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HOMELIE 20ème Dimanche Ordinaire. Année A. 24 Août 2008
18h30 et 11h St Lubin- Mt 16,13-20.
Profession de foi de Pierre
« Heureux es-tu, Simon, fils de Jonas, ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux… ». Voilà une béatitude adressée à Pierre dans une forme expressive tout à fait sémitique. La “chair et le sang” désigne l’homme tout entier considéré dans sa faiblesse naturelle. Le livre de l’Ecclésiastique écrit : « Comme le feuillage sur un arbre touffu tantôt tombe et tantôt repousse, ainsi les générations de chair et de sang: les uns meurent et les autres naissent. » Si 14,18 Au moment de son agonie, Jésus dira à ses Apôtres sous forme de constat « L’esprit est prompt, mais la chair est faible » Mt 26, 41. Il leur demande alors de prier. Paul, à propos de la résurrection, écrira aux Corinthiens : « Je l'affirme, frères: la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, ni la corruption hériter de l'incorruptibilité. » 1 Cor 15, 50.
Cette condition humaine, fragile, versatile, pécheresse, n’empêche pas le Père de révéler à Pierre (Apocalypse : Apekaluyen, lever le voile) sa lumière et de le faire choisir par son Fils comme assise de son Eglise à venir. Pourtant, Jésus n’hésitera pas à le traiter de “satan” (terme hébreu qui signifie “ennemi, adversaire, accusateur) car Pierre, quelques moments après sa profession de foi et quand Jésus annonce pour la première fois sa Passion, sa mort et sa résurrection, devient un « obstacle (scandalum) aux pensées qui ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes » Mt 16, 23.
Nous percevons là, à travers la personne de Simon (qui signifie : “[Yah] a entendu”), fils de Jonas combien l’Eglise reste une réalité à la fois profondément humaine et totalement divine, non fondée par les hommes mais donnée par Dieu. Il s’engage envers elle et envers ses chefs, les papes que sont les successeurs de Pierre, à la protéger jusqu’à la fin des temps. L’histoire nous montre qu’elle ne sera pas épargnée par les troubles et les scandales de ses chefs mêmes. Elle traversera en effet de sombres périodes, manifestant la fidélité de Dieu à sa promesse, lui permettant de tenir bon. A ces moments-là précisément, Dieu n’a-t-Il pas suscité nombre de saintes et de saints qui ont permis à l’Eglise de continuer sa mission ?
Malgré sa faiblesse ou peut-être en raison d’elle, et aussi grâce à sa foi ardente et profonde, Pierre reçoit le pouvoir de “lier et délier”. Dans la Bible, ce pouvoir est confié à une autorité qui interdit ou permet, qui exclut ou accueille, qui interprète les Ecritures. Elle s’exerce d’habitude de façon collégiale : « Les grands prêtres et les scribes » disent souvent les évangélistes lorsqu’une décision importante est prise. Et en Matthieu 18, verset 18, Jésus donne ce pouvoir à tous les disciples, ainsi qu’au soir de Pâques, pour le pardon des péchés : Jn 20, 23.
Rendons grâce au Père de nous avoir fait cet immense cadeau qu’est l’Eglise. Fragile et indestructible, elle est la barque qui permettra à notre monde de passer sur l’autre rive, malgré les vents contraires, entendions-nous dimanche dernier. Même s’il nous vient à souffrir de la part de ses membres ou de ses institutions, ne l’abîmons pas par des jugements qui pourraient se retourner contre nous-mêmes, mais travaillons à la rendre plus sainte, plus à l’image de son Seigneur. Acceptons les critiques qui viennent de l’extérieur, parfois fondées mais souffrant souvent d’un manque d’informations objectives. Eclairons alors ceux qui les formulent en nous renseignant nous-mêmes. Il y a des sujets brûlants et récurrents comme les croisades, l’Inquisition ou l’affaire Galilée qui ont besoin d’être sérieusement documentées et resituées historiquement et non idéologiquement ; souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, du Da Vinci Code qui a fait long feu mais en a déstabilisé beaucoup.
Enfin, cherchons l’unité entre chrétiens autour de Jésus en étant fidèle à ses enseignements et en les mettant en pratique, dans la charité.
AMEN !
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HOMELIE 20ème Dimanche Ordinaire. Année A. 17 Août 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 15, 21-28.
La Cananéenne
Attitude surprenante, sinon choquante, que celle de Jésus dans ce passage d’Evangile ! Que signifie-t-elle ?
Jésus se rend vers la région de Tyr et Sidon, terre de Canaan, terre païenne s’il en est, où les dieux Baal et Moloch sont adorés. Il semble qu’Il n’y séjourne pas puisque la Cananéenne en vient et le rejoint pour le supplier en criant de guérir sa fille tourmentée par un démon : « Aie pitié de moi, Seigneur, Fils
Jésus l’ignore. Les disciples interviennent : « Donne-lui satisfaction » (mot à mot : « libère-la »). Réponse étonnante de Jésus, presque sectaire : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues d’Israël. »
La Cananéenne insiste : « Seigneur ! Viens à mon secours ! » Deuxième invocation, également reprise par notre liturgie. Alors Jésus s’adresse à elle de façon quasi méprisante : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » Loin de s’offusquer, elle le reconnaît mais, avec beaucoup d’aplomb, elle retourne à Jésus l’image qu’Il a prise en le forçant par sa logique très réaliste : « C’est vrai, Seigneur ! Mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leur maître »
Jésus lui déclare alors, avec une admiration sans limite : « Femme, ta foi est grande ! » (“mégalè” : megalh ; la semaine dernière, nous avions “oligo”, oligo, petite, pour la foi de Pierre lorsqu’il s’enfonçait dans la mer). Et Jésus l’exauce.
Que veut nous apprendre ce très beau récit fait de ce dialogue déconcertant de Jésus avec une païenne ?
Bien sûr, il nous exprime la grande foi en la personne du Seigneur, Fils de David. Elle n’est pas simplement suscitée par l’espoir de la guérison de sa fille par cet homme dont la réputation s’est répandue au-delà de
L’attitude déconcertante de Jésus reflète les tensions qui existaient au sein des premières communautés chrétiennes. Fallait-il, pour être chrétien, être de race juive ? Fallait-il observer la Loi de Moïse jusque dans ses plus petites prescriptions ? Ou bien, la foi totale au Christ et envers le peuple de Dieu, comme celle de cette Cananéenne ou du centurion romain, était-elle suffisante ?
Jésus veut montrer qu’il se situe bien dans la fidélité au dessein de son Père et en même temps, grâce à la grande foi de ces païens, Il annonce, en admirant leur foi, leur accès à la Nouvelle Alliance offerte à tous les peuples. L’Eglise naissante a été affrontée à ce dilemme. Elle a choisi, à la suite de son Maître et des réflexions théologiques de St Paul, non sans hésitations et luttes internes, d’accueillir les païens, « tous les hommes étant enfermés dans la désobéissance [opposition à Dieu] afin que Dieu fasse miséricorde à tous » Rm 11,32.
Que le Seigneur nous donne la grande foi de la Cananéenne qui puisse crier vers Lui lorsqu’il y a urgence pour nous ou pour autrui.
Qu’Il nous aide à entrer dans ses desseins, révélés au peuple de
Enfin, qu’Il nous rende accueillant à tous ceux qui frappent à la porte de nos communautés.
AMEN !
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HOMELIE ASSOMPTION 15
Août 2008
9h30 Ste Bernadette - 11h St Lubin- Lc
1, 39-56
A ma connaissance, il n’existe pas de créature
humaine qui soit aussi humble et aussi vénérée que
Marie la servante, disponible
au dessein de Dieu, qui veut devenir l’un d’entre nous, en tout point
semblable, hormis le péché. Elle cherche, comme pour l’aider, à connaître par
quel moyen va se réaliser ce projet : « Comment cela va-t-il se faire puisque
je ne connais pas d’homme » Lc 1, 34. Une fois éclairée par l’ange,
elle donne un oui total : « Voici la servante du Seigneur :
que tout se passe pour moi comme tu l’as dit ! » Lc 1,
38. Marie permet ainsi à Dieu de
réaliser ce Mystère de l’Incarnation, où son Fils demeure pleinement Dieu, tout
en devenant pleinement homme. St Paul écrira ainsi aux Galates : « Mais quand vint la plénitude du
temps, Dieu envoya son Fils, né de la
femme, né sujet de la Loi, afin de racheter les sujets de la Loi, afin de nous conférer l’adoption filiale » Ga 4, 4-5. En
cela, elle est déjà notre mère.
Marie louant son Seigneur : Le cantique du Magnificat est
entièrement centré sur Dieu et ce qu’Il réalise en elle.
Marie
ne s’évadant pas de notre condition humaine. Non seulement elle évolue dans
un monde violent qui a ses propres lois (massacre des saints innocents, passion
de son Fils), mais elle éprouve en elle questionnements, angoisses : Lorsqu’elle
retrouve Jésus au Temple après deux jours de recherche : « Mon
enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! Ton père et moi, nous
te cherchons, angoissés ! - « Pourquoi me cherchiez vous ? Ne
saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon
Père ? » » Lc 2, 48-49. Luc nous rapporte qu’ils ne
comprirent pas la réponse de Jésus. Cette incompréhension se poursuivra plus
tard au sein de sa famille, lorsque Jésus aura commencé sa prédication : « Sa mère et
ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler. Il y avait une
foule assise autour de lui et on lui dit: "Voilà que ta mère et tes frères
et tes soeurs sont là dehors qui te cherchent." Il leur répond: "Qui
est ma mère? Et mes frères ?" Et,
promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit: "Voici
ma mère et mes frères. Quiconque
fait la volonté de Dieu, celui-là m'est un frère et une soeur et une
mère." » Mc 3, 31-35
Marie, attentive aux besoins des hommes et sûre du pouvoir de son Fils. A Cana,
s’adressant à Jésus : « Il n’ont plus de vin » A la réponse étonnante
de Jésus : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore
arrivée ». Elle poursuit, assurée : « Tout ce qu’Il vous dira,
faites-le » Jn 2, 2-5.
Marie, compatissante. Quand l’heure
de son Fils est venue, elle est là, impuissante au pied
Marie présente à l’Eglise naissante.
Elle est assidue à la prière avec les Apôtres, de quelques femmes et des frères
de Jésus. Elle se trouvera avec eux, tous ensemble, à Pentecôte pour recevoir le don de l’Esprit Saint qu’elle avait
déjà accueillie en elle à l’Annonciation. Ac 1, 14 et 2,1.
Oui, Marie, humble servante « bénie
entre toutes les femmes… Toutes les générations te diront bienheureuse »
Voici
ma prière. Marie, Toi la Femme, n’es-tu
pas celle que nous présentait l’Apocalypse, mettant au monde un enfant mâle qui
doit mener toutes les nations… ? N’es-tu pas celle qui reçut les deux
ailes du grand aigle pour voler au désert ? N’es-tu pas celle que la
Tradition nous présente s’endormant au milieu des Apôtres pour être enlevée au
ciel comme quelques grands personnages de la Bible : Hénoch, le patriarche, enlevé, car « il suivait les voix de Dieu » Gn 5,23. Elie le prophète, qui monta au ciel
dans la tempête sur un char de feu : 2 Roi 2, 11 ; peut-être Moïse, qui mourut face à
Marie, tu es aussi notre mère ; tu es
présente à nos côtés et tu veux nous élever vers ton Fils, maintenant
et à l’heure de notre mort, AMEN !
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HOMELIE 19ème Dimanche Ordinaire. Année A. 10 Août 2008
11h St Lubin- Mt 14, 22-33
Jésus vient de multiplier les pains. Joie et fierté des disciples de suivre un tel Maître. Mais Celui-ci les contraint à monter dans la barque, seuls, sans Lui, et à Le précéder sur l’autre rive. Lui prend de la distance envers cette foule qu’Il a nourrie qui ne veut plus le quitter. Il gravit la montagne, à l’écart, pour prier, comme Elie dans le silence de la solitude, cœur à cœur avec Dieu.
Les disciples sont loin du rivage ; c’est la nuit ; le vent est contraire et la barque est “tourmentée” (dit le texte) par les vagues : que c’est dur, sans Lui, de passer sur l’autre rive !
Au petit matin (quatrième veille de la nuit), Jésus, bravant les vents contraires, vient vers eux « marchant sur les eaux ». C’est un défi pour la raison humaine. Une peur incontrôlable les envahit devant l’irréel : « C’est un fantôme ! ». Il faut bien nommer ce phénomène, pour conjurer la peur, même si la réalité est tout autre, et les disciples de se mettre à crier.
Jésus leur parle : « Confiance ! Moi, Je suis ! N’ayez pas peur ! ». Pierre entend ces Paroles, malgré le vent : elles résonnent en lui comme les Paroles de son Maître, mais est-ce bien Lui ?
Il lance alors un défi à Jésus : il sait très bien que personne, pas même un pêcheur, ne peut marcher sur les eaux. « Si c’est bien Toi, ordonne-moi de venir vers Toi sur l’eau ! » Quelle foi ! Qui d’autre que lui aurait osé ? Faut-il qu’il tienne à son Maître pour Lui faire une telle confiance !
« Viens !» répond Jésus
Pierre descend de la barque et marche sur les eaux vers Jésus. Mais voyant le vent fort, il a peur et commence à s’enfoncer. C’est alors un cri de foi : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendant la main le saisit et lui dit : « Homme de petite foi (oligopisté: oligopiste…pensez aux oligoéléments pour se soigner en douceur !) : pourquoi as-tu douté ? »
Montés dans la barque, le vent tombe et ceux qui étaient dans la barque se prosternent et font cette première profession de foi : « Vraiment, Tu es le Fils de Dieu ! »
Profession de foi envers Celui qui a calmé les vents contraires ? Qui a marché sur les eaux ? En effet, qui peut défier ces éléments sinon Dieu seul.
Profession de foi envers Celui qui, par ses Paroles, réconforte et sauve des eaux de la mort.
« Confiance ! » : Attention de Jésus pour ses disciples qu’Il a envoyés seuls dans la barque sur les flots tourmentés.
« Moi, Je suis ! » : Nom de Dieu Lui-même donné à Moïse au buisson ardent. (Ex 3,14)
« N’ayez pas peur ! » : Comme à chaque manifestation, l’intervention de Dieu fait naître une crainte révélant une distance que Dieu ou son messager est obligé d’apaiser.
Qu’en est-il de nous ? De la sensation d’être seuls pour passer sur l’autre rive, alors que Dieu semble bien absent dans notre barque ou celle de l’Eglise ! Lorsque les vents sont contraires et qu’il nous faut peiner dur à travers les divers aspects de nos vies, touchés par les évènements mondiaux, politiques, économiques, mais aussi familiaux de nos proches ou personnels : maladies physiques ou psychiques, affectives ou spirituelles. Souvenons-nous alors des paroles du Christ aux disciples : « Confiance ! Je suis là ! N’aie pas peur ! » Et lorsque s’intensifient les épreuves et que nous oscillons alors, comme Pierre, entre la foi et le doute, lançons comme lui ce cri de foi : « Seigneur ! Sauve-moi ! »
« Viens ! » nous dira-t-Il encore : tu n’en es qu’à la fin de
AMEN !
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HOMELIE 18ème Dimanche Ordinaire. Année A. 3 Août 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 14, 13-21
La multiplication des pains.
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi … gratuitement ?
Dans notre monde, tout s’achète, tout se vend,
Tout s’acquiert en payant.
Dans le Royaume, Il donne gratuitement, largement.
Les textes de ce dimanche l’illustrent de façon éclairante.
Isaïe 55, 1-3 l’annonçait :
« Vous tous qui avait soif, venez, voici de l’eau !
Venez sans argent, sans rien payer…
Mangez de bonnes choses…
Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Ecoutez et vous vivrez !
Je ferai avec vous une alliance éternelle… »
Ce qu’Isaïe avait annoncé, Jésus l’accomplit. Traversant la mer, Il se rend au désert, suivi à pied par une foule. Cela ne vous fait-il pas penser à un personnage de la Bible qui a traversé la Mer, suivi de son peuple pour le conduire au désert ?
Il y recevra une nourriture venant du ciel, une eau jaillissant du rocher ; il sera invité à faire alliance avec le Dieu qui l’a choisi par amour.
Jésus, nouveau Moïse, a été suivi par une foule qui a soif de l’écouter et de vivre;
Il en guérit les infirmes, faisant œuvre de re-création comme seul Dieu peut le faire.
Il nourrit cette foule de cinq mille hommes sans compter les femmes et les enfants, comme seul Dieu peut le faire.
Il le fait au cœur d’une prière qui est devenu celle de la consécration lors de nos Eucharisties.
Il le fait par l’intermédiaire de ministres, ses disciples, qui donne à manger à la foule.
Il le fait abondamment et Il demande que l’on ramasse les morceaux qui restaient, 12 corbeilles, sans doute pour annoncer l’Eglise à venir fondée sur les 12 Apôtres qui recevront la mission de donner le Corps du Seigneur.
Dieu donne sans compter mais Il attend de nous une chose : venir à Lui ; l’écouter ; croire en Lui, humblement, comme un enfant fait confiance à ses parents. Alors, Il peut faire Alliance avec nous et nous faire vivre, quelques soient les évènements heureux ou douloureux de notre vie. St Paul l’a magnifiquement exprimé dans la deuxième lecture de ce jour : « Qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? Rien ! » Son amour est offert gratuitement : il suffit de l’accueillir.
C’est ce que nous vivons dans chaque Eucharistie lorsque nous venons à Lui, que nous l’écoutons et le recevons en nous dans un cœur, une intelligence et une volonté confiantes en Lui.
Que l’Esprit-Saint nous aide à en avoir les dispositions.
AMEN !
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HOMELIE 12ème Dimanche Ordinaire. Année A. 22 Juin 2008
18h30 St Lubin- Mt 10, 26-33
« Ne craignez pas !...Vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.» Mt 10, 31
Par trois fois, Jésus dit aux disciples : « Ne craignez pas ! » Il les prévient que le suivre est exigeant et qu’ils rencontreront des obstacles auprès des hommes.
Il est vrai qu’en osant dire ma foi dans mon milieu de travail, mon école ou même parfois au cœur de ma famille, je m’expose à ceux qui y sont étrangers, indifférents ou même hostiles. Se croyant dans la “vraie vie”, celle des branchés, des forts, des gagnants sans états d’âme ni scrupules, ils me tourneront en dérision et s’éloigneront de moi comme gênant, à ne pas trop fréquenter, catalogué comme catho ou ringard. Plusieurs d’entre nous ont pu l’éprouver en mars dernier.
A l’occasion de l’affaire Chantal Sébire, souffrant d'une maladie incurable, qui avait fait une demande d'euthanasie, les médias ont alors exercé une forte pression en faveur d’une légalisation de l’euthanasie active ou du suicide assisté. Les soins palliatifs, présentés comme une alternative à l’euthanasie active avaient été considérés comme dérisoires dans le traitement de cette question et ceux qui, au nom de leur foi ou de leur conviction, ont voulu faire valoir les efforts exemplaires et efficaces déployés pour accompagner la mort d’un proche, avaient été tournés en ridicule. Où entend-t-on sur les ondes tout ce qui est fait par la mission parlementaire pour mettre en valeur l’application de
Ne craignez pas le jugement des hommes, nous dit Jésus mais placez-vous sous le regard du Père. Jésus nous demande d’écouter son enseignement “reçu dans le creux de l’oreille” pour que nous le comprenions en toute liberté, personnellement, et le méditions dans notre cœur afin de pouvoir le présenter en connaissance de cause au grand jour. Cela suppose évidemment de notre part écoute, formation, réflexion et mise en proposition pour toucher notre entourage.
Comment les enfants et les jeunes connaîtraient-ils l’enseignement de Jésus, si nous restions muets parce que, sans un minimum de connaissances et de réflexion, nous serions incapables de rendre compte de notre foi ? Quelle espérance leur proposer, si nous nous taisions sur les grandes questions qui se posent à notre humanité aujourd’hui et qui ne sont pas abordées dans l’esprit de l’Evangile, mais dans l’esprit du monde ? L’Eglise, à la suite du Christ, continue à éclairer les questions éthiques et sociales. Pourquoi ne pas profiter de ces temps de vacances, où du temps nous est donné, pour s’informer, approfondir nos connaissances et éclairer nos comportements et ceux de notre société ? Des livres, des émissions mais aussi des sessions d’été existent, dans des cadres et des conditions agréables, seul ou en groupe, en famille.
Ne craignez pas ! Votre père veille sur vous encore mieux que sur tous les moineaux du monde. Il est avec nous et à notre mort, Jésus Lui-même s’est engagé à être notre avocat auprès de Lui pour nous introduire pleinement dans la vie nouvelle et vraie qui ne périt pas.
AMEN !
HOMELIE 5° Dimanche après
(Lectionnaire du rite romain dans la forme liturgique extraordinaire. Mt 5, 20-24)
« Si votre justice ne surpasse point celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux »
Pourquoi la “justice” pharisienne ne peut-elle donner accès au Royaume des Cieux ? Mais, tout d’abord, qu’est-ce que la “justice” ?
Au sens étroit, la justice est rendre à chacun ce qui lui est dû. Au sens large et biblique, c’est être “ajusté” à la volonté de Dieu, à ses lois, ses pensées et le traduire par des actes, bref, c’est “être selon le cœur de Dieu”.
Jésus remet en question la justice des scribes et des pharisiens. Ils croient en effet que l’application scrupuleuse de la Loi et de ses préceptes conduit à être justes devant Dieu. Ils “s’auto justifient” : il n’en est pas ainsi pour Dieu. Souvenez-vous de la Parabole du pharisien et du publicain qui montent tous les deux au Temple pour prier. « Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j'acquiers. Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant: Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! Je vous le dis: ce dernier descendit chez lui justifié, l'autre non ». Luc 18, 11-14.
C’est Dieu qui rend juste et nous, nous tentons de nous “ajuster” tant bien que mal à Lui, créatures imparfaites et limitées que nous sommes, mais aimées et sauvées par Dieu Lui-même en Jésus et dans la force de son Esprit Saint.
Jésus ne s’oppose pas à la Loi de Moïse : Il l’accomplit. Seulement Il l’accomplit en
Mais ce que Jésus demande ici et dans tout l’Evangile est humainement hors de portée ou tellement héroïque ! Où est-il celui qui ne s’est jamais mis en colère ou qui n’a jamais insulté son semblable ? En nous faisant comprendre que toute forme de conflits, petits ou grands, est homicide en germe, Jésus traite le mal à
Face à la loi du Christ, reconnaissons que nous sommes tous pécheurs. Des pécheurs qui ne peuvent être justifiés que pas sa grâce. Alors demandons-la humblement, tous ensemble, remplis de respect fraternel et d’action de grâce envers le Seigneur.
AMEN !
HOMELIE 10ème Dimanche Ordinaire. Année A. 8 Juin 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 9, 9-13
« C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices.
Car je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs.» Mt 9, 13
« Mon Père, je viens me confesser, mais si vous saviez combien çà me coûte ! » -« Eh oui ! Vous n’êtes pas le seul : moi aussi, j’éprouve ce même sentiment ! » Mais d’où vient-il et pourquoi nous avons tant de mal à nous en libérer ?
Il est vrai que, si je jette un regard sur ma vie, ce n’est pas toujours brillant, malgré mes efforts et ma bonne volonté : je retombe toujours sur les mêmes erreurs, injustices, mensonges, égoïsmes, désirs impurs, bref mes péchés. Et les reconnaître, année après année, c’est bien décourageant ! C’est même très humiliant ! Est-ce bien ce que le Seigneur nous demande ? Que nous révèle Jésus dans ce bel évangile ?
Les pharisiens pensent qu’aller manger chez un pécheur notoire (exclu de la communauté comme l’étaient la plupart des publicains, collaborateurs de l’occupant romain), c’était “se contaminer”. Jésus montre que la contamination peut s’exercer dans l’autre sens : sa parole éclairante et son attitude de bonté pourraient bien être plus fortes que le mal et guérir les pauvres malades visités qui n’espèrent que cela. « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades » Matthieu 9, 12.
N’y a-t-il pas une véritable conversion à faire lorsque nous envisageons la “confession” ? Tout d’abord, en prenant de façon positive ce mot confession. En faisant cette démarche, je “confesse ma foi” dans la puissance du pardon que Jésus a remis à son Eglise. Au soir de Pâques, Jésus ressuscité retrouve ses Apôtres. « Il souffla sur eux et leur dit : recevez l’Esprit Saint : les péchés seront remis à qui vous les remettrez. Ils seront retenus à qui vous les retiendrez » Jean 20,22-23. Autrement dit, Il remet les pleins pouvoirs aux Apôtres et leurs successeurs. Je viens donc trouver un ministre du pardon de Dieu, lui-même pécheur sauvé par grâce, témoin de Jésus et de son amour bienveillant pour nous. N’est-Il pas venu appeler les pécheurs pour qu’ils le suivent, malgré leurs faiblesses et leurs péchés ? Voilà ce que nous confessons en recevant le sacrement de “pénitence et réconciliation” tel qu’on le désigne aujourd’hui.
« C’est la miséricorde que je désire et non les sacrifices… » Mais alors, mépriserait-il les sacrifices ? C’est mal comprendre le sens du mot “sacrifice”. Ce mot vient du latin : “sacrum facere”, faire du sacré. Le culte du Temple de Jérusalem offrait des centaines de bêtes que l’on égorgeait (même mot que sacrifice) pour apporter à Dieu quelque chose qui avait du prix et que l’on Lui retournait en sacrifice de louange, de communion ou d’expiation. Mais déjà à ceux qui voulaient aller à la rencontre de Dieu et envisageaient de nombreux sacrifices, le prophète Michée répondait : « On t'a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Yahvé réclame de toi: rien d'autre que d'accomplir la justice, d'aimer la miséricorde et de marcher humblement avec ton Dieu." (Michée 6, 6-8). En somme, une tâche bien accomplie, un travail bien fait, un service rendu, le refus de paroles blessantes, une vérité reconnue en toute justice, même si elle coûte…voilà ce qui est “faire du sacré”.
Jésus est venu le faire avec nous. Il se fait inviter à notre table pour nous guérir et mener à bien ce que nous faisons. Nous pouvons alors nous unir en offrande avec Lui à notre Messe Dominicale : à la fin de l’Offertoire, le prêtre ne nous invite-t-il pas ainsi : « Prions ensemble au moment d’offrir le sacrifice de toute l’Eglise » Et l’assemblée de répondre : « Pour la gloire de Dieu et le salut du monde”
Qu’il en soit ainsi pour nous tous, unis au Seigneur, tout particulièrement lorsque nous allons communier à son Corps.
AMEN !
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HOMELIE 9ème Dimanche Ordinaire. Année A. 2 Juin 2008
9h30 Ste Bernadette- Mt 7, 21-27
« Il ne suffit pas de me dire : “Seigneur, Seigneur !” pour entrer dans le Royaume des cieux …» Mt 7,21
Ce passage de l’Evangile de St Matthieu clôt ce qu’on désigne habituellement comme le “sermon de Jésus sur la montagne” (les chapitres 5, 6 et 7 de St Matthieu). Ce sermon commence par les “Béatitudes” : « Heureux les petits de souffle… ». Matthieu y présente l’essentiel de l’enseignement de Jésus. Jésus reprend en effet la Loi ancienne que Dieu donna à Moïse, non pas pour l’abolir mais pour l’accomplir, lui donnant tout son sens et sa profondeur.
Il ne suffit pas de connaître ces enseignements et d’invoquer le Nom du Seigneur, mais il faut les “mettre en pratique” : partager, pardonner, respecter l’autre, aimer ses ennemis, se tourner vers le Père dans le secret, Lui « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes ». (Matthieu 5,45). Tous ces enseignements sont résumés dans cette parole de Jésus :
« Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux: voilà la Loi et les Prophètes ». (Mt 7,12)
La vie chrétienne est concrète et réaliste. Aucune forme de pratique religieuse : culte, prière, louange, adoration, pèlerinage, élévation mystique ne peut prétendre être dispensée de “faire la volonté du Père qui est dans les cieux”.
Au terme de notre vie, le Seigneur nous reconnaîtra à ce critère : “Oui ou non, as-tu fait la volonté de mon Père ? Oui ou non as-tu fait attention à tes frères ?”. Il est remarquable que le même Evangile de St Matthieu se termine, avant les grands récits de la Passion et de la Résurrection de Jésus, par : « Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; j'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli; ou nu, et t'avons-nous vêtu? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi? Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites ». (Matthieu 25, 35-40
Qu’est-ce que “bâtir sa maison sur le roc” sinon que bâtir sur le roc qui, dans la Bible, est Dieu ? « Yahvé est mon roc et ma forteresse, mon libérateur, c'est mon Dieu. Je m'abrite en lui, mon rocher » (Psaume 18, 3) Qu’est-ce donc, sinon configurer notre vie à celle du Christ ? Et pour cela, il faut écouter les paroles, de Jésus, tout particulièrement celles du sermon sur la montagne, et demander au Seigneur de les faire pénétrer dans notre cœur, notre intelligence, notre mémoire, nos pensées et notre volonté pour qu’elles s’expriment par nos mains !
Nous venons à la Table de la Parole de Vie et à la Table du Pain de Vie pour nous nourrir à chaque “Jour du Seigneur”, chaque Dimanche, et bâtir ainsi notre maison qui devient Sa maison puisqu’Il demeure en nous lorsque nous gardons sa Parole et la mettons en pratique.
AMEN !
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HOMELIE Dimanche de la FETE du CORPS et du SANG du CHRIST
9h30 Ste Bernadette
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle… » Ces paroles, si elles sont prises au premier degré, sont choquantes et incompréhensibles. L’expression “boire le sang” viole l’un des tabous alimentaires les plus forts de la Loi juive : interdiction absolue de s’approprier le sang d’un animal et à plus forte raison d’un homme. Le sang, c’est la vie (Lévitique 7,11) et la vie appartient à Dieu. On comprend que cela en ait rebuté plus d’un.
Alors comment comprendre ces paroles et que croyons-nous lorsque nous allons recevoir le Corps du Christ ?
Quelques précisions de vocabulaire pourront les éclairer et en faire saisir la profondeur et le don incroyable que nous fait le Seigneur.
L’Evangile de Jean n’emploie pas le mot corps “soma” [swma] comme le font les trois autres Evangiles ainsi que Paul, mais le mot chair “sarx”, [sarx]. Dans la Bible le mot chair désigne non pas la matière faite de cellules, mais la personne qui est déterminée par son corps. « Toute chair verra le salut de Dieu » « De nouvelle lune en nouvelle lune, et de sabbat en sabbat, toute chair viendra se prosterner devant ma face, dit Yahvé. » (Is 66, 23) et « Et si ces jours-là n’étaient abrégés, personne (mot à mot : toute chair) n’aurait la vie sauve ». (Mt 24,22) La chair qualifie la condition terrestre et fragile, par opposition à l’esprit qui indique l’origine céleste ou divine : « Le Verbe s’est fait chair… » exprime l’abaissement du Fils du Père qui prend, sans tricher, notre condition d’homme avec ses limites. Enfin, la chair, sous l’influence de l’hellénisme, désigne parfois la pesanteur de l’homme et sa propension au mal, au péché : « Car la chair convoite contre l'esprit et l'esprit contre la chair; il y a entre eux antagonisme, si bien que vous ne faites pas ce que vous voudriez » (Ga 5, 17)
Quant au mot corps, il n’est pas sans signification non plus. Il n’est pas seulement la matérialité d’un être. C’est lui qui nous donne notre identité. Il y avait, jusqu’à il y a quelque temps, l’empreinte digitale ; il y a maintenant l’œil et évidemment l’ADN ! Je suis mon corps ! Quant au sang, il exprime évidemment la vie puisque sans lui, nous sommes morts. Quand Jésus dit aux Apôtres : « Ceci est mon Corps » Il dit : « Ce pain, c’est moi, et non un autre ! Quand Il dit : « Ceci est mon sang » Il dit : « Ce vin, c’est moi vivant ! ». Par ce langage symbolique, Jésus invite les siens à Le recevoir, Lui, Dieu, et à recevoir la vie qu’Il communique de sorte que nous pourrons, avec Lui , “livrer” notre vie, ce qui n’est pas le plus facile à faire.
Les paroles de Jésus portent encore un autre symbolisme très fort. Il est le Pain vivant : Il n’est plus ce pain que Dieu a donné chaque jour à son peuple, la manne, tout au long de son Exode pour le soutenir dans sa marche et le nourrir jusque
Rendons grâce de tout notre être, corps, cœur, esprit, âme à Celui qui nous aime jusqu’à se donner entièrement à nous et en nous et qui nous invite à faire Corps avec Lui et à « former un seul corps puisque nous avons part à un seul pain » (1 Corinthiens 10,17) !
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HOMELIE Dimanche de la TRINITE 18 Mai 2008
9h. St Lubin
« Nous fêtons la Trinité tous les jours, écrit notre évêque : tous les jours nous rendons gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit » La Trinité fait partie des trois grands Mystères chrétiens avec l’Incarnation et
Dans la tradition chrétienne, c’est une réalité qui n’est pas