te quiero, me gustas ou te amo”.

         Aimer est un sujet si important qu’il ne faut pas s’étonner que notre Pape Benoît XVI en ait fait le thème de sa première Encyclique donnée le 25 Décembre 2005 en la fête de Noël.

         Il présente les trois mots qui désignent les trois réalités de l’amour dans la Bible : éros, ero"” (désir : en français, ce mot a pris une connotation sexuelle : mais il exprime le plaisir, la joie de la vraie rencontre),  philia filia(amitié, relation gratuite, plurielle…) et agapè agaph(don de soi et accueil des autres, ou l’on cherche son bien, sa réussite, son épanouissement, son bonheur partagé). Benoît XVI réconcilie ces trois réalités en les présentant comme bonnes puisque voulues par le Créateur et en même temps invite à les purifier pour que nous ne tombions pas dans les mirages de l’amour qui ne serait qu’égoïsme, narcissisme, enfermement sur soi et destructeur de nous-mêmes et des autres ; un amour pour lequel mes semblables ne compteraient que dans la mesure où ils sont

comme moi ou ont un intérêt pour moi. Tu ne m’intéresse plus : je te jette ; c’est l’amour kleenex !

Quand Jésus parle d’aimer, Il parle de donner sa vie ou de sa vie : « Pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis».

Mais Il commande d’aimer. Commander : cela n’a-t-il pas un côté un peu obligatoire, autoritaire, contraignant et un rien « volontariste » ?

Le texte grec dans lequel sont écrit les Evangiles, autorise pour le mot commander la traduction : « prescrire » « en-tolè » « entol » comme un médecin  « prescrit une ordonnance ». Il y a bien la notion « d’ordre » mais celui-ci est laissé au bon vouloir du malade pour lequel il ne dépend qu’à lui de suivre l’ordonnance s’il veut guérir.

Dans le fond, Jésus est comme un médecin qui veut nous garder en bonne santé et « que sa joie soit en nous et que nous soyons comblés de joie ». Il nous prescrit: Allez à la rencontre les uns des autres et créez entre vous des relations amicales, serviables, festives, créatrices, dans lesquelles vous donnez de vos efforts, de votre talent, de votre vie pour que tous vivent mieux et soient plus heureux : et vous le serez vous aussi ! En particulier, soyez attentifs à ceux qui portent des handicaps de tout genre : physiques, psychiques, affectifs, métaphysiques et même spirituels. Toute personne doit compter pour vous et votre vie sera dense pleine de sens. Et si cela peut vous paraître bien difficile dans certains cas, Je vous ai promis mon aide.

L’occasion de mettre en application cette « ordonnance de Jésus : aimez-vous les uns les autres » n’est pas réservée qu’aux fiancés qui préparent leur mariage (comme à notre session aujourd’hui) : elle est adressée à tous et nous fait tous entrer dans l’amitié avec Jésus notre Dieu. N’ayons pas peur de suivre Celui qui nous « prescrit » de nous aimer : Il nous en a montré le chemin : il conduit au vrai bonheur. Humblement mais avec confiance, « demandons-le au Père en son Nom : Il nous l’accordera »                                       

 AMEN ! 

 

4° Dimanche après Pâques Le Paraclet Jn 16, 5-14

Par Guy :: 10/05/2009 à 21:14 :: Homelies

HOMELIE 4ème Dimanche de Pâques.

9h15 Forme extraordinaire – 10 mai 2009 – Jn 16,  5-14.

 

« Si je ne pars pas, l’Esprit Saint, le Paraclet, ne viendra pas à vous » Jn 16,

 

Que signifie le Paraclet ? C’est un mot transcrit directement du grec et qui est formé de deux termes : “para” signifiant “à côté” et “kaléo”, “appeler”. Le Paraclet (en latin : “ad-vocatus”) désigne celui qui est appelé à côté d’un accusé pour le défendre ou l’aider.

         Il va avoir un triple rôle.

Ø      Relayer la présence de Jésus auprès des disciples,

Ø      Défendre Jésus et ses disciples

Ø      Etre la mémoire vivante de l’Eglise.

 

Pourquoi ces rôles Lui sont-ils attribués ?

         La condamnation et l’exécution ignominieuse de Jésus devaient apparaître aux hommes comme la preuve de son imposture et de son péché (ne se prétendait-Il pas Dieu et ainsi, en tant qu’homme, ne proférait-Il pas le plus grand blasphème qu’un homme pouvait commettre ?). Du même coup, était mis en lumière le bon droit du monde et on trouvait normal qu’il ait ainsi été condamné à son triste sort.

         Mais l’intervention de l’Esprit Saint va renverser complètement la situation : en manifestant que par-delà la mort, Jésus a été glorifié par Dieu, il en montrera la justice de sa cause, son bon droit et attestera, de façon irrécusable, le péché du monde et la condamnation de celui qui en était le prince.

         Quel est le péché du monde ? C’est, après le témoignage des Apôtres, refuser la lumière et en conséquence, refuser de donner sa foi à Jésus. Le prince de ce monde est jugé car la victoire de Jésus sur la mort implique nécessairement la défaite et la condamnation sans appel de celui qui l’a provoqué en trompant ceux qui ont mis à mort le Christ.

 

         Combien aujourd’hui encore, l’envoi de l’Esprit Saint Paraclet nous est nécessaire ! Nous avons vécu une période difficile depuis quelques mois par les évènements touchant notre Eglise et le Saint Père et qui ont été rapportés avec tant de mensonges et de malveillances. Cette semaine encore va sortir un film « Anges et Démons » dans la même veine que le « Da Vinci Code » il y a deux ans et qui, sous la forme d’un roman, accable l’Eglise et ses serviteurs de toutes les turpitudes que l’on peut imaginer, d’après ce que j’ai pu entendre de source bien informée. N’allons pas tomber dans le piège de la polémique, mais informons-nous le plus rapidement possible de la véracité des faits qui seront exposés pour les confronter à la réalité de l’histoire. Ceci pour éclairer ceux qui encore pourront être troublés ou révoltés manquant de documentations fiables.

         La presse catholique, les sites chrétiens, la création récente du “livres-service”, ouvert en période scolaire tous les mardis après la messe de 9h au 1 av.Foch et jusqu’à 14h, pourront nous apporter les réponses aux questions plus ou moins bienveillantes de nos interlocuteurs. L’Esprit Saint vous inspirera ce que vous aurez à dire : ne craignez pas.

         Rendons grâce à ce don merveilleux que le Christ nous a fait.

 

 

AMEN !

5° Dimanche de Pâques.B. Jésus la Vigne Jn15, 1-8

Par Guy :: 10/05/2009 à 21:12 :: Homelies

HOMELIE 5ème Dimanche de Pâques 10 Mai 2009.

11h St Lubin – Jn 15, 1-8

 

«Moi je suis la vigne, et vous les sarments …car hors de moi, vous ne pouvez rien faire » Jn 15,5

 

Belle image que celle de la vigne et des sarments pour exprimer l’union du Corps entier avec chacun de ses membres, celle du Christ avec ses disciples.

         Une phrase cependant peut étonner par sa radicalité : « …car hors de moi, vous ne pouvez rien faire. » Un être humain ne pourrait-il pas par lui-même réaliser de belles choses ? Mais alors, le Christ ne serait-Il venu que pour certains privilégiés qui auraient pu le connaître ? Comme toute citation, elle ne se comprend et ne vaut que par le contexte dans lequel elle a été exprimée. Prenons un autre exemple avec une formule bien connue : « Hors de l’Eglise point de salut ! » Combien de fois n’avons-nous pas entendu utiliser cette formule pour exprimer l’exclusion de tous ceux qui ne feraient pas partie de l’Eglise ? Mais d’où vient cette formule ? Elle provient d’un Père de l’Eglise, Origène, théologien et bibliste à Alexandrie en Egypte, qui vers 240 de notre ère s’adressait aux chrétiens qui s’étaient séparés de l’Eglise. Voici la citation entière : « Que personne ne se fasse illusion, que personne ne se méprenne, hors de cette maison, c'est-à-dire hors de l’Eglise, personne n’est sauvé. Si quelqu’un en sort, il se rend responsable de sa propre mort » et quelques années après, vers 250, l’évêque de Carthage, St Cyprien écrivait : « Quiconque se sépare de l’Eglise se frustre des promesses de l’Eglise ; s’il abandonne l’Eglise du Christ, il n’aura pas accès aux récompenses du Christ… » Dans les deux cas, ces propos concernent un conflit interne à l’Eglise qui conduit à une séparation. Origène comme St Cyprien mettent en garde les chrétiens qui quittent l’Eglise pour former une secte à part et qui se situent en rupture avec l’ensemble de la Communauté chrétienne. En aucun cas, elle ne s’adresse à ceux qui, pour des raisons diverses, ne font pas membre de l’Eglise.

         Il en est de même pour la formule de St Jean. Resituons-la dans le passage d’Evangile que nous avons entendu. Il commence par : « A l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à SES DISCIPLES… » Et il se termine par : « …ainsi vous serez pour moi des DISCIPLES. » Jésus s’adresse donc à SES DISCIPLES et non à tous les humains. Ces derniers, en toute innocence, n’auront peut-être jamais entendu parler de Lui. Et pourtant, Jésus est venu pour tous. Lui-même en surprendra plus d’un lorsqu’ils paraîtront devant Lui à la fin des temps et qu’ils s’entendront dire, tout étonnés : « Venez les bénis de mon Père, car j’avais faim, soif, j’étais malade, prisonnier, étranger et vous êtes venus à moi …Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » Mt 25, 40.

         C’est Dieu qui sauve et non l’Eglise, même si celle-ci a reçu les moyens d’accueillir et de transmettre le don du salut. Jésus, le Fils du Père, s’est donné à Tous. Il ne faut donc pas réduire l’action salutaire de Dieu aux frontières de l’Eglise, frontières qu’il n’est d’ailleurs pas aisé de tracer. La visite actuelle du Saint Père en Jordanie, où Il a rencontré les responsables religieux de l’Islam de ce pays ainsi que sa visite prochaine en Israël où il rencontrera les grands rabbins de Jérusalem ainsi que le grand mufti de la ville sainte, illustrent l’attention et le respect que porte le Saint Père, au nom de toute l’Eglise, envers tous ceux qui partagent les mêmes valeurs que le Christ a promues.

         Que les disciples du Christ restent bien unis à leur Seigneur comme le sarment recevant la sève du Cep sans lequel ils ne pourraient porter beaucoup de fruits et encore moins le faire connaître. Et que ceux qui ne le connaissent pas encore (ou qui n’en connaissent qu’une image déformée) suivent, comme l’écrivait St Paul aux chrétiens de Rome, la conscience que le Créateur leur a donné, car Il les aime en son Fils, veut qu’ils portent du fruit et soient un jour auprès de Lui, eux aussi. (Rm 2,14-16).

AMEN !

 

4° Dimanche de Pâques B. Le beau Berger. Jn 10, 11-18

Par Guy :: 30/04/2009 à 11:53 :: Homelies

HOMELIE 4èmeDimanche de PÂQUES. Année B

11h St Lubin – 3 mai 2009. Jn 10, 11-18

 

   “Je suis le bon pasteur;

    Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis.”

 

         L’image du berger trouve aujourd’hui une nouvelle actualité avec les problèmes que pose la réimplantation des ourses dans les Pyrénées, quand ce n’est pas celle de la présence des loups dans le Mercantour, au Sud des Alpes. C’est qu’il en faut de la surveillance et même du courage pour garder ses brebis : nous sommes bien loin de l’image du doux berger !

         Jésus est le Bon Berger [l’évangile a même écrit : le “beau berger”, kalos,  au sens de noble, honnête ; tout différent du mercenaire qui ne travaille que pour de l’argent]. Il est beau parce qu’Il donne sa vie pour ses brebis. Là encore, il faudrait dire comme cela est écrit dans le texte grec : Il dépose sa vie.  Il le redit à la fin de notre évangile d’aujourd’hui : « Personne ne m'enlève la vie; mais je la dépose de moi-même. J'ai pouvoir de la déposer et j'ai pouvoir de la reprendre; tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. »

         Déposer / reprendre, comme Jésus, à la Sainte Cène, la veille de sa mort, déposera son vêtement pour le reprendre une fois lavés les pieds de ses disciples. Il est Maître et Seigneur. Il a fait ce geste en toute conscience et en toute liberté, comme Il déposera sa vie le Vendredi Saint pour la recevoir de son Père au matin de Pâques ; car sa vie même, en Fils, Il la reçoit du Père. C’est le cœur même de Jésus que cette union au Père, qui Lui-même ne cesse de donner.

Ce qui vaut pour le Père et le Fils vaut désormais pour chacun de nous : goûter à l’amour divin, recevoir sa vie et

 

 la donner ; recevoir le commandement du Père et exercer sa liberté en y adhérant.

Tous baptisés, nous sommes appelés d’une manière ou d’une autre à vivre cela :

 

ü       Pour certains, par notre présence active au service des hommes, de notre société, de notre famille, dans un monde très préoccupé de lui-même et souvent inhumain et en détresse.

ü       Pour d’autres, par une vie consacrée, signe clair et généreux de la présence de Dieu au cœur de l’humanité pour laquelle il a donné sa vie.

ü       Pour d’autres encore, par une vie configurée à Jésus, beau pasteur, dans un ministère diaconal, presbytéral ou épiscopal.

                  

     Tous, complémentaires les uns des autres ; tous donnant de leur vie les uns aux autres ; tous habités par l’Esprit d’amour du Père et du Fils pour le monde qu’Ils veulent sauver.

 

« C’est seulement dans un terrain spirituellement bien cultivé que fleurissent les vocations au sacerdoce ministériel et à la vie consacrée. En effet les communautés chrétiennes, qui vivent intensément la dimension missionnaire du mystère de l’Eglise, ne seront jamais portées à se replier sur elles-mêmes. La mission comme témoignage de l’amour divin, devient particulièrement efficace quand elle est partagée d’une manière communautaire, “afin que le monde croie” (Jn 17, 21)  Benoît XVI, au Vatican le 3 Décembre 2007.

 

 

 

AMEN !

3° Dimanche de Pâques B. Apparition de Jésus ressuscité

Par Guy :: 25/04/2009 à 14:05 :: Homelies

HOMELIE 3ème Dimanche de PÂQUES. Année B.   Lc 24,35-48

18h30 St Lubin – 9h30 Ste Bernadette – 25-26 Avril 2009

 

Un sondage récent du magazine “Le Pèlerin” révélait que seulement un français sur dix, même parmi les catholiques pratiquants, croyait à la Résurrection des morts auprès de Dieu. N’en soyons pas tant surpris : les Apôtres eux-mêmes, nous le montre l’Evangile de ce dimanche, ont eu bien du mal à y croire, eux aussi.

Stupeur, frayeur accompagnent leur première rencontre avec le Ressuscité : ils pensent à un esprit, un fantôme ! Que fait le Seigneur ? Il leur apporte la paix. Puis, par des détails on ne peut plus réalistes, Il leur manifeste que c’est bien Lui: ses mains, ses pieds marqués par le supplice de la Croix ; enfin, Il les invite à le toucher, le regarder. Comme ils n’osaient pas à y croire malgré leur joie, Il leur demande quelque chose à manger, signe qu’Il est bien vivant. Ils lui offrent un poisson grillé qu’Il mange non pas avec eux, mais devant eux.

Pourquoi devant eux ? Jésus n’est plus de ce monde. Pour manifester à ses disciples qui sont restés en ce monde concret, où opèrent les cinq sens, il faut qu’il fasse appel à ces sens : le toucher, le voir, le manger… mais aussitôt, Il les invite à passer à un autre sens, le sens spirituel. Et celui-ci ne peut se manifester qu’à travers des paroles qui donnent sens et font comprendre les évènements qu’ils vivent et Celui qui en est l’acteur principal: Qui est vraiment Jésus ? Pourquoi Jésus est-Il mort ainsi ? Quel sens peut avoir son enseignement ?

Voici un début de réponse. Jésus a accompli l’œuvre du Père : manifester sa présence au milieu des hommes, devenant homme Lui-même, pouvant montrer son amour pour tous à travers son enseignement et les nombreux actes de miséricorde et de guérison qui l’accompagnait. Plus encore, allant jusqu’au bout de l’amour pour tous, Il voulait répondre aux questions fondamentales que se pose tôt ou tard tout homme libre. Celle d’abord de la mort, tellement absurde si elle n’est que le point final de la vie d’une personne qui disparaît dans le néant. En traversant la mort et en ressuscitant, Jésus ne donne-t-Il pas sens à toute vie qui n’est pas fermée sur elle-même et qui s’épanouit dans un monde qui n’est fait que de justice et d’amour ?

Une autre question, non moins importante, mais cruciale dans toute l’acception du terme, c’est celle de la confrontation avec le mal sous toutes ses formes : violence, haine, dérision, mensonge, trahison… : comment ne pas se laisser contaminer par cette puissance destructrice si l’on n’a pas expérimenté la force de l’amour et du pardon telle que Jésus nous l’a montrée ? Ne nous a-t-Il pas promis de nous donner cette force pour manifester à notre tour l’amour et le pardon ?

Qu’en est-il alors de la Résurrection ?

La Résurrection n’est pas une ré-animation, ni une ré-incarnation, mais la promesse que Dieu tient envers l’humanité qu’Il a créée et qu’Il aime infiniment : nous sommes faits pour une vie belle, remplie de bonheur par l’amour qui est Dieu Lui-même.

La foi en la Résurrection n’est pas non plus seulement une croyance réconfortante. Elle s’appuie sur deux fondements : celui, d’une part, des témoins de la résurrection de Jésus Lui-même, qui ont eux-mêmes “résistés”, oh combien ! à cette réalité ;  et, d’autre part, sur la relecture des Ecritures. Elles annonçaient l’œuvre de Dieu en Jésus, notamment dans la figure du Juste persécuté et du Serviteur souffrant, œuvre qui peut étonner, mais qui est totalement dans la cohérence d’un amour qui laisse tout homme libre jusque dans le mal qu’il fait.

C’est en relisant notre propre histoire et en l’éclairant par les Ecritures que nous pourrons découvrir l’œuvre de Dieu pour chacun de nous ainsi que la réponse que nous avons à Lui donner. « Celui qui dit “Je le connais” et qui ne garde pas ses commandements, la vérité n’est pas en lui. Mais en celui qui garde fidèlement sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection » (1 Jn 2, 5a) écoutions-nous dans la deuxième lecture de ce jour. Demandons-Lui humblement d’éclairer nos projets et nos choix pour qu’ils soient conformes à sa Parole ; c’est ainsi que nous pourrons être les témoins de son œuvre de résurrection.

 

AMEN !

Photos Travaux sur l'église St Lubin -

Par Guy :: 15/04/2009 à 21:48 :: Général
Quelques photos prises en haut de la nacelle sur l'état de la toiture de l'église St Lubin.
Allez sur le site paroissial de Rambouillet: www.fraternel.net , page d'accueil, travaux de 'église St Lubin.

"Vidéo: Lecourage de la vérité"

Par Guy :: 15/04/2009 à 21:45 :: Général
> http://www.diocese-frejus-toulon.com/Le-courage-de-la-verite.html
> (Descendez le curseur jusqu’en bas de la page pour regarder la vidéo)
 
à ecouter et lire absolument, un discours d'une rare clarté,force, courage et densité !!!

2° Dimanche de Pâques B La foi de Thomas - Jn 20, 19-31

Par Guy :: 15/04/2009 à 21:42 :: Homelies
Dimanche de la Miséricorde divine


HOMELIE 2èmeDimanche de PÂQUES. Année B

10h30 Tarentaise, Haute-Loire – 19 Avril 2009.

 

“Il répandit sur eux son souffle ” Jn 20, 22

 

Etonnant ce geste de Jésus que de souffler sur ses Apôtres ! Cela ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un qui souffle sur un homme ? Dieu, bien sûr, lorsqu’Il souffle sur la face d’Adam pour lui donner vie et lui permettre d’entrer en relation avec Lui : Gn 2,7. enefuseshn  enephusèsen].

Dans l’ancien rituel du Baptême, le célébrant soufflait trois fois sur l’enfant pour chasser le démon et demander la venue du souffle de l’Esprit Saint. Le Baptême, en effet, fait entrer le baptisé dans une ère nouvelle. De même, au premier jour de la semaine, Jésus inaugure à son tour une nouvelle ère pour la Création. Puisqu’elle a été blessée et dégradée par toute forme de mal et de refus du Créateur, Jésus, par son amour et sa fidélité envers Lui, par sa miséricorde envers nous et par sa victoire sur les puissances de mort, communique l’Esprit-Saint à ceux qui veulent bien Le recevoir : grâce au Baptême, Dieu s’y engage en Père miséricordieux.

Ce don est précédé de Sa Paix : Shalom !  ml$v .La paix qu’il donne n’est pas tant le calme, la tranquillité provenant d’une absence de conflit, mais un état achevé, une perfection, un bien-être, mais aussi une sûreté, une solidité (du corps) : la santé ; ou aussi une prospérité, une quiétude, ou encore, la réussite d’un projet bienfaisant ou les bonnes relations avec l’entourage. La Paix est l’expression  d’un climat harmonieux entre Dieu et les hommes, une alliance qui se vit bien et qui rejaillit sur le climat des hommes entre eux.

Thomas, notre “jumeau”, qui n’était pas là, a du mal à croire ce que lui racontent les Apôtres. Il n’a jamais douté de Jésus lorsque celui-ci était avec eux. C’est même lui qui entraîne les autres lorsque Jésus, apprenant la mort de Lazare, décide de retourner à Jérusalem où tous savent bien

qu’Il risque gros : « Allons, nous aussi, et mourrons avec Lui ! » Jn 11, 16. Il va découvrir que sa foi ne peut se vivre seul.

Jésus, ressuscité, se manifeste à la première Communauté chrétienne, rassemblée « le premier jour de la semaine », c'est-à-dire le dimanche. Il le fait de nouveau huit jours après, et indique par là même quel sera dorénavant le jour privilégié où Il se trouvera au milieu des croyants rassemblés en son Nom, comme ce aujourd’hui. Le rassemblement dominical, dès le début de l’Eglise, devient ainsi le rendez-vous où tout chrétien est invité à  rencontrer, avec tous ses frères, son Seigneur Vivant, et à Lui déclarer sa foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

 

Nos assemblées dominicales, le premier jour de chaque semaine, sont invitées à exprimer la joie de nous retrouver autour de Jésus, qui nous apporte sa Paix, signe d’une réelle fraternité.

 

Quelques dispositions pratiques pour réaliser cela. Arriver à l’heure. Quand nous prenons le TGV, c’est bien ce que nous faisons : alors que ce Premier Jour de la semaine ait pour vous une TGV, une Très Grande Valeur. En s’installant à sa place, ne pas laisser de trous et se saluer : nous venons pour le même Seigneur et notre prière sera plus forte et paisible si nous la savons unie à celle de notre voisin ; prier et chanter ensemble ; à la sortie, repérer l’inconnu en se présentant et en faisant connaissance ; emporter et lire la feuille dominicale pour être au courant de ce qui se vit en paroisse ; se covoiturer si l’on est voisin et qu’on habite un peu loin de l’église…

Accueillons tous le souffle de Jésus-Christ qui est l’Esprit Saint de Dieu et puisons à la “Table de la Parole de Dieu” et à la “Table du Pain de Vie”, la lumière et la force de l’Esprit qui nous fera vivre tout au long de la semaine dans sa Paix et nous aidera à étendre cet esprit fraternel à tous ceux que nous pourrons rencontrer.

AMEN !

HOMELIE de la VIGILE PASCALE B 11 Avril 2009

Par Guy :: 11/04/2009 à 19:14 :: Homelies

En cette Nuit de Pâques, Angèle-Prisca, Laurent et Séverine, adultes de notre paroisse, seront baptisés. Nous les recommandons à votre prière ainsi que tous les baptisés adultes de cette Nuit Pascale.


HOMELIE de PAQUES.

21h  St Lubin, 11 Avril et 11h St Lubin 12 Avril 2009– Mc 16, 1-8 ; Jn 20, 1-9

 

Qu’y avait-il dans le cœur de ces trois femmes se rendant au tombeau s’acquitter des marques de respect que l’on doit à un défunt ? Sans doute étaient-elles désemparées : ce défunt était leur maître, mais Il semblait avoir échoué : qui avait compris son message d’amour ? Il était resté bien seul et comme il gênait, on l’avait mis à mort. Elles vont aller de surprise en surprise : la pierre roulée qui les souciait, le tombeau vide, un jeune homme tout de blanc vêtu leur confiant un message à transmettre aux disciples et à Pierre. Elles repartent tremblantes, hors d’elles-mêmes et elles ont peine à croire ce qui leur arrive si bien qu’elles ne diront rien. Ont-elles perçues cette Bonne Nouvelle ?

 

Dans quelques instants, Angèle-Prisca, Laurent et Séverine, je vous poserai, ainsi qu’à toute l’assemblée la question : « Croyez-vous en Dieu, le Père Tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ? »

Dans un premier temps, il est simple de dire : « Je crois » tant il est vrai que ce que nous appelons la Création, la Nature, est belle et bonne, comme le chantait le livre de la Genèse en première lecture de notre veillée. C’est particulièrement sensible en ce début de printemps ou bien lorsqu’on regarde un petit enfant qui vient de naître ou encore des fiancés heureux de bâtir ensemble un avenir. On pourrait continuer ainsi de louer les merveilles dont nous sommes les heureux bénéficiaires avec la musique, les chants, les arts culinaires ou plastiques, les sports, les progrès scientifiques…

Mais à ce constat joyeux et reconnaissant, vient s’opposer tout un ensemble de choses et d’évènements qui gâchent cette image harmonieuse et bienfaisante : depuis les récents tremblements de terre et ses victimes jusqu’aux graves accidents de santé qui touchent nos proches, en passant par le lot quotidien de malheurs que les médias ne cessent de nous présenter. Pauvre humanité victime ou tortionnaire, blessée ou  capable de faire elle-même, par égoïsme ou volonté de puissance tant de mal. Qui plus est, nous en sommes parfois complices ou même acteurs. Et Dieu qui semble absent et n’intervient pas ! Alors, Dieu est-Il le Tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ? N’aurait-Il pas, Lui aussi, échoué, comme son Fils ?

Malheureux ceux qui n’ont que cette première affirmation du Credo : ils pourraient légitimement douter de Dieu comme le font tant de gens éprouvés. Heureusement, il y a la suite. « Je crois en Jésus-Christ... » Le Fils bien-aimé, expression du Père, manifestant son amour tout au long de son ministère et bien sûr, dans sa passion et sa mort. Cette mort croit avoir dit son dernier mot : Eh bien, non : c’est l’Amour qui aura le dernier mot. Jésus ressuscite d’entre les morts et inaugure le monde nouveau dans lequel Il nous invite à entrer dès à présent. Comment ?

         Le Credo continue : « Je crois en l’Esprit-Saint qui est Seigneur et qui donne la vie » Celle de Jésus-Christ. Croyez-le ; Accueillez-le. Le Baptême vous unit à Sa Vie. Il fait de vous ses frères.

Non ! Dieu ne nous as pas trompé et Il ne s’est pas trompé. Ce qui est sûr, c’est qu’Il n’est pas puissant à la manière dont nous le rêvons. Sa toute-puissance n’est que celle de l’amour. « Ses voies ne sont pas nos voies ; ses pensées ne sont pas nos pensées » le faisait savoir tout à l’heure Isaïe (Is 55, 11).

Il est bien le Tout-puissant présent à sa Création, mais celle-ci dira St Paul dans la lettre aux chrétiens de Rome (Rm 8,22), est actuellement « en douleur d’enfantement… à cause de celui qui l’a soumise » le malin, l’ennemi de l’homme, le Satan. Mais en chacun de nous, avec le Christ, plongés dans la mort à tout ce qui nous défigure, Dieu fait naître une créature nouvelle animée par son Esprit et nous configure à son Fils. Cette créature nouvelle est appelée à grandir jusqu’à franchir la mort avec Jésus. Alors, nous serons rassemblés auprès de Lui pour toujours.

         Dieu a promis. Il a été fidèle à ses promesses tout au long de l’histoire que nous avons évoquée au cours de cette veillée et tout particulièrement en ressuscitant son Fils. Il nous sera fidèle. Voulez-vous alors révéler ce Dieu présent dans le monde et ouvrir son accès à vos familles, vos enfants, vos parents, vos voisins, vos collègues de travail ?

         Et vous, séverine, Laurent et Agnès, voulez-vous vous joindre à nous pour notre plus grande joie ?       AMEN !

Semaine Sainte avec Benoît XVI. 5-12 Avril 2009

Par Guy :: 05/04/2009 à 10:07 :: Homelies

 

Semaine Sainte avec Benoît XVI

 

Dimanche des Rameaux : « N’oubliez pas les deux Trésors que le Pape vous a présentés ce soir : l’Esprit Saint et la Croix ! »

Jeudi Saint : « L’Eucharistie éclaire la malédiction de la Croix en faisant d’elle une bénédiction »

« Entourons de la plus grande vénération le sacrement du Corps et du Sang du Christ, le très Saint Sacrement de la présence réelle du Seigneur à son Eglise et à toute l’humanité »

Vendredi Saint : « L’homme a toujours besoin d’être libéré des ses peurs et de ses péchés »

« Le chemin de la croix est le seul qui conduise à la victoire de l’amour sur la haine, du partage sur l’égoïsme, de la paix sur la violence ».

Vigile Pascale : « L’homme doit sans cesse apprendre et réapprendre que Dieu n’est pas son ennemi mais son Créateur plein de bonté »

BENEDICTION PASCALE

Que Dieu Notre Père vous conduise à Lui

et fasse briller sur vous la splendeur de sa gloire.

Que le Fils Unique de Dieu, notre Maître et notre Frère,

vous révèle la beauté de son visage de Ressuscité.

Que l’Esprit-Saint vous comble de ses dons

et vous donne la joie de connaître

la Paix et la Lumière de la très Sainte Trinité

Maintenant et dans les siècles des siècles !

 

AMEN !

 

Avec les catéchumènes, méditons, jour après jour, ces belles paroles pouvant accompagner notre Semaine Sainte.

P. Guy LECOURT

 

 

5° Dimanche de Carême. 3° Scrutin. retour à la vie de Lazare. 29.03.2009

Par Guy :: 29/03/2009 à 16:50 :: Homelies

HOMELIE 5ème Dimanche CARÊME. 3ème scrutin

18h30 Ste Bernadette -  29 Mars 2009 – Jn 11, 1-45

 

« Moi, Je suis la Résurrection et la Vie…Crois-tu cela ? » Jn 11,

 

                  Voici un moment de la vie de Jésus où beaucoup d’entre nous ont pu se retrouver lorsque l’un des nôtres vient à mourir. Souffrance de la rupture de communication avec celui ou celle qui était vivant ; absence, vide, manque profond. Puis trouble devant le mystère de la disparition d’un être cher, devant la mort et de son au-delà. Enfin, embarras pour trouver une parole qui donne sens ou apaise la douleur de ceux qui vivent le deuil.

                   Jésus est confronté à la même situation. Ne pensons pas trop vite qu’Il sait très bien ce qu’il va faire et qu’Il va en un tour de main faire revenir Lazare à la vie. Lui-même est profondément ébranlé : Il pleure ! C’est au terme d’une action de grâce qu’Il défie la mort et fait sortir Lazare de son tombeau.

 

                   Jésus ne s’est pas détourné de l’épreuve.  Il reçoit d’abord le reproche de Marthe : « Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort… ». En même temps, elle Lui fait entièrement confiance et semble prête au miracle. Jésus ne l’opère pas tout de suite. Il Lui rappelle brièvement la foi naissante juive en la résurrection. Cette foi n’a que deux siècles à peine d’existence : elle n’est pas partagée par tout le monde et il y aura de sérieuses bagarres entre Pharisiens qui y croient et Sadducéens qui la rejettent. (Lc 20, 27-40 et Ac 23, 6-10).

                   Marthe, qui connaît bien son “catéchisme juif”, renvoie la résurrection au dernier jour, à la fin des temps : maigre consolation pour l’heure !

                   Jésus lui révèle alors qui Il est en vérité : « Moi, Je suis la Résurrection [anastasi"] et la Vie [zwh]. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? ».

 

                   Ce n’est pas sans raison que la liturgie a choisi ce passage de l’Evangile de St Jean pour le troisième Scrutin à quelques jours du Baptême d’Angèle, Laurent et Séverine au cours de la prochaine Nuit Pascale. Car que célèbre l’Eglise en cette sainte nuit ? La mort et la résurrection de Jésus, Christ et Seigneur. Et que demande-t-elle non seulement aux catéchumènes mais à tous les baptisés ? De proclamer leur foi. Non pas : “Sais-tu” le contenu de la foi, mais “Crois-tu” à Celui qui en est la source ? Veux-tu vivre par Lui, avec Lui et  en Lui ?

 

                   Le Scrutin que nous allons à présent célébrer exprime cette dynamique de mort au péché pour renaître à la vie, avec le Christ, en recevant l’Esprit vivifiant.

AMEN !

1er Dimanche de la Passion. Messe forme extraordinaire. 29.03.2009

Par Guy :: 29/03/2009 à 11:44 :: Homelies

HOMELIE 1er Dimanche de la Passion.

9h15 Forme extraordinaire – 29 Mars 200ç – Jn 8, 46-59

 

« Avant qu’Abraham fut, Je suis » Jn  8, 48.

 

Cet Evangile nous fait rentrer dans le vif des affrontements de Jésus avec ses adversaires qui le conduiront jusqu’à sa Passion et sa mort. En même temps, c’est le moment important où Jésus révèle sans ambiguïté qui Il est et quel est son magnifique projet.

 

Tout d’abord, Jésus lance un défi : « Qui de vous me convaincra de péché ? »  Qui donc peut parler ainsi, tant l’homme si saint soit-il, demeure toujours imparfait ?

Il continue : « Si je dis la vérité, pourquoi ne croyez-vous pas ? » - « Si je dis la vérité… » Sans faire comme Pilate qui dira à Jésus d’un ton désabusé,  lors de son procès: « Qu’est-ce que la vérité ? », Il est peut-être bon de préciser la notion biblique de vérité. Pour nous, de façon courante, la vérité est un accord entre la réalité et ce qu’on en dit ou pense ; est vrai ce qui est exact, authentique, conforme à ce qu’on constate. Pour l’homme de la Bible, la vérité est ce qui est sûr, ce sur quoi on peut s’appuyer, ce qui a fait ses preuves, qui résiste au temps et donc qui est fiable. En hébreu, le mot “émèt”, tma, la vérité a la même racine que “émoun” /Wma, la fidélité, la confiance et que “amen” /Ma, vraiment, sûrement…D’ailleurs, l’original grec de notre texte d’Evangile, qui est traduit par “En vérité, en vérité…” s’écrit : « Amen, amen… » “amhn, amhn…reprenant le terme hébreu. Notez que nous avons quelque chose de similaire dans la langue de Shakespeare : “true = vrai” – “truth = vérité” et sans doute “trust = la confiance”. On pourrait donc traduire ainsi la parole de Jésus : « Si je dis ce qui est sûr, pourquoi ne me faites-vous pas confiance ? ».

 

Comme seule réponse à cette question, Jésus se fait traiter de “samaritain” et de “démon”. Les samaritains étaient considérés par les juifs comme hérétiques, légalement impurs, car ils n’étaient pas d’origine juive, ayant été implantés lors de la conquête du Royaume d’Israël par les assyriens en 721 av. J-C.  Ils avaient pour seules Ecritures le Pentateuque, les cinq premiers livres de la Bible, que l’on appelle encore Torah. Interdits de célébrer un culte à Jérusalem, ils avaient bâtis un grand temple au sommet du Mt Garizim à Samarie.

Quant au terme “démon”, il désigne un être divin, dieu inférieur et esprit malfaisant.

Un dialogue de sourd s’installe. Les adversaires de Jésus prennent le mot mort au sens littéral ; Jésus le prend au sens spirituel. Les premiers parlent de la mort naturelle, fin de vie, sans avenir ; Jésus parle “de la mort pour l’éternité”  (que l’on a traduit par “il ne verra jamais la mort”.

Enfin, Jésus prend à témoin Abraham, qui pour ses adversaires est mort, comme les prophètes. Jésus en parle comme d’un vivant : « Abraham, votre père, exulta à la pensée de voir mon jour ; et il l’a vu, et il s’est réjouit ». Il s’est réjouit, car les promesses de Dieu ont été tenues et de quelle manière !

L’affrontement se termine par une affirmation en toute clarté de la divinité de Jésus : « Amen, Amen, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, Je SUIS ». Quand on sait ce que signifie cette expression, on comprend que les adversaires de Jésus aient voulu le lapider car il a ni plus, ni moins proféré un blasphème. “Je SUIS” est en effet le Nom même que Dieu révèle à Moïse au buisson ardent. Ex 3, 14.

 

La méprise totale de ceux qui se fient aux apparences et à leurs certitudes, tordant les gestes et les paroles de Celui qui cherche pourtant à les ouvrir à la vraie vie, la vie éternelle, culminera dans la Passion et la mort de Jésus sur la Croix. Elles seront considérées comme “scandale pour les juifs, folie pour les païens” comme le dira St Paul dans sa lettre aux Corinthiens (1 Co 1,23). Mais Jésus s’est révélé comme Celui qui est sûr, fiable, conduisant à la vie parce qu’Il est Dieu.

« Celui qui garde sa parole ne verra pas la mort pour l’éternité ». Puissions-nous la garder, c'est-à-dire la rechercher, la connaître et la mettre en pratique pour entrer déjà dans la vie pour l’éternité.

AMEN !

4° Dimanche de Carême.B. Jésus élevé. 22.03.2009.

Par Guy :: 21/03/2009 à 19:33 :: Homelies

HOMELIE 4ème Dimanche CARÊME. Année B

9h30 Ste Bernadette – 22 Mars 2009 – Jn 3, 14-21

 

Ils regarderont vers celui qu’ils ont transpercé

 

                  Au début de cet Evangile, Jésus fait allusion à un épisode dramatique de l’Exode dans le désert du Sinaï. Les hébreux sont assaillis par des serpents venimeux dont la morsure était fatale. Ils sont convaincus d’avoir péché contre Dieu en récriminant contre Lui, qui pourtant était déjà venu à plusieurs reprises à leur secours. « Le peuple vint trouver Moïse en disant : “Nous avons péché en critiquant le Seigneur et en te critiquant ; intercède auprès du Seigneur pour qu’Il éloigne de nous les serpents !” Moïse intercéda pour le peuple et le Seigneur lui dit : “Fais faire un serpent brûlant [c'est-à-dire venimeux] et fixe-le sur une hampe : quiconque aura été mordu et le regardera aura la vie sauve. Moïse fit un serpent d’airain et le fixa sur la hampe ; et lorsqu’un serpent mordait un homme, celui-ci regardait le serpent d’airain et avait la voie sauve” (Nombres 21, 7-9).

                   On serait tenter de croire à de la magie ! Bien sûr que non, la Bible n’a de cesse que de dénoncer le mensonge des pratiques magiques. Ce n’est en aucun cas le serpent qui sauve par lui-même, mais c’est de faire confiance et de donner sa foi en Dieu qui a dit de regarder cette image qui sauve de la mort.

                   Au moment de la crucifixion de Jésus, Jean écrit : « Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé » (Jn 19,37). Il cite une phrase du prophète Zacharie qui dit en quoi le fait de regarder un supplicié apporte une transformation. « Ce jour-là, je répandrai sur la maison de David et sur l’habitant de Jérusalem, un esprit de bonne volonté et de supplication. Alors ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé » (Za 12,10). Jésus fait allusion à cette prophétie et le salut viendra pour l’homme qui le regardera élevé de terre, c'est-à-dire cloué sur la croix. Non pas pour voir un homme supplicié qui meurt dans des souffrances atroces alors qu’Il est totalement innocent, mais pour reconnaître, remercier, adorer ce Dieu qui se donne à lui jusqu’au bout renonçant à sa toute-puissance divine et manifestant un amour sans limite, jusqu’à pardonner à ses ennemis et ses bourreaux.

 

                   Comment regardons-nous la croix du Christ ? Comme un objet tellement familier qu’on n’y fait plus attention ? Comme quelque chose de repoussant, morbide, « scandale pour les juifs, folie pour les païens » ? Comme la plus belle preuve de l’amour de Dieu qui ne triche pas avec la condition humaine broyée par le mal et la souffrance et qui la partage avec nous ?

                   Envers ce Dieu si donné, si bon, si pacifique, si bienveillant, qui pourrait avoir peur ? Bien au contraire, se fier entièrement à Lui pour qu’il nous conduise vers ce qui « est bon, conforme à la voie que Dieu a tracé pour nous» écrivait St Paul aux Ephésiens. (Ep 2,9). Ainsi, nous ne périrons pas mais « obtiendrons la vie éternelle » Jn 3,16.

 

                   Ne soyez pas étonnés que deux jeunes prêtres, à 41 ans d’intervalle, aient choisi cette parole de Jésus pour leur image d’ordination : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en Lui ne périra pas, mais obtiendra la vie éternelle ». N’a-t-elle pas de quoi susciter un appel à le faire connaître et à donner une réponse de leur part pour cette mission, tant elle révèle un Dieu qu’on ne peut qu’aimer dans la reconnaissance et dans la joie. C’est ce que le P. Sébastien et moi-même avons ressenti et que nous ressentons encore aujourd’hui. Puisse d’autres en faire l’expérience !

AMEN !

3° Dimanche de Carême B. Vendeurs chassés du Temple.15.03.2009.

Par Guy :: 14/03/2009 à 9:49 :: Homelies

HOMELIE 3ème Dimanche CARÊME. Année B

18h30 Auffargis – 15 Mars 2009 - Jn 2, 13-25

 

 

            Une colère de Jésus ! Une sainte colère ! (Qui justifierai nos colères ?) Quel sens lui donner ? Déception ? Dépit ? Irascibilité ? Tristesse immense ?

 

Elle est d’abord un geste prophétique comme le rappelle l’Evangile de Jean Lui-même.

 Jérémie 7, 11 « A vos yeux, est-ce un repaire de brigands, ce Temple qui porte mon nom? Moi, en tout cas, je vois clair, oracle de Yahvé! »

Zacharie 14, 21 : « … et il n'y aura plus de marchand dans la maison de Yahvé Sabaot, en ce jour-là. » Finale du livre du prophète Zacharie.

Psaume 69, 8 : « C'est pour toi que je souffre l'insulte, que la honte me couvre le visage, 9 que je suis un étranger pour mes frères, un inconnu pour les fils de ma mère; 10 car le zèle de ta maison me dévore,  l'insulte de tes insulteurs tombe sur moi. »

 

Jésus pose des gestes annoncés quelques siècles auparavant qui étaient consignés dans l’Ecriture. Cette réalisation des prophéties va permettre aux disciples de croire à un autre signe, que seule la foi peut reconnaître comme signe, car il n’est pas visible : c’est la résurrection de Jésus.

                   Jésus l’annonce de façon énigmatique : Jn 2, 19 : « Jésus leur répondit: "Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le relèverai ».v.21 “egerw” ” « Mais lui parlait du sanctuaire de son  corps. »

Il y a en effet un jeu de mot qui n’apparaît pas dans le texte en français, mais dans l’original grec : v.22 : « Aussi, quand il ressuscita d'entre les morts,… » Se dit mot à mot : « Aussi, quand il fut relevé d'entre les morts… » . “egerw””

                   Jésus non seulement accomplit les prophéties qui annonçaient le Messie, mais il donne de son vivant une prophétie qu’Il accomplit Lui-même. En cela, Il rend digne de foi l’Ecriture et Lui-même se révèle digne de foi.

                   Cependant, il ne s’agit pas ici d’une démonstration au terme de laquelle nous devrions adhérer sans hésitation : la réalisation des prophéties confirme le sérieux de l’Ecriture et la solidité des paroles dites. Mais elles ne constituent pas une preuve, car les prophéties sont toujours sujettes à interprétation pour laisser le champ à la liberté de chacun d’accueillir ou de refuser celui qui professe ces paroles. Il est intéressant de constater que, malgré toutes les prophéties qui annoncent le Messie, beaucoup de juifs n’ont pas cru. D’autres cependant croient que Jésus est bien le Messie : ce sont les juifs messianiques, et si vous allez sur leur site [ www.juifspourjesus.org ] , vous y trouverez rassemblés tous les textes de la Première Alliance qui, selon eux, l’annoncent : ils l’intitulent d’ailleurs “preuve”. En cela, ce n’est pas juste.

                   La résurrection de Jésus n’est pas une preuve. Elle n’est pas publique. La croix de Jésus  est publique, visible, historique et personne ne la nie. Sa résurrection, elle, n’est donnée qu’à des témoins, certes dignes de foi et dont la plupart donnera leur vie pour en témoigner, mais elle échappe au constat de l’histoire. Seuls les témoins sont bien historiques. Le nouveau sanctuaire dont parle Jésus est relevé dans l’invisibilité de Dieu. Nous pouvons et nous avons à annoncer un “messie crucifié”, qui dit au monde entier à quel point nos conduites par pensées, par paroles, par actions et par omissions sont meurtrières, folles et dérisoires. Mais pour ceux qui ouvrent leur cœur et leur intelligence à la foi à ce Dieu d’amour, ce relèvement de Jésus, sa résurrection, illumine notre condition humaine blessée par la mort pour nous faire entrer dans un monde renouvelé par son amour et le don de Lui-même.

                   Voilà qui justifie la sainte colère de Jésus contre tous les trafics qui bornent notre horizon aux affaires de ce monde et occultent l’espérance de la vie nouvelle. Inaugurée par Jésus, elle est fondée dès maintenant sur tout geste d’amour fait en pensée, en parole, en action et en omission (se retenir de blesser quelqu’un par une parole, par exemple!).

 

AMEN !

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